25/02/2011 06:04:45
Émeutes au Burkina Faso: Déjà plusieurs victimes
Quand nous tracions ces lignes, la tension n’était pas totalement retombée dans ces localités, surtout à Kindi, où les manifestants étaient toujours dans la rue et se livraient à la destruction de certains biens publics et privés.
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A la suite du décès d’un élève, imputé par ses camarades et sa famille à la police, Koudougou a connu mardi et mercredi 48 heures de manifestations qui se sont soldées par des morts et plusieurs blessés. Hier la tension était retombée dans le chef-lieu de la région du Centre-Ouest (dont le gouvernorat a été incendié) tandis que la contagion semblait gagner d’autres localités du Burkina, dont Ouagadougou, Ouahigouya ou encore Poa, où un élève a été tué.

Deux élèves et un policier morts à Poa et à Kindi

Koudougou s’est réveillée hier jeudi dans une sorte de torpeur, provoquée, entre autres, par le décès de deux manifestants. Comme nous le disions dans notre édition d’hier, le bilan est très lourd. Si un calme précaire règne à Koudougou, la contestation a gagné les autres localités de la province, où des manifestations sont organisées par les scolaires. Des scolaires, touchés par balles réelles tirées par des policiers, sont morts à Poa et à Kindi.

On ne sait vraiment pas ce que les jours à venir nous réserveront, tant la tension est palpable. Les rencontres succèdent aux rencontres à la recherche de la formule magique pour éteindre l’incendie de la contestation scolaire. Les étudiants sont également dans une dynamique de concertation pour faire le point des dégâts dans leurs rangs. Ces dégâts, on s’en doute, sont essentiellement humains. Au niveau du CHR de Koudougou, on a enregistré 30 blessés pour la journée du mardi 22 février et 64 autres pour la journée du mercredi ; soit 94 en deux jours de fronde. Ces blessés sont majoritairement des élèves et des étudiants. Trois étaient dans un état critique et ont été évacués à Ouagadougou.

Comme on le sait déjà, deux manifestants ont trouvé la mort : il s’agit d’Assad Ouédraogo, né le 05 août 1993, élève en classe de 3e au lycée municipal, et d’un autre toujours gardé à la morgue et dont on ignore l’identité. Par ailleurs, parmi les évacués à Ouaga, un étudiant de 1re année d’économie à l’Université de Koudougou aurait succombé. On a appris que deux agents, blessés grièvement, ont été évacués à Ouagadougou. Calme à Koudougou certes, mais les autres localités de la province du Boulkiemdé ont pris le relais. Dans presque toutes les localités, les scolaires sont descendus dans les rues et se sont heurtés aux agents de sécurité.

Là aussi, le bilan est macabre : à Kindi (50 km de Koudougou), un élève du nom de Michel Bouda, 16 ans, de la classe de 4e, a succombé, touché par des balles en plein cœur. Un autre, Bougouma Kuilga, de la classe de 5e, a été blessé à la main et soigné sur place au CSPS de Kindi. En réplique, les élèves ont fait le tour de la ville, saccageant des maisons et brûlant les biens mobiliers et immobiliers des policiers.

Autre point chaud, Poa (25 km de Koudougou) : Là-bas, un écolier du CE2 qui traversait la route pour faire une commission a été touché par des balles et en est mort. Un commerçant de Poa a reçu trois balles au niveau des membres supérieurs et à la poitrine. Le policier qui a tiré a été pourchassé et lynché alors qu’il avait trouvé refuge dans la maison d’un agent de santé. A Réo (15 km de Koudougou), des manifestants ont incendié le commissariat de police et le haut- commissariat.

A Nandiala (25 km de Koudougou) et à Kokologho (55 km de Koudougou), des manifestations ont été organisées avec fort heureusement des bilans moins dramatiques. Espérons que les différentes médiations entreprises par les autorités de la place, les sages de Koudougou et les leaders d’opinion permettront d’éteindre cette crise qui commence à se généraliser et à prendre des proportions inquiétantes. Quand nous tracions ces lignes, la tension n’était pas totalement retombée dans ces localités, surtout à Kindi, où les manifestants étaient toujours dans la rue et se livraient à la destruction de certains biens publics et privés.

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