06/07/2009 14:53:50
Chine: Emeute réprimée dans le sang
Des affrontements entre des Ouïghours et des Hans, l'ethnie majoritaire dans le pays, ont tourné à l'émeute dimanche, dans la province de Xinjiang, dans le nord-ouest du pays.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Reuters et BBC
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En Chine, des affrontements entre des Ouïghours et des Hans, l'ethnie majoritaire dans le pays, ont tourné à l'émeute dimanche, dans la province de Xinjiang, dans le nord-ouest du pays. Selon l'agence China News, quelque 140 personnes ont perdu la vie dans la ville d'Urumqi. L'agence Xinhua rapporte pour sa part que 816 personnes ont été blessées ou hospitalisées.

L'émeute a éclaté en fin de journée dans un marché d'Urumqi, une ville de plus de 2 millions d'habitants située à environ 3000 kilomètres à l'ouest de la capitale chinoise, Pékin. Selon des témoins, des Hans auraient été pris à partie par des Ouïghours, à coups de couteau notamment, avant que la police antiémeute chinoise n'intervienne.

Les forces de l'ordre ont procédé à de multiples arrestations et se sont assurées de protéger des sites considérés comme stratégiques. L'émeute a également causé d'importants dommages. Les vitres de commerces et de voitures ont été fracassées. Des autobus et des voitures de police ont aussi été attaqués. Selon Reuters, les autorités ont également resserré leur contrôle d'Internet dans la foulée de l'émeute.

On ne sait pas avec certitude si les morts sont essentiellement Ouïghours ou Hans, ni dans quelles circonstances ils ont perdu la vie. Selon le correspondant de Radio-Canada en Chine, Éric Meyer, les victimes seraient mortes dans un très court laps de temps, avant que les policiers n'interviennent. On ne sait pas non plus si certaines des victimes sont mortes aux mains de la police.

Carte du Xinjiang

L'explosion de violence serait survenue lors d'une manifestation organisée pour protester contre la mort de deux Ouïghours dans une usine de Canton, dans le sud de la Chine, au terme d'une dispute avec des Hans.

Selon la BBC, 118 personnes auraient aussi été blessées dans ces affrontements, déclenchés par des accusations selon lesquelles des Ouïghours avaient violé de jeunes filles de l'ethnie han. La police chinoise a reconnu qu'il s'agissait là d'accusations mensongères.

Pékin soutient que le soulèvement a été orchestré par le Congrès mondial ouïghour; les représentants ouïghours à l'étranger affirment plutôt que les membres de leur communauté ont été victimes d'une répression sanglante de la part du régime. « Ils nous accusent afin de détourner l'attention des Ouïghours de la discrimination et de l'oppression qui ont provoqué cette manifestation », a déclaré à Reuters Dilxat Raxit, un porte-parole du Congrès ouïghour mondial exilé en Suède.

Pékin soutient que le soulèvement a été orchestré par le Congrès mondial ouïghour; les représentants ouïghours à l'étranger affirment plutôt que les membres de leur communauté ont été victimes d'une répression sanglante de la part du régime. « Ils nous accusent afin de détourner l'attention des Ouïghours de la discrimination et de l'oppression qui ont provoqué cette manifestation », a déclaré à Reuters Dilxat Raxit, un porte-parole du Congrès ouïghour mondial exilé en Suède.

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Les Ouïghours se plaignent régulièrement d'être traités comme des citoyens de second ordre en Chine. Cette situation n'est pas sans rappeler celle des Tibétains, qui entretiennent les mêmes griefs à l'endroit des Hans. Les deux groupes ethniques minoritaires de l'Empire du Milieu disent être victimes d'une politique d'assimilation de la part du gouvernement chinois.

L'appel au dialogue de Ban Ki-moon

Depuis Genève, le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, a réagi à l'émeute d'Urumqi. « Tous les différends, qu'ils soient à l'intérieur [d'un pays] ou au niveau international, doivent se résoudre pacifiquement par le dialogue », a déclaré M. Ban.

« Les gouvernements concernés doivent aussi agir avec la plus extrême prudence, prendre les mesures nécessaires pour protéger la vie et la sécurité de la population, des citoyens et de leurs biens, et pour protéger la liberté d'expression, de réunion, la liberté d'information. [...] Ce sont là les principes de base de la démocratie et c'est ce à quoi j'exhorte à nouveau tous les pays du monde », a affirmé le secrétaire général de l'ONU.

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