21/02/2011 02:58:47
Une cour pénale panafricaine pour les crimes de la France en Afrique(Partie 4)
Dans les banques centrales en Afrique, les Français sont présents dans toutes les plus grandes instances décisionnelles. Combien y sont-ils au total?
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Des espions de la France dans les conseils d'administrations des banques centrales africaines.

Dans les banques centrales en Afrique, les Français sont présents dans toutes les plus grandes instances décisionnelles. Combien y sont-ils au total? Que gagne par exemple un directeur français à la BEAC ou à la BCEAO? Faisons l'addition de leurs salaires depuis 50 années. Qui peut justifier pourquoi, ils sont présents dans nos banques et surtout pourquoi nous leur payons des salaires envieux.

Si la banque centrale d'un pays ou d'une zone économique est l'un des symboles de souveraineté, c'est inconcevable qu'on retrouve des Français au sein des conseils d'administration de la BCEAO (Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest), de la BEAC (Banque des Etats d'Afrique centrale) et de la Banque des Comores. Ils y bénéficient  même d'un droit de véto. Peut-on s'imaginer même dans un cauchemar des Japonais, membres du conseil d'administration de la banque centrale de l'Europe à Frankfurt en Allemagne? Est-ce possible de trouver des indiens ou chinois, quelque soit leurs compétences au conseil d'administration de la banque centrale russe ou brésilienne? Le contraire de tous ces cas de figure est aussi vrai.

La présence donc des Français dans les banques centrales africaines devrait être considérée comme acte d'oppression et atteinte grave à la sureté et à souveraineté des états africains. En somme la France impose sans quiétude aucune ses espions aux postes stratégiques des banques centrales des pays africains et ceci depuis des décennies.  C'est scandaleux et inadmissible. Pire encore les ministres des finances des 14 pays avec le Franc-CFA en commun doivent se rendre une fois par an à Paris, pour prendre part à une séance de travail avec le ministre français des finances. En claire 14 ministres doivent tous être à Paris le même jour pour mieux noter les objectifs que la France leur fixe. Retenons qu'un ministre se déplace avec son personnel de sécurité et au moins un collaborateur. Ceci signifie trois billets d'avion, hébergement et restauration pour trois personnes et le tout multiplié par 14. Cette mascarade à laquelle, la France contraint les Africains a lieu chaque année dure des décennies déjà. Qui peut donner un seul motif pour lequel, 14 ministres africains doivent chaque année aller rendre compte à un ministre français? Comment est-ce possible? Pourquoi devons-nous continuer avec fermer les yeux devant de tels actes ? 

L'Afrique d'aujourd'hui doit refuser le rôle de méprisable nécessiteuse

Au regard de toutes les considérations évoquées un peu plus haut, j'ose dire que la France constitue une véritable chape de plomb pour le développement de notre continent. C'est peut-être aussi important de rappeler une fois de plus la répugnance éprouvée par la jeunesse africaine envers le pays de Sarkozy Nicolas. La France et l'Afrique n'ont pas un destin commun, la France et l'Afrique d'aujourd'hui n'ont pas un agenda commun. La France impérialiste et l'Afrique d'aujourd'hui ne partagent aucune ambition commune. L'Afrique d'aujourd'hui a ses propres priorités et aspirations, notamment accéder à une véritable indépendance non négociable. C'est donc dans une Afrique  souveraine et indépendante que l'éclosion et l*expression des valeurs démocratiques sont possibles. L'Afrique d'aujourd'hui doit refuser le rôle de méprisable nécessiteuse et de miséreuse, que la France lui a fait endosser depuis des siècles. Pour y parvenir l'Afrique doit tout simplement apprendre à dire un non catégorique à la France et à tout ce qui peut contrarier le moindre de ses intérêts. Seule une véritable souveraineté peut garantir une telle attitude. Seule la souveraineté intégrale de nos états peut garantir un mieux être aux peuples de notre continent. C'est bien dans une Afrique souveraine que ses filles et fils auront un contrôle total sur la mise en exploitation locale de leurs innombrables ressources naturelles. C'est un scandale injustifiable qu'au  21ème siècle, les enfants d'Afrique ne puissent pas vivre dans la dignité, l'aisance morale, intellectuelle et matérielle.

La pratique de justice à deux vitesses

La Frustration des populations africaines a aujourd'hui atteint son paroxysme et a par conséquent anéantit toute latitude à une profonde réflexion sur les causes réelles du drame de l'Afrique. Les dictateurs africains sont automatiquement indexés comme les seuls responsables du sous-développement et de la misère africaine. Raison pour laquelle, ils doivent partir ou être tous chassés du pouvoir. C'est l'avis officiel de la France, avis malheureusement repris par beaucoup d'Africains.

Certes  l'irresponsabilité, le manque de vision économique, la gestion désastreuse, les détournements des fonds publics sont les causes endogènes imputables à l'élite dirigeante africaine. Mais en réalité les racines du mal de notre continent c'est la France. C'est bien la France qui a dupé les peuples africains en confisquant leur réelle souveraineté. C'est pour cela, que nous sommes aujourd'hui obligés de mener encore un combat pour arracher notre seconde indépendance. Ceci signifie que nos parents ont versé leur sang pour rien. Reconnaissons que c'est bien la France qui a éliminé tous les leaders charismatiques africains pendant la colonisation et après les indépendances. Reconnaissons que c'est la France qui a élaboré le système, la Franceafrique pour garder la mainmise sur nos états afin de mieux les piller. Reconnaissons que c'est la France qui a  imposé aux états africains des dirigeants, dépourvus de sens et de facultés de réflexion.

Reconnaissons que c'est la France  qui a entretenu avec ceux-ci, des relations basées sur le diktat, le mépris, la terreur, le chantage, la torture, la violence, le meurtre. Ces élèves très idiots, ont tout de même bien assimilé leurs leçons et les méthodes inhumaines de l'usage du pouvoir. Le triste constat est que ces présidents nullards ont à leur tour, appliqué les mêmes méthodes à leurs propres populations. Si ces présidents doivent rendent compte à leur chef en France, pourquoi les peuples d'Afrique hésitent-ils à demander directement les comptes à la France? C'est bien la France qui pendant des décennies a imposé aux dirigeants africains des conseillers et experts économiques, financiers médiocres et coûteux, dont le but n'était pas de proposer aux Africains des concepts économiques viables, mais plutôt leur maintien dans la dépendance.

La basilique de Yamoussoukro est un bel exemple de la perception française du développement de notre continent: des projets aux coûts pharaoniques, agrémentés d'emplois à rémunération juteuse pour ingénieurs, architectes et maitres d'œuvres français. A cela s'ajoute l'utilisation des matériaux de construction importés de la France. L'implantation d'usine de transformation des fèves de cacao aurait mieux servi l'Afrique.

Djeumo,
journaliste,  panafricaniste
Ecrire à l’auteur:  djeumoba@yahoo.de

Djeumo

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