17/02/2011 00:59:43
New-Bell : le régisseur māte une grève collective de la faim
Des pensionnaires de la prison centrale de Douala ont été sanctionnés pour avoir favorablement répondu à la grève de la faim organisée par l'un des leurs.
Le Messager
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Huit bagnards de la maison d'arrêt de New-Bell ont quitté le "confort douillet" de leurs quartiers habituels pour la cellule disciplinaire. C'est sur décision du régisseur de ce pénitencier, M. Dieudonné  Engonga Mintsang que ces derniers y ont été admis pour "indiscipline et trouble". D'autres ont été mutés d'une cellule à une autre. Ces infortunés payent ainsi le prix d'avoir adhéré à la grève de la faim observée depuis mardi 15 février 2011 par Bertrand Teyou, l'auteur du livre "La Belle de la République  : Chantal Biya, de la rue au palais".

Cette mesure disciplinaire a été prise par Dieudonné Engonga Mintsang, le régisseur de cette prison, après le vaste mouvement de répression organisé dans les quartiers de la prison pour dissuader les bagnards qui ont manifesté le désir d'emboîter le pas à l'auteur polémiste dans sa grève de la faim. "Des officiels et chefs de cellule qu'on soupçonne de partager les mêmes idées que Bertrand Teyou ont eu des " sanctions symboliques ". Ils sont partis d'une cellule à une autre avec la menace de perdre leurs avantages. "Certains d'entre nous ont été fouettés ". Confesse un prisonnier. Pourquoi une telle agitation pour une grêve de la faim ? "C'est pour étouffer certaines velléités dans l'œuf. Au départ, il était seul mais il a immédiatement été suivi. Ce qui laisse planer un air de révolte. Mieux vaut étouffer le mouvement dans l'œuf de peur qu'il ne prenne des proportions plus grandes", justifie un gardien de prison.

Approché hier mercredi lors de la traditionnelle visite aux prisonniers (mercredi et samedi), le "gréviste de la faim" affiche sa détermination. "Tant que la justice ne va pas se pencher sur mon cas, je ne vais rien manger. Et que nous sert-on ici en prison ? De la bouillie préparée dans des conditions douteuses. Je n'exclus pas le sacrifice suprême. Je préfère mourir de suite de grève de la faim, que de cautionner l'injustice. Que l'article 560 du code de procédure pénale qui stipule qu'un condamné peut être mis en liberté et payer sa peine pécuniaire, pénale soit appliqué et j'arrête la grève. Je sais qu'à partir de demain, je vais commencer à perdre des forces, mais je ne faillirai point ", déclare Bertrand Teyou. Ce dernier a été reconnu coupable de "manifestation illégale et diffamation de nom", par le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo, et condamné à une peine pécuniaire de deux ans, à défaut de payer la somme de deux millions trente un mille (2.031.000) Fcfa pour retrouver sa liberté.

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