22/02/2011 05:41:19
Kadhafi : "Je suis Tripoli, pas au Venezuela"
Mardi, au huitième jour de la révolte, il semble bien que le colonel Kadhafi ait décidé de livrer une bataille sans merci pour s'accrocher au pouvoir. Les bombardements de civils par les avions et les hélicoptères se déroulent à huis clos dans la capitale libyenne qui serait quadrillée par des troupes composées en partie de mercenaires.
rue89
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Mardi, au huitième jour de la révolte, il semble bien que le colonel Kadhafi ait décidé de livrer une bataille sans merci pour s'accrocher au pouvoir. Les bombardements de civils par les avions et les hélicoptères se déroulent à huis clos dans la capitale libyenne qui serait quadrillée par des troupes composées en partie de mercenaires. Plusieurs villes sont tombées aux mains des révoltés. Dans l'ouest l'armée affronterait des troupes restées loyales à Kadhafi.

01h30. Les médias arabes avaient annoncé dans le soirée de lundi que le colonel Kadhafi allait faire une déclaration. Il a fait une brève apparition à la télévision d'Etat pour démentir en moins d'une minute les rumeurs sur sa fuite :   « Je suis à Tripoli, pas au Venezuela. »

Dans l'après-midi, le ministre anglais des Affaires étrangères disait avoir des informations selon lesquelles le dictateur « était en route pour le Venezuela ».

Assis sur le siège passager d'une vieille voiture blanche, Mohamed Kadhafi tenait lui-même un parapluie :
« Je suis satisfait car je voulais parler cette nuit devant les jeunes du Square Green (lieu de la contestation à Tripoli, ndlr) mais la pluie est arrivée.   Je veux leur dire bien clairement que je suis là, à Tripoli, pas au Venezuela. Il ne faut pas croire les télévisions étrangères. Ce sont des chiens. Au revoir. »

Un peu plus tôt, le Général chargé de la Défense a déclaré que ses forces allaient « nettoyer » la Libye de ses éléments anti-gouvernementaux, « des gangs terroristes, composés de jeunes exploités et chargés en pilules hallucinogènes par des personnes qui obéissent à des calendriers étrangers. ».

Principaux visés, les Tunisiens, nombreux à travailler en Libye. La télévision d'Etat a diffusé la « confession » de l'un d'eux reconnaissant avoir distribué de la drogue.

Minuit. Al-Arabiya rapporte qu'en Guinée et au Nigeria, on recrute par petites annonces des mercenaires pour un salaire de 2000 euros par jour, alors qu'en Libye un groupe d'officiers a demandé aux troupes de rejoindre le mouvement de protestation.

23h30. Geoff Porter spécialiste de l'Afrique du Nord, collaborateur de Wikistrat, conseil en risque politique , interrogé par Reuters :
« Je pense que ce qui va se passer ici sera bien plus chaotique que ce que nous avons vu en Tunisie ou en Egypte. Kadhafi et ses fils n'ont nulle part où aller. Ils ne vont pas aller à Djeda ni dans une cité balnéaire de la mer rouge. Ils vont se battre.  Il y a énormément d'armes dans le pays, et Kadhafi a armé les tribus qui le soutenaient auparavant. Ce qui peut se passer est quelque chose qui ressemblerait à la guerre civile libanaise, une période assez longue de violences. »

19h41. Souhayr Belhassen, président de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, redoute une augmentation exponentielle des victimes :
« Le bilan risque de s'alourdir. Les attaques aériennes vont faire beaucoup de victimes, d'autant plus que les Libyens vont devoir faire face à une pénurie de médicaments. »
Selon l'activiste, six ou sept villes importantes sont aujourd'hui contrôlées par les manifestants anti-régime. La violence s'est accentuée, mais la résistance aussi.
Les mercenaires engagés par le pouvoir pour matter les protestataires inquiètent particulièrement Souhayr Belhassen :
« Il s'agit d'Africains sub-sahariens, originaires du Zimbabwé, ou encore d'anciens hommes de main de Charles Taylor. Par définition, ils sont payés pour protéger le régime et sont sans état d'âme. »

La présidente craint que les migrants africains, qui sont environ 1,5 million en Libye, fassent l'objet de représailles. Le terme de guerre civile n'est cependant pas correct pour qualifier la révolte libyenne :
« La Libye a une organisation tribale, mais on assiste davantage à une répression extrêmement sévère du régime envers la population. C'est une oppression classique mais très dure. »

19h10. Selon CBS et Al Jazeera, deux capitaines libyens ont atterri à Malte où ils demandent l'asile politique : ils ont refusé de bombarder la population.

18h45. Un reporter du quotidien libyen Quryna rapporte qu'à Btajurae (40km à l'Est de Tripoli) des mercenaires tirent sur les civils. Al-Jazeera cite plusieurs témoins qui racontent que ces troupes de mercenaires quadrillent la capitale dans des véhicules armés.

18h15. Toutes les communications téléphoniques ont été coupées en Libye. Les connexions Internet également. Seuls Facebook et Skype sont accessibles par moment.

17h45. Le ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, William Hague affirme détenir des informations qui « suggèrent » que Kadhafi serait en route pour le Venezuela de Hugo Chavez.

17h30. Selon Al-Jazeera, des avions militaires bombarderaient les manifestants à Tripoli, confirmant des informations diffusées par The Guardian.
Sur Twitter, Arwa Mahmoud relaie les SOS des habitants de Tripoli :
« AIR STRIKES ! ! AIR STRIKES ON LIBYAN CITIZENS ! ! #Libya #feb17 #Gaddaficrimes #Gaddafi »

17h10. Deux avions libyens ont atterri à Malte ce lundi après-midi, selon Reuters.
Le ministre des Affaires étrangère maltais a déclaré « essayer de comprendre » pourquoi ces avions auraient opté pour l'aéroport international de Malte.

16h25. Un groupe de leaders musulmans libyens a lancé une fatwa, selon laquelle il est le devoir de tout musulman de se rebeller contre le régime libyen et de demander la libération des prisonniers politiques.

Selon les Ulémas libres de Libye, qui regroupe cinquante spécialistes de l'islam, « le régime a démontré une totale infidélité envers les préceptes de Dieu et de son prophète bienaimé. »

17 heures. D'après la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), une partie de l'armée s'est ralliée aux manifestants. Plusieurs villes seraient aux mains des anti-Kadhafi. Souhayr Belhassen, président de l'organisation, a déclaré à l'AFP : « Beaucoup de villes sont tombées, notamment sur l'est de la côte méditerranéenne. »  Syrte, ville natale du colonel Kadhafi, serait à présent contrôlée par les protestataires.

16 heures. La London School of Economy (LSE) vient d'annoncer qu'elle suspendait un programme en partie financé par une œuvre de bienfaisance dirigée par Seïf el-Islam.  Selon Associated Press, l'école a accepté en 2009 un don de 2,4 millions d'euros de Gadhafi International Charity and Development Foundation. Le président de cette association n'est autre que le fils du président libyen.

Dans un communiqué, la LSE, qui reconnaît avoir entretenu de nombreux liens avec la Libye ces dernières années, fait son mea culpa : « En raison des événements affligeants survenus en Libye durant le week-end du 19 et 20 février, l'école est dans l'obligation de reconsidérer ces relations de toute urgence. »

14h30. Selon le site (en arabe) du quotidien libyen Quryna, le port pétrolier de Ras Lanouf, à 600 km à l'est de Tripoli, serait lui aussi secoué par des protestations. La Libye est le deuxième producteur de pétrole en Afrique, avec 1,7 million de barils par jour.

14h20. La résidence de Kadhafi à Tripoli est entourée de manifestants en colère. Un feu s'est déclaré, plusieurs dizaines de personnes seraient blessées.

14h10. Selon Salem Gnam, porte-parole du Front national pour la sauvegarde de la Libye (FNSL), et interrogé par The Guardian, la répression envers les protestataires a été renforcée ce matin, à Tripoli comme à Benghazi :
« Ils ont été bombardés à l'aide d'hélicoptère de combat et d'avions [...]. Ils criaient 's'il vous plaît, s'il vous plaît, aidez-nous' car beaucoup de personnes sont mortes dans ces bombardements. La situation est terrible. »

14h05. Les journalistes de Benghazi, deuxième ville du pays où près 300 personnes seraient mortes, ont effectué une marche pour demander aux médias officiels de cesser de falsifier les événements et réclamer la liberté de la presse.

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE