14/02/2011 00:34:48
L‚chage: MÍme le président ignore les otages camerounais
Contrairement à la crise postélectorale en Côte d’Ivoire par exemple, la prise en otage le dimanche 6 février du sous-préfet d’Akwa et de 12 autres personnalités est loin de passionner les Camerounais...
Le Messager
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Contrairement à la crise postélectorale en Côte d'Ivoire par exemple, la prise en otage le dimanche 6 février du sous-préfet d'Akwa et de 12 autres personnalités est loin de passionner les Camerounais. Cinq jours se sont écoulés depuis que des rebelles ont une nouvelle fois attaqué dans la presqu'île de Bakassi, emmenant avec eux le sous-préfet de Kombo'Abedimo et 12 autres personnalités. Pourtant à Yaoundé, la vie suit son cours normal.

Nous sommes au marché central de la capitale politique ce 10 février 2011.L'atmosphère est celle des jours ordinaires. Les longues files d'attente de voitures auxquelles se mêlent les klaxons, occasionnent un vacarme assourdissant. Sous le soleil qui brille au zénith ce jeudi après-midi, un groupe de gens discutent, rassemblés dans un hangar. Au nombre de 5, ils parlent de la prestation des Lions Indomptables de la veille. Nous nous introduisons dans la conversation en demandant si nos interlocuteurs sont au courant du nouveau rapt à Bakassi. Notre question suscite un tollé général. Les réponses fusent de partout : " Tu veux que ça nous fasse quoi ? " ; " Comment tu viens nous embêter avec cette histoire alors qu'on parle des choses sérieuses ? ". Devant notre insistance, l'une d'eux s'énerve et nous demande de partir. " Va parler de ça ailleurs ", nous lance-t-il. Comme eux, de nombreux Yaoundéens rencontrés ce jour, s'intéressent peu à l'attaque de Bakassi. " S'il y'a eu comme vous dites une nouvelle attaque, ce n'est pas surprenant, puisque nos militaires sont faibles ", argue Jean-Claude.
 
Défaillance de communication

Pour ce chauffeur de taxi, les Camerounais ont des problèmes plus urgents parmi lesquels la recherche de la pitance quotidienne. A côté de cela, il y'a un manque, sinon une défaillance de communication de la part des acteurs chargés d'informer les masses ; les médias au premier rang. C'est seulement hier qu'Achille a appris que ses compatriotes avaient été enlevés dans la région pétrolifère. Etudiant à l'université de Yaoundé II, le jeune homme habite la ville de Soa et ne vient à Yaoundé qu'une fois par semaine. Le poste national de la Crtv est le seul moyen par lequel il peut s'informer de l'évolution de l'actualité, les stations radiophoniques privées, n'émettant pas de ce côté-là. Achille explique que " ce n'est que hier et ce matin que la Crtv à parlé de cette information".

Il faut dire qu'aucune entreprise de presse n'est allée sur le terrain depuis le kidnapping. Les journalistes se contentent de relayer les informations que leur servent généralement les médias étrangers. Pas de dispositions particulières. Mais Michel Essana, rédacteur en chef de la radio urbaine Sky one, tient à préciser que ce n'est pas synonyme de désintérêt. " Nous n'avons pas les moyens de nous rendre à Balassi ", se justifie-t-il. Selon lui, la faute est au gouvernement qui ne fait pas assez pour susciter un intérêt des populations. Pour une attaque qui a eu lieu entre le 6 et le 7 février, c'est seulement ce mercredi 09 février que le porte-parole du gouvernement s'est exprimé sur le sujet. Et dans son adresse à la jeunesse, ce jeudi soir, le chef de l'Etat a superbement ignoré la question.

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