14/02/2011 05:04:33
Bientôt une cours pénale panafricaine pour les crimes de la France en Afrique
La France ne nous a jamais octroyé nos indépendances conquises. Devons-nous par rapport à ce constat lui adresser des messages de félicitations, d'éloge?
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L'actuel contentieux électoral en Côte d'Ivoire est révélateur du caractère asservissant, assujettissant des relations que notre continent entretien avec le pays de Sarkozy Nicolas. Une lecture lucide de la crise postélectorale en CI permet de dire,  que l'acharnement de Nicolas Sarkozy et de la France à déstabiliser cet état illustre parfaitement l'élan hégémonique et impérialiste de leur politique étrangère vis-à-vis des pays africains. Nicolas Sarkozy depuis sa tournée en terre indienne en décembre 2010 lance un ultimatum à Laurent Gbagbo, Président légitimement élu du peuple ivoirien.  Il ose lui donner l'injonction de quitter le pouvoir dans les 72 heures qui suivent. Et depuis lors, le président des Français n'a cessé de gesticuler à propos de ce sujet devant toute camera qu'il rencontre sur son passage.

Le manque de retenue et de courtoisie diplomatique de Sarkozy à l'égard du président d'un état souverain et de ses institutions fondamentales  est une réaction idiote et ridicule. Certainement Sarkozy Nicolas ignore qu'un chien qui aboie, n'a jamais empêché une caravane de passer. Et cette caravane, dirigée par Laurent Gbagbo a sonne la fin de la récréation franceafricaine et doit ainsi conduire les peuples d'Afrique francophone vers une indépendance véritable et vers la dignité. L'activisme débordant et pitoyable du chef de l'état des français, qui avec hystérie mobilise le soutien d'une soi-disant communauté internationale pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir ne devrait plus en principe distraire les Africains.

Sarkozy, président autoproclamé de la  communauté internationale, nouvelle institution créée en 2010 par lui-même, devrait déjà accepter l'évidence de l'existence d'une Afrique nouvelle, sévèrement hostile à toute ambition néocolonialiste de la France. Sarkozy peut se rassurer d'un fait: les Africains ne perdent plus une seule seconde de leur temps, pour prendre en considération les manœuvres obscurantistes ou les leçons de la France en matière de démocratie et droit de l'homme, de transparence ou de morale et justice. Tout comme le jacassement d'un coq sur une toiture, l'agitation de Sarkozy doit simplement être ignorée, car la France a toujours excellé dans les pratiques aveuglantes d'injustice, du diktat notoire, de non transparence,  de corruption et de haine à l'égard de notre continent. 

Alors l'entêtement et l'immixtion de la France dans les affaires internes africaines sont inacceptables et insupportables. En clair, ces dérives dégoûtantes seront dans l'avenir dénoncées et combattues avec fermeté consistante. Sarkozy Nicolas et la France doivent une fois pour toute retenir qu'ils emmerdent, qu'ils agacent, qu'ils exaspèrent à outrance les jeunes générations d'Africains très tolérantes, encore. Ceux-ci ne permettront plus  jamais à la France de faire et défaire les dirigeants africains, de les assassiner ou les pousser à l'exil, dès lors qu'ils revendiquent un brin de dignité pour leur peuple. Les filles et fils d'Afrique ne permettront plus jamais à la France d'imposer des sous-préfets, des valets, des pions et agents secrets de la France à la tête de leurs états. Les Africains ne permettront plus à la France d'orchestrer à répétition des guerres et génocides sur leur continent, afin de mieux piller les ressources naturelles. Le génocide Rwandais, lequel la France a participé à la planification et à l'exécution est encore frais dans les mémoires africaines.

Politique africaine de la France repose sur la Lâcheté

Ble Goudé, vaillant ministre ivoirien des jeunes soupçonne la France de préparer à nouveau un génocide en CI. Cette accusation n'a rien de surprenant. La France s'est toujours illustrée en Afrique par sa lâcheté et par ce type d'opérations macabres. Elle n'a jamais eu ni scrupule, ni honte de créer des marécages de sang humains, d'enjamber les cadavres noirs pour imposer à notre continent ses intérêts.  Mais aujourd'hui la France et son chef, Sarkozy se trompent d'époque. Dans l'actuelle crise ivoirienne ils sont loin de détenir le monopole d'opinion et encore moins celui de la vérité. L'appréciation que la France veut imposer au monde, ne peut être considérée comme parole d'évangile. Chacun peut aujourd'hui, grâce à internet découper les informations et se faire une propre idée de ce qui se passe réellement depuis 10 années en CI. Il faut juste avoir du bon sens et la volonté de mieux se rapprocher de la vérité. En effet ma lecture me permet de soutenir, sans crainte de me tromper que Laurent Gbagbo est le président légitime élu du peuple ivoirien et chef suprême de cette nation. Alors Sarkozy Nicolas et sa communauté internationale doivent, soit se plier à cette décision, soit se casser ou encore mieux, aller se plaindre en Birmanie, en Biélorussie ou en Corée du Nord.

Sarkozy Nicolas et la communauté internationale n'ont d'ailleurs aucun droit de vote en Côte d'ivoire et n'ont par conséquent aucune compétence à contester la voix et le choix légitimes d'un peuple debout, mûr et déterminé. Qu'ils souffrent donc de constater que, les Ivoiriens ont opté pour un candidat,  qui répond mieux à leur propre aspiration, notamment celle d'accéder à une souveraineté totale non négociable.

Je retiens également de mes analyses que Laurent Gbagbo est une personnalité politique africaine fervente de paix et du dialogue. Il a privilégié la paix et affiché la bonne volonté de sortir définitivement son peuple d'une crise qui, entrave depuis 10 ans le développement de la CI et de la sous-région. Il a accepté la tenue des élections dans un pays, où les rebelles contrôlent une grande partie du territoire. Pour ne pas ruiner son pays, il a refusé l'option de se doter d'un armement massif nécessaire, pouvant définitivement mater cette rébellion, qui porte atteinte à l'intégrité du territoire ivoirien. Laurent Gbagbo est un légaliste, un homme patient qui a pendant 30 années lutté contre la dictature du monopartisme sous Houphouët Boigny. Et surtout, il a choisi la voie du dialogue, et de la non-violence pour conquérir le pouvoir et permettre à son peuple d'accéder à la liberté d'opinion et à la démocratie. Laurent Gbagbo mérite le suffrage de la majorité des Ivoiriens, car il incarne à maints égards une figure humble et un modèle pour les jeunes leaders politiques d'Afrique: Laurent Gbagbo sait réconcilier et pardonner. Dans le souci de préserver la paix en CI, il  a  tendu la main à un certain chef rebelle, le nommé Soro et lui a surtout accordé le prestigieux poste de premier ministre. C'est aussi Laurent Gbagbo qui a permis à Alassane Ouattara de postuler à la magistrature suprême de ce pays. Il faut se souvenir que c'est Ouattara, premier ministre qui l'avait à l'époque jeté en prison pour avoir milité afin que son peuple aspire à la démocratie. Pendant les campagnes électorales Laurent Gbagbo a innové dans le fair-play en acceptant un duel télévisé avec son challenger, reconverti après sa défaite en manager de Golf hôtel. Enfin je retiens  que la France n'est intéressée ni à une sortie de crise, ni à la paix en CI, compte tenu de  l'impressionnant dispositif des caisses –communauté internationale, ONU, afp, rfi, france24 - de résonnance, mis en branle par elle, pour entretenir les manœuvres d'intimidation et d'intoxication, de manipulation de l'opinion internationale et dont l'aboutissement serait une guerre civile.

La crise ivoirienne est une pure banalité, amplifiée pour détourner du vrai enjeu de l'heure en CI, notamment la démilitarisation du nord de son territoire. Lorsque les rebelles, parrainés par Ouattara terrorisent la CI et lui impose une  partition, nul n'a observé un quelconque émoi des Français et de la communauté internationale. Et pour un banal contentieux électoral Sarkozy Nicolas hurle partout et préconise la guerre, au lieu de favoriser la négociation entre les deux adversaires politiques. Par ailleurs on peut mieux  comprendre pourquoi, le président des Français harcèle son homologue nigérian avec 11 appels téléphoniques en une seule journée. En plus il s'invite bruyamment au sommet des chefs d'états africains à Addis-Abeba.  Une fois de plus Sarkozy a raté l'occasion de se taire. Les chefs d'états africains lui ont cependant servi une douche froide: il n'y aura pas de guerre en CI, L'Afrique n'ira plus jamais aux multiples guerres fomentées par la France. Sarkozy aurait mieux fait de débarquer à Addis-Abeba non seulement avec 80 mais plutôt avec 400 personnes. Cela n'aurait rien changé à la donne. Cependant la forte délégation de Paris aurait certainement profité aux hôtels de la capitale éthiopienne en termes de réservation. Il y pensera prochainement.

A suivre...

Djeumo,
journaliste,  panafricaniste
Ecrire à l'auteur:  djeumoba@yahoo.de

Djeumo

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