15/02/2011 00:43:17
78 ans de Paul Biya: Les dessous de la marche des jeunes du Mfoundi
La jeunesse du département qui héberge la capitale camerounaise a été amenée à jouer  son rôle de " gardien du temple " du système Biya. Mais jusqu'à quand ?
Le Messager
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Mardi 8 février 2011. Il est presque 18h à l'aéroport International de Yaoundé Nsimalen. Quelques minutes avant, l'avion ayant à son bord le couple présidentiel de retour d'un court séjour privé en Europe s'est immobilisé. Le chef de l'Etat et son épouse sont au salon d'honneur. Paul Biya accorde des audiences respectivement au Premier ministre Yang Philémon, au ministre d'Etat secrétaire général de la présidence de la République , Laurent Esso, au directeur général à la recherche extérieure, Léopold Maxime Eko Eko, et au délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguelé. Des sources proches de l'entourage présidentiel affirment que le chef de l'Etat appris des nouvelles sur la sécurité du pays. Notamment par rapport à l'affaire des tracts qui appellent au soulèvement contre son régime et aussi comment les camerounais réagissent face à ce qui s'est passé en Tunisie et ce qui est advenu en Egypte. Les mêmes sources indiquent que Paul Biya semblait assez préoccupé par ces évènements survenus au Maghreb.

Une fois de retour au Palais de l'Unité, il n'y aurait séjourné que le temps de finaliser avec ses proches collaborateurs l'esprit et les termes de son message adressé à la jeunesse, qui devait être diffusé au soir du 10 févier. Après quoi, le chef de l'Etat à pris la route pour le village à Mvomeka'a, le samedi, où il devait, comme d'habitude, fêter son anniversaire avec les siens.

 En tout cas cette préoccupation du président de la République redoutant un soulèvement du peuple camerounais, semblable à ce qui s'est passé en Tunisie et en Egypte, n'a pas échappé à certains hiérarques du sérail. Surtout en ce moment où l'on parle des préparatifs du congrès du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, et peut être aussi d'un probable remaniement ministériel. Les caciques du régime s'épient donc, et chacun a quelque peu peur des humeurs du prince. D'où cette fébrilité que l'on ressent aussi bien dans les services de sécurité que dans l'appareil politique dominant.

Le Mfoundi donne le ton

 Dans le Mfoundi, certains inconditionnels du pouvoir, ont cultivé la vigilance depuis les émeutes de la faim de février 2008. On se souvient qu'il avait été reproché entre autres aux élites politiques du Mfoundi, de n'avoir pas été prévenant par rapport à ces émeutes et plus encore, de n'avoir rien fait pour les éviter.  Dimanche 13 février 2011, alors que la ville de Yaoundé s'est réveillée dans son ambiance normale de début de fin de week-end, les populations sont surprises par un regroupement de jeunes gens au niveau du Palais polyvalent des sports au quartier Briqueterie. Ils sont près de deux mille, âgés de 17 à 30 ans.  Avec des pancartes aux slogans favorables au chef de l'Etat, ils disent vouloir aller souhaiter bon anniversaire à Paul Biya qui a eu ce jour-là 78 ans. Félix Owona, l'un des jeunes approché par Le Messager raconte : " Il s'est agi d'un mouvement spontané. Nous avons pensé qu'il était nécessaire que les jeunes de la capitale puissent se mobiliser pour aller à la rencontre du chef de l'Etat pour  lui marquer leur soutien. Le Cameroun n'est pas la Tunisie , ni l'Egypte. Pour l'instant les jeunes du Mfoundi, qui est le département gardien du temple du Renouveau, veut dire au président Paul Biya un joyeux anniversaire et le rassurer, qu'il peut compter sur nous ". On parlera dans les rangs de ces jeunes de l'ombre d'un certain patriarche éwondo qui aurait été à la base de cette initiative. Même si le nom de ce " patriarche éwondo " n'a pas été dévoilé, l'on sait néanmoins que cette marche était programmée pour partir de la Briqueterie au palais de l'Unité où ces jeunes ont été reçus par Laurent Esso, sur très hautes instructions de son patron qui était encore à M'vomeka'a. Les jeunes marcheurs ont dont ainsi été reçus par le Sg de la présidence de la République plutôt au palais de congrès. 

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