25/02/2011 14:23:22
Cofinest: Essimi Menye en flagrant délit de mensonge
Les épargnants de la Compagnie financière de l’estuaire, Cofinest, n’ont pas pu rentrer en possession de leurs économies hier à Douala. Malgré l’annonce faite la veille au cours d’un point de presse à Yaoundé par le ministre des Finances indiquant ,entre autres, que seuls les épargnants qui ont gardé entre 5.000 et 50.000 Fcfa dans cet établissement de micro finance pouvaient passer à la caisse...
Le Messager
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Par centaines, ils ont afflué hier, jeudi 24 février 2011, dans l’espoir de rentrer en possession de leurs économies. Mais grande a été leur surprise de constater que les portes de la micro finance à Akwa et à Deido  (Douala) et à Yaoundé (voir article ci-dessous) leur sont restées fermées. Pas l’ombre d’un agent dans les parages.

Les épargnants de la Compagnie financière de l’estuaire, Cofinest, n’ont pas pu rentrer en possession de leurs économies hier à Douala. Malgré l’annonce faite la veille au cours d’un point de presse à Yaoundé par le ministre des Finances indiquant ,entre autres, que seuls les épargnants qui ont gardé entre 5.000 et 50.000 Fcfa dans cet établissement de micro finance pouvaient passer à la caisse, dès hier(24 février 2011 Ndlr) pour entrer en possession de leur argent, les portes de Cofinest Akwa et Deido à Douala pour ne citer que ces deux agences, sont restées closes.

Les épargnants qui ont accouru dès les premières heures de la matinée sont rentrés déçus. Selon eux, Essimi Menye en annonçant que les épargnants qui ont plus de 50.000 Fcfa devront attendre la liquidation dont l’échéance reste inconnue, a simplement voulu jouer au dilatoire.  “ Le ministre se joue de nous. En annonçant que les petits épargnants pourront passer à la caisse dès ce matin pour percevoir leur argent, il a voulu tout simplement nous calmer. Je suis ici depuis et je n’ai pas vu l’ombre d’un agent de la micro finance. Les portes sont toujours fermées. Qu’il sache que nous avons besoin de notre argent. Il ne doit pas se moquer de nous comme si nous étions des mendiants ”, fulmine Bruno Genta, un épargnant.

Sa voisine n’est pas moins amère : “ La personne que nous devons arrêter c’est le liquidateur qui n’a eu de cesse de nous narguer. Il avait le devoir de nous informer sur la situation de la banque ; il ne l’a pas fait.  Il disposait de larges pouvoirs, avait l’obligation de nous  informer régulièrement, et nous rendre compte  sur la marche de son mandat. On ne peut pas s’amuser avec l’épargne des pauvres. Dans un état sérieux, des mesures devaient être prises pour mettre aux arrêts tous les responsables de cette situation qui courent toujours. Comment le ministre des Finances peut-il dire qu’il s’est rendu compte de la faillite de Cofinest  sur le tard? ”, s’interroge Amélie Tchendé, une épargnante qui affirme posséder  800.000 Fcfa dans les caisses de la banque.

Pour l’heure, les épargnants affublent le Minefi de tous les noms d’oiseaux au moment où une information l’annonce à Douala pour une rencontre avec tous les clients de la banque. Lesquels non seulement  fondent tout leur espoir sur la journée de lundi 28 février 2011, le préfet du Wouri leur ayant promis que ceux qui détiennent leur argent seront identifiés, promettent qu’ils useront de toutes les voies de recours. “ Nous ne lâcherons pas prise. Pour l’instant, nous comptons sur le préfet qui nous a donné l’assurance que notre argent ne va pas se perdre et qu’il fera tout ce qui est possible.  Au Cas contraire, nous allons continuer à bloquer la circulation pour nous faire entendre ”, jurent-ils pince sans rire.

Manifestations: Les épargnants de Yaoundé menacent de suivre Douala

Ils ont donné rendez-vous lundi prochain devant l’agence Cofinest de Yaoundé pour réclamer leur argent dans la violence comme le fontleurs pairs de Douala.

Impossible ce jeudi 24 février 2011, de manquer l’appel à manifestation inscrit sur les murs de l’agence de la Compagnie financière de l’estuaire (Cofinest) sis à la Montée Ane Rouge à Yaoundé. “ Rendez-vous le 28/02/11 à 7 h pour notre argent ”, menacent ces auteurs. Ce sont, apprend-t-on, des épargnants arrivés sur le site le lendemain de l’annonce du ministre des Finances. Face aux médias la veille mercredi 23 février, Essimi Menye a invité les petits épargnants de Cofinest à passer à la caisse ; ceux-là qui ont gardé un montant allant de 5.000 à 50.000Fcfa (cf. Le Messager n° 3291 du jeudi 24 février 2011). Dès sept heures, même les gros épargnants ont investi les locaux de l’agence. Espérant entendre : “ retirer quelque chose pour pouvoir survivre ”. Parce que, “ pour un comme moi, c’est mon devant derrière ”, lâche un épargnant qui avoue détenir plus de 3millions de fcfa. Un montant que d’autres estiment dérisoire par rapport à leurs propre avoirs dans cet établissement de microfinance.

Quelle n’est pas leur déconvenue lorsqu’ils se rendent compte des heures plus tard que les portes de l’agence ne s’ouvrent toujours pas ? Pourtant, certains soutiennent avoir entendu le patron des Finances “ dire de passer dès ce jour [jeudi 24 février 2011, Ndlr] ”. Même si celui-ci a prévenu qu’il ne servait à rien de s’y rendre tous au même moment. En même temps qu’on s’inquiète par rapport à l’avenir de leur fonds déposés pour certains vendredi dernier, l’on se demande si l’annonce du ministre des Finances ne concerne que les épargnants de Douala “ plus virulents dans leurs revendications”. D’où la décision de se retrouver le lundi 28 février 2011 dès 7 heures pour revendiquer ses droits en “ barrant les routes ” si, à cette date, les paiements n’on toujours pas commencé.

Des escrocs s’alignent

Au moment où le reporter arrive sur les lieux pour la seconde fois autour de 11, une chaude discussion a lieu entre les épargnants. L’un d’eux brandit une enveloppe kaki contenant des documents. “ Nous l’avons rédigé ici hier ”, clame cet homme vêtu d’un pantalon “ jean ” et d’un tricot gris. Ses chaussures rappellent ceux de “ Tchakarias ” de “ Les Bimanes ” du défunt Séverin Cécile Abéga. Et à qui veut l’entendre, “ j’ai été copté par les autres épargnants pour les représenter devant le gouvernement. Nous étions quatre hier, nous avons rencontré le ministre des Finances. C’est à cause de nous que le ministre a parlé hier ”. Son compère, puisque ce jeudi ils ne sont plus que deux, “ les autres arrivent ”, tient une liste sur laquelle ils tentent de faire inscrire des noms et des numéros de téléphone des épargnants pour, justifient-ils, “ suivre le dossier ” et leur rendre compte. Si certains aux abois se sont pliés à cette exigence, d’autres n’ont pas voulu l’entendre de cette oreille. “ Des escrocs comme ça ”, lance un épargnant particulièrement belliqueux. “ Quand je mettais mon argent ici, c’est toi qui suivait le dossier ? ”. Il est suivi dans cette logique par bien d’autres. Leur attitude finit par ouvrir les yeux à d’autres qui vont rayer leurs noms de la prétendue liste. Lorsque nous quittions les lieux autour de 12h, certains épargnants s’en allaient en promettant de se retrouver lundi. D’autres par contre venaient encore aux nouvelles.

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