16/02/2011 15:15:42
Communiqué: Le Snjc condamne les agressions subies par des journalistes au Chantier Naval
Le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) a suivi avec stupeur les agressions dont ont été l’objet plusieurs journalistes couvrant à Douala la crise socio-managériale marquée depuis le 10 février 2011 par un arrêt de travail au Chantier National et Industriel du Cameroun (CNIC), une société parapublique camerounaise.
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Le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) a suivi avec stupeur les agressions dont ont été l’objet plusieurs journalistes couvrant à Douala la crise socio-managériale marquée depuis le 10 février 2011 par un arrêt de travail au Chantier National et Industriel du Cameroun (CNIC), une société parapublique camerounaise.

Rendus au siège de cette société camerouno-coréenne dans la matinée du 15 février 2011, pour vérifier les informations sur l’évolution de la crise marquée la veille 14 février d'une part par l’interpellation à Douala par la gendarmerie de trois cadres réputés proches du DGA, Antoine Bikoro Alo’o, dont des pancartes exigent depuis le début de la crise le départ; d'autre part par la signature à Yaoundé de la Convention d'entreprise,  les journalistes Joseph Olinga, reporter au quotidien « Le Messager » ; Théodore Tchopa du quotidien « Le Jour » ; Blaise Djouokep du quotidien « Mutations » et une équipe de reporters de la télé privée « Canal 2 International », ont été, sans aucune sommation ni discernement, pris à partie physiquement par des grévistes.
Cette agression est survenue lorsque le reporter du Messager, Joseph Olinga, qui avait pourtant fait preuve, dans l’édition de son journal la veille, de la plus grande rigueur professionnelle  dans son traitement des raisons immédiates de cette nouvelle crise, a indiqué son identité, alors qu’en compagnie de son collègue du quotidien « Le Jour », il venait de s’entretenir tour à tour avec deux délégués du personnel et un responsable de la direction financière, M. Atouga, l’un des cadres interpellés la veille. Souhaitant recouper auprès d’un cadre gréviste, désigné comme celui ayant fait appel à la gendarmerie, les informations jusque-là collectées,  Joseph Olinga et Théodore Tchopa ont naturellement présenté leurs cartes professionnelles aux grévistes ; les quelles cartes comportent leurs identités respectives. C’est à ce moment que les journalistes se sont entendus dire : « c’est eux qui écrivent n’importe quoi pour défendre leur frère béti Bikoro ». Puis ils ont été immédiatement rudoyés.
Le sac de Joseph Olinga a ainsi été confisqué par ses agresseurs. Son contenu, qui comportait son matériel de travail, a été dispersé par ces derniers, au motif fallacieux et inacceptable qu’il serait de la même aire ethnique que certains dirigeants de l’entreprise soupçonnés par des manifestants de manipuler l’opinion, à travers la presse, pour diaboliser le personnel gréviste. Les deux reporters n’ont eu la vie sauve qu’en se réfugiant au poste de gendarmerie du Port Sud situé non loin du siège du CNIC, où se poursuivait la grève entamée depuis 4 jours.
 
Le SNJC qui a toujours encouragé ses membres en particulier, et les journalistes camerounais en général, à faire preuve de la plus grande rigueur professionnelle,  en sollicitant lors de la couverture des événements publics des sources identifiables, et, en cas d’impossibilité, de faire preuve de la plus grande prudence dans la relation des conflits sociaux, condamne fermement les actes d’agression et de violence perpétrés contre ces journalistes, dont le seul tort est de s’être rendu sur le terrain pour faire leur travail.
Le SNJC exprime son total soutien aux journalistes couvrant sur le terrain cette crise dure, et, en particulier le reporter du Messager, Joseph Olinga.
Le SNJC appelle les responsables syndicaux du CNIC à dénoncer publiquement ces pratiques de leurs collègues qui trahissent une méconnaissance dommageable du rôle de chaque acteur en période de conflit social.
Le SNJC invite, le cas échéant, les acteurs de cette crise à utiliser leurs privilèges légaux, notamment le droit à la rectification de toute information publiée qu’ils estimeraient éventuellement ne pas correspondre à leurs activités ou actes.
Le SNJC demande aux dirigeants du CNIC de prendre les mesures nécessaires pour assurer aux journalistes une couverture intégrale et impartiale de cette crise en toute sécurité.

Le SNJC invite enfin les autorités judiciaires que les confrères agressés ont saisi à travers la brigade de gendarmerie du Port Sud à diligenter une enquête rapide et sérieuse afin de ne pas laisser impunie cette entrave inadmissible à la liberté des journalistes à collecter les informations dans le cadre de leur magistère professionnel.
 
Fait à Douala, le 15 février 2011
 
Pour le Bureau Exécutif national,
 
(é) Alex Gustave Azebaze
Premier Secrétaire a.i.
Membre du Comité Exécutif de la FIJ

 

Le SNJC en raccourci
Le Snjc est une organisation syndicale indépendante chargée de la défense des droits et intérêts des journalistes et employés des médias.
Basé au Cameroun, il est membre fondateur de la Fédération africaine des Journalistes (FAJ) qui regroupe 50.000 journalistes à travers le continent ; membre fondateur de l’Union des Syndicats des Professionnels de la Communication de l’Afrique Centrale (USYPAC). Le Snjc est membre à part entière de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) qui compte quelques 600.000 membres dans 125 pays du monde.
Le SNJC est partenaire de la Confédération des Syndicats Autonomes du Cameroun (CSAC).

Alex Gustave Azebaze

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