14/02/2011 00:46:57
Yaoundé: Paul Biya " imposé " aux jeunes
En cette année électorale, l'effigie du chef de l'Etat camerounais a précédé la quasi-totalité des carrés des défilants. Même les élèves du primaire n'y ont pas échappé.
Le Messager
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11 février 2011. Au Boulevard du 20 mai à Yaoundé. Les " jeunes " ont pris d'assaut cette avenue du centre-ville. Des défilants aux curieux, en passant par les vendeurs de victuailles, la canicule n'épargne personne. C'est dur, mais on est là. Il faut respecter la tradition. Les encadreurs, las de crier sur les élèves pour les ramener à l'ordre, abandonnent. Ils discutaillent par petits groupes en surveillant du coin de l'œil leurs ouailles. Lesquelles en attendant leur passage devant les autorités au rang desquels plusieurs membres du gouvernement, piaffent d'impatience. La fatigue se lit sur des visages. Ici, on essaie de s'acheter quelques glaces pour se rafraîchir, là on a enlevé ses chaussures pour permettre aux orteils de respirer un peu. Car le bitume brûle. Pour d'autres, c'est la première sortie du genre. Ces derniers se renseignent auprès des camarades plus anciens. Cette année, le thème choisi est : " Jeunesse et consolidation des acquis de la Réunification du Cameroun ".

Comme il est de tradition également, les défilants (81 par carré) portent des pancartes sur lesquels des messages sont inscrits. " Nouons le dialogue intergénérationnel ; brisons les barrières et les préjugés ; merci pour la relance du service civique national de participation au développement ; magnifions le demi-siècle de présence sur la scène internationale ", peut-on lire sur quelques-unes desdites pancartes portées par des jeunes scolaires précédant le carré de défilants. Il en est ainsi des élèves du lycée de Tsinga, dans l'arrondissement de Yaoundé 2 comme d'autres établissements aussi bien du primaire que du secondaire ou de l'enseignement supérieur, ou encore de qui est appelé ici " éducation extra-scolaire ". Approché pour en savoir un peu plus sur la signification des messages que portent ces élèves, un encadreur des élèves du lycée de Tsinga avoue que ces derniers leur ont été " imposés " par la commission chargée de l'animation du défilé. Il en est de même de l'effigie du chef de l'Etat, Paul Biya, brandie par les jeunes scolaires et son nom scandé dans les chansons de marche. L'image est omniprésente. Ce fait suscite des interrogations en cette année électorale. Même si celui-ci n'a pas encore, en dépit des " appels du peuple ", officiellement annoncé sa candidature.

C'est au niveau du rond point de la poste centrale que la commission chargée de l'animation du défilé a pris ses quartiers. Ses membres se chargent en effet de distribuer et de récupérer le " matériel " remis aux établissements avant leur passage. Aucun d'entre eux, en l'absence du chef d'équipe qui commente le défilé du côté de la tribune ne peut fournir une explication au reporter.

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