07/07/2009 12:15:03
Obama : «L'Amérique veut une Russie forte et pacifique»
Devant des étudiants russes, le président américain a affirmé que les deux pays n'avaient «pas vocation à être des adversaires» et appelé à un nouveau départ.
Le Figaro
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Au lendemain de la signature d'un accord qui lie les armes offensives au «bouclier» antimissiles, Barack Obama a prononcé mardi un discours très attendu sur les relations américano-russes à Moscou, pour clore sa première visite en tant que président en Russie et tenter de tourner la page de l'ère Bush-Poutine.

«Que les choses soient claires dès le départ : l'Amérique veut une Russie qui soit forte, pacifique et prospère», a dit en préambule le président américain, devant les étudiants de la Nouvelle école économique de Moscou.

Le locataire de la Maison-Blanche s'est directement adressé à la société, pour l'exhorter à remettre les relations à zéro et à surmonter les vieilles conceptions d'un «jeu à tout ou rien» entre Washington et Moscou.

«Cela doit être plus qu'un nouveau départ entre le Kremlin et la Maison-Blanche, même si cela aussi est important. Cela doit être un effort soutenu entre les peuples américain et russe pour identifier les intérêts communs, étendre le dialogue et la coopération et paver la voie du progrès», a-t-il plaidé, devant cette école qui forme une partie des futures élites russes.

Dans ce discours qui s'inscrit dans la lignée de ceux déjà prononcés à Prague et au Caire, Barack Obama s'est livré à un exercice délicat. Il a exprimé son «profond respect pour l'héritage immémorial de la Russie», exalté le sacrifice soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, et s'est employé à ne pas prêter le flanc au reproche souvent fait en Russie aux Américains de se poser en donneurs de leçons.

Appel au respect de la démocratie

Mais il a aussi entendu ceux qui le pressaient de ne pas occulter les sujets qui fâchent : peu avant de rencontrer les dirigeants de l'opposition dans l'après-midi, il a appelé au respect des règles de la démocratie, et pressé Moscou de respecter la souveraineté des ex-satellites de l'URSS, comme la Géorgie et l'Ukraine et de combattre la corruption. «Partout, on doit pouvoir faire des affaires ou aller à l'école sans avoir à payer de dessous-de-table», a-t-il dit.

Il a aussi exposé la multitude des intérêts communs, de la lutte contre la prolifération à l'environnement et a appelé une Russie, jusqu'alors résistante, à s'allier aux efforts américains face aux défis nucléaires iranien et nord-coréen. Défis qui «réclament un partenariat mondial, et ce partenariat sera plus fort si la Russie occupe le rang de grande puissance qui doit être le sien», a-t-il dit. Un succès sur ce dernier dossier, a-t-il ajouté, rendrait caduque la nécessité pour Washington d'installer un bouclier antimissile en Europe centrale.

Barack Obama a opposé cette vision à celle du 20e siècle dans laquelle les deux pays étaient «voués à être antagonistes», soulignant que les deux pays n'ont désormais «pas vocation à être des adversaires». «Malheureusement, on a parfois l'impression que les vieux présupposés doivent prévaloir», a-t-il déploré. Remettre les relations à zéro «ne sera pas facile. Forger un partenariat durable entre d'anciens adversaires, changer des habitudes ancrées dans nos gouvernements pendant des décennies est difficile», a-t-il dit. Mais «le temps où des empires pouvaient manipuler des Etats souverains comme les pièces d'un jeu d'échec sont révolus», a-t-il conclu.

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