14/02/2011 00:27:12
Terrorisme: Les poseurs de bombe de Bamenda aux arręts
Interpellés par les forces policières, ils seraient passés aux aveux complets.
Le Messager
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Ngwa Kingsley, 32 ans et Suh Elvis, 35 ans, présumés poseurs de bombes dont la détonation avait conduit à la calcination de deux cybercafés à Bamenda en  octobre 2010 dernier, sont dans les mailles des forces de l'ordre. Ils ont été interpellés par la police à Bamenda le 5 février dernier. Et c'est à Madagascar par Foncha Street que les éléments du commissaire divisionnaire Mejabe John Enongene, chef de la division régionale de la police judiciaire pour le Nord-Ouest, sont allés, à la suite des renseignements, dénicher ces présumés " terroristes ". On se souvient qu'à quelques semaines de la célébration du cinquantenaire des forces de défense, la ville de Bamenda a vécue dans la psychose suite à des actes " terroristes " perpétrés sur les édifices de certains hommes d'affaires de la capitale du Nord-Ouest (Voir Messager n° 3212  du 26 octobre 2010).

En effet, deux cybercafés avaient été ravagés par des bombes en l'espace d'une semaine. Le premier, Allied Engeneer Cybercafé de Fon Street avait été réduit en cendre dans la nuit de jeudi 14 à vendredi 15 octobre. Le feu qui s'était déclaré autour de 1 heure du matin, s'était propagé sur tout le bâtiment, ravageant  au passage la maison d'édition des livres Anucam, un commerce de pièces détachées électroniques ( Mbamba Union), une librairie, une quincaillerie, une boutique de farine de Soja. Dans la nuit de samedi 16 à dimanche 17 octobre, le second cybercafé (Bambuy Engeneer cybercafé) au lieu dit Foncha Junction, subissait le même sort. La curiosité, c'est que le propriétaire de Bambuy Engeneer cybercafé, un certain Omer Sendze, avait reçu à cette époque-là, dans la journée de samedi, un message anonyme, lui demandant une somme de 100 mille francs cfa. Lequel message était assorti de menaces de représailles s'il refusait de s'exécuter. Estimant que l'expéditeur s'était trompé de cible, il n'avait pas accordé d'importance à ces menaces. Malheureusement pour lui, son cybercafé sera incendié dans la nuit de samedi 16 à dimanche 17 octobre.

Dreamland Connect  de Mile 2 Nkwen, troisième cybercafé ciblé par ces terroristes, échappera de justesse grâce à la prompte réaction de son gérant, un certain Michael Sabum. "  J'ai reçu dimanche matin 17 octobre autour de 11h 30mn, un message me demandant d'envoyer 100 mille francs de crédit de communication dans son téléphone. Le message précisait que si je n'envoyais pas, on va incendier mon cybercafé comme ils ont brûlé l'autre dans la nuit ", se rappelle-t-il. Alors qu'il était encore à son domicile en train de s'apprêter à rejoindre son lieu de service lundi matin 18 octobre, son téléphone crépite. "  Ils m'ont encore envoyé le même message et du même numéro. Ils m'accordaient cette fois jusqu'à minuit pour m'exécuter. Trente minutes après, ils m'ont envoyé le même Sms ". Quelques minutes plus tard, c'est sa secrétaire qui l'appelait et lui demandant de rejoindre le plus vite possible le cybercafé. Elle avait découvert en nettoyant les ordinateurs, un explosif de fabrication locale. Cette bombe était connectée sur un compteur semblable à un réveil. Lequel compteur, son aiguille, à l'image de celle d'une montre, trottait sans relâche. Lorsque le gérant arrive sur les lieux, désarçonné et pris de panique, il se rend immédiatement à la police judiciaire et alerte un des officiers en poste. "Le commissaire et moi sommes descendus sur les lieux. On avait planqué dans mon cyber, une bombe qui pouvait éclater à tout moment ", avait alors confié Michael Sabum au reporter du Messager.  Le policier avait réussi à désamorcer la bombe.

Une enquête avait été ouverte. Laquelle enquête a abouti le 5 février 2011 dernier avec l'interpellation de deux suspects. Il s'agit de Ngwa Kingsley, 32 ans et Suh Elvis, 35 ans, polytechnicien. Ces deux jeunes hommes, à en croire des sources introduites auprès du dossier, seraient passés aux aveux. Ils auraient même déclaré que leur " prochaine cible était Dreamland Connect ". Bien plus, ils ont justifié leur acte par le fait qu'ils sont " en chômage et que c'était notre seul moyen pour survivre ". Même en réduisant en ruines les biens de plusieurs familles ?   Toujours est-il que, renseignent nos sources, la perquisition à leur domicile, a permis de saisir un sac d'explosifs de fabrication artisanale, objets  utilisés pour terroriser leurs cibles. Les forces policières ont également récupéré deux puces de téléphone portable dont une avec un numéro étranger.

Une vingtaine d'opérateurs économiques étaient la cible de ces malfaiteurs, parmi lesquels une pharmacienne, qui avait reçu des menaces de mort de ces " terroristes " si elle ne leur donnait pas cinq millions de francs. Jusqu'à jeudi dernier, ils étaient encore dans les cellules de la Pj , en attendant d'être déferrés au parquet.

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