16/02/2011 04:52:16
Une cour pénale panafricaine pour les crimes de la France en Afrique(Partie 3)
Francafrique : pilier du pillage de l'Afrique 
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Francafrique : pilier du pillage de l'Afrique 
Outre l'agaçante ingérence de la France en Côte d'Ivoire, c'est aussi le film documentaire " Franceafrique, 50 ans sous le sceau du secret" qui, à travers témoignages, pièces à conviction et aveux terrifiants, fait rejaillir les traumatismes psychiques et les profondes douleurs issues d'interminables drames de la France en Afrique. "Franceafrique", 50 ans sous le sceau du secret" dépeint les méandres de la lugubre politique hexagonale africaine. En effet, à la veille des indépendances des états africains, de Gaulle instruit la mise en œuvre de la franceafrique, système  devant  permettre de garder coûte que coûte le contrôle des états africains et surtout la mainmise sur leurs matières premières. Le documentaire de Patrick Benquet nous permet de décrypter la sombre galaxie francafricaine et laisse transparaitre le vrai visage, la face funeste et honteuse de la France, défenderesse patentée des libertés dans le monde. L'ampleur et la durée des forfaitures de la France dans notre continent sont inégalables dans l'histoire de l'humanité. Tenter d' énumérer ces basses besognes relèverait d'un exercice quasi impossible: génocides au Cameroun, au Biafra nigérian et au Rwanda avec des millions de morts, de nombreux coups d'états et d'opérations de mercenaires, assassinats politiques commandités par la France, vastes réseaux de trafics d'influences, de corruption, de harcèlement et de racket des dirigeants africains pour financer les partis politiques et les sectes en France, la tentaculaire affaire elf ou celle des diamants de Bokassa et surtout les contrats secrets imposés à l'Afrique. Toutes ces horreurs commises au nom de la " raison d'état " ne peuvent éternellement rester secrètes  et impunis.

Par ailleurs, il est particulièrement important d'évoquer l'attitude monstrueuse des protagonistes de Franceafrique. Ceux-ci relatent avec impertinence et sans gène aucune, parfois le sourire aux lèvres les atrocités qu'ils ont commises pendant plus d'un demi siècle sur notre continent. Dans aucune minute du film, ils expriment un sentiment de regret, de remords ou de culpabilité. Au contraire c'est plutôt une insolente arrogance et un sentiment d'impunité qu'ils affichent. Et pourtant le film de Partick Benquet se déroule non pas au 19ème mais plutôt au 21ème siècle. On peut donc mieux comprendre, que l'attitude de ces bourreaux reflète tout simplement le regard condescendant et haineux que la France et la Franceafrique ont dans passé porté et continuent à porter sur les enfants d'Afrique.

Le Franc-CFA : colonne vertébrale de la Franceafrique.
Faire le portrait de la Franceafrique sans évoquer le Franc-CFA, c'est un peu comme si on présentait les caractéristiques fondamentales d'un carnassier sans toutefois faire allusion à sa puissante denture. Le Franc-CFA représente le principal levier du pillage des économies africaines. Si nos états sont logiquement indépendants  depuis 50 ans, cela n'implique pas qu'ils sont pour autant libres. Car les états indépendants et libres sont ceux qui exercent une souveraineté impartageable sur leur politique  intérieur et extérieur, leur armée,  leurs culture et tradition et surtout sur leurs économie et finances. Or notre instrument de mesure, le Franc-CFA reste la propriété du colonisateur, de la France. Elle le gère et le dévalue à sa guise.

Des milliards de l'argent des peuples africains au trésor français.
Lorsque les ivoiriens  par exemple  travaillent durement et exportent leur cacao pour une valeur de 2 milliards d'Euro par an, la France retient automatiquement 1 Milliard d'Euro comme contrepartie d'une soit disant garantie de convertibilité et de la parité du Franc-CFA. En clair, la CI reçoit seulement la moitié de ses recettes de cacao. Cette pratique est appliquée à 13 autres états africains. C'est  ainsi que près de 8000 milliards de francs CFA sont actuellement retenus sur les exportations des états africains et stockés sur des comptes d'opérations au trésor français. La France ampute ainsi une volumineuse somme de plus de 12 milliards d'euros du budget des états de l'Afrique francophone. Pourtant ceux-ci en ont besoin pour construire hôpitaux, écoles, infrastructures de communication ou pour le soutien à l'agriculture.

Nous créons des emplois aux rémunérations juteuses au trésor français
Avec les réserves des Africains- plus de 8000 milliards- stockés au trésor français, la France effectue des placements privés qui, dégagent de gros profits estimés à des centaines de millions d'euro. En contrepartie du dépôt des réserves africaines au trésor français, la France doit en principe verser aux trois banques centrales- BEAC, BCEAO, banque centrales des Comores- des intérêts aux taux de 1.5%.  Mais elle ne tient pas à ses engagements et ne verse rien aux banques africaines. Pire, dans le cadre de l'aide publique au développement la France octroie aux africains leur propre argent sous forme de prêt. Ceux-ci doivent encore le lui rembourser avec un taux d'intérêts de 7% ou 8%. Un scandale, un crime économique sans pareil.

En somme la France oblige les africains à déposer la moitié de leurs recettes d'exportations au trésor de France, confisque les intérêts promis aux africains, lesquels intérêts leur sont reversés sous forme d'aide publique au développement. Or ce qu'ils appellent aide n'est rien d'autre qu'un prêt d'argent remboursable avec intérêt. C'est par ces méthodes subtiles de gangstérisme moderne, qu'elle dépouille les états africains de leurs recettes d'exportation et anéanti leur capacité de développement économique et social. Pendant que nos parents crèvent du travail dur dans les plantations de café, cacao ou dans les mines de bauxite, la France retient sans honte, sans scrupule la moitié des recettes de ces produits déjà exportés à vil prix. Combien de temps encore l'Afrique doit-elle financer le train de vie des français particulièrement arrogants?  

Pour gérer 8000 milliards de notre argent au trésor de France il faut des employés hautement qualifiés en finances, statistiques ou informatique. Combien sont-ils au total au département Franc-CFA du trésor français ? Chacun peut s'imaginer ce que nous coûte par an ce personnel que nous payons depuis bientôt 50 ans. Ces emplois de rêves doivent être délocalisés en Afrique dans un proche avenir. L'Afrique doit définitivement et sans conditions s'affranchir de la France.

A suivre . . .

Djeumo,
journaliste,  panafricaniste
Ecrire à l’auteur:  djeumoba@yahoo.de

Djeumo

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