26/02/2011 19:05:53
"Ce qui devait Ítre fait depuis 20ans"
La tâche première du prochain Président sera de débarrasser le Cameroun des vipères comme notre très célèbre opposant d’hier, devenu Ministre, porte-parole...
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Au moins il a le mérite de reconnaitre qu’il y a 20 ans que Paul Biya devait faire ce qu’il est en train de faire. Ne me demandez sur tout pas de vous dire ce qu’il est en train de faire car des faits récents de BIYA le président, je ne pourrai citer que quelques-uns. Tenez par exemple le Président Biya s’est rendu finalement au comice agropastoral d’Ebolawa. Je crois cependant qu’il aurait dû le faire depuis plus de 20 ans. Parce qu’à son arrivée au pouvoir en 1982 le Cameroun avait une autosuffisance alimentaire, cette fête agricole qui était le lieu d’exhibition du savoir-faire des populations rurales a été placardée. La rareté et la cherté des produits vivriers sur le marché national ont contribué à ressusciter ce concept dont la prochaine tenue reste hypothétique.

Mr le Président s’est également rendu dans la province du Nord-Ouest à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de l’armée camerounaise, A cette occasion, il y a séjourné un peu plus qu’initialement prévue dans son programme, rappelant ainsi aux citoyens que le Cameroun n’est pas que Yaoundé, Mvomeka’a ou Genève. Le Cameroun s’est aussi l’arrière-pays.

Il y a eu aussi un fait officieux devenu officiel.  Je voudrai parler de la rencontre de Paul Biya et Fru NDI NI John. En acceptant de le recevoir d’ailleurs par deux fois à moins de deux mois, Paul Biya a officiellement fait le pas qu’il fallait faire depuis les années 1990 à savoir la reconnaissance de la divergence des courants de pensées ainsi que la possible cohabitation du crocodile et poisson quand il s’agit de préserver la rivière dans laquelle ils vivent.

Il y a 20 ans Paul Biya aurait dû inventer l’opération Epervier bien que la version actuelle soit à tête chercheuse car, c’est depuis les années 1987 que la presse nationale dénonçait la distraction des richesses de la république au profit des caisses privées des personnes qu’il avait privilégié par ses nominations et par ses appels à respecter l’article2 de celles-ci. Au lieu de cela, il s’est contenté à exiger à l’opinion publique d’apporter les preuves des accusations. Certains journalistes un peu plus curieux que les autres ont reçu des coups de tête présidentielle, question de ramener à l’ordre tous ceux qui comptaient ramer à contrecourant.

Mr l’ancien opposant farouche au renouveau et celui qui l’incarne a entièrement raison. Voyez-vous c’est quand même depuis 20 ans qu’il aurait dû autoriser par décret la création de l’Université de Bamenda même si sa construction revenait aux élites locales. Le Cameroun retrouve peu à peu son visage d’avant les années 1982 car au moins, les populations de Yaoundé ont été gratifié d’une chinoiserie de palais de sport. C’est enfin disponible. Compte tenu de l’engouement des camerounais au sport, je crois qu’il y a quand même 20 ans que cela aurait dû être fait. Il faut reconnaitre qu’il y avait quelque chose d’assez spécial aussi. Les parcours vitae.

J’ai du mal à énumérer les réalisations actuelles du Président Paul BIYA. Ne m’en tenez pas rigueur s’il vous plait. C’est parce que je ne les vois pas. Ah j’ai oublié certaines réalisations. L’assainissement des capitales Yaoundé et Douala par les tout puissants délégués du gouvernement. Désormais Yaoundé a ses guirlandes lumineuses comme Aux Champs Elysées de paris. Le centre-ville a l’allure d’une ville aérée malgré le fait que cette urbanisation a été faite sur le dos des pauvres populations, parents pauvres du renouveau, le plus souvent victime des expropriation ciblées. Ce cas de figure est presque le même à Douala. Cependant chacune de ses villes a établi son joker. Le relais St Anastasie qui anesthésie les poches des aspirants aux mets servis dans un cadre approprié ou encore des amoureux de midi et de weekend en quête de raccourci de séduction. Douala a ressuscité la douche municipale d’antan pour le bonheur des noctambules, des paysagistes et d’amateurs de photographie. On aurait dû les restaurer aussi il y a 20ans.

Ce que ne nous a pas dit notre célèbre Ministre c’est que le Président fait depuis 20ans.
J’ai tout de même ma petite idée là-dessus.
Je sais que depuis 20 ans et même plus, le Président passe beaucoup plus de temps en Suisse qu’au Cameroun. Oui le président et sa famille adorent les avions, les hôtels, la médecine européenne et les sommets internationaux quand ils se tiennent en Europe ou en Amérique. Notre président ne parle pas beaucoup. Il agit. Depuis 20ans, il fait de la realpolitiks (combattre discrètement tous les personnes opposées au système et se maintenir coute que coute au pouvoir). Pour cela, il ne rate pas l’occasion de fissurer les autres regroupements politiques, ou de retourner ses opposants d’hier et les rallier à sa cause comme le kilav ministre de la communication. Oui depuis au moins 20ans, le président tient des beaux discours pendant lesquels il promet et promet mais, il ne réalise rien. Le Cameroun perd depuis plus de 20 ans, les outils de sa souveraineté. La poste a presque disparu, le transport ferroviaire s’est dégradé au prix de la privatisation, la gestion de l’eau et de l’électricité est cédée à des entreprises qui quand elles veulent, nous privent d’eau et nous plongent dans l’obscurité totale. Depuis 20 ans, le président a instrumentalisé l’armée et la police nationales comme outils de répression et de parades les détournant ainsi de leurs fonctions régaliennes de maintien de l’ordre et de sécurité nationale. Aujourd’hui, des groupes armés sévissent impunément dans la république. L’armée nationale s’affaire à garder les entreprises et les domiciles privés, à malmener ou à mater toute tentative de revendication des citoyens, pendant que les frontières sont infiltrées par des groupes de rebelles qui enlèvent toute l’administration locale et reçoivent en prime le paiement des rançons.


Je sais aussi que depuis 20 ans ou plus, le Président laisse faire ses proches. Ils vident à volonté le parc automobile de l’Etat, consomment abusivement le carburant et le téléphone de service et s’offrent des missions et des colloques inutiles pour le bien être de la république. Le président a des biens mal ou bien acquis à travers le monde. Cela aurait été pourtant utile si ces investissements étaient faits ici. Le bien-être qui transparait sur notre président a développé un peu partout dans le pays une attitude singulière de fonction de président. Le prési comme on l’appelle désormais est l’unique membre du groupe qui n’a pas de devoirs mais plutôt des droits. C’est le plus paresseux, mais le plus riche de la bande. Personne n’a le droit de le contrarier. Il est pourtant faible, timide, sournois mais dangereux pour ses compagnons.
Depuis plus de 20ans que les fonctionnaires, les planteurs et cultivateurs et commerçants ont retroussés les manches et serrés leur ceintures, ils attendent en vain le signal du président pour changer de posture. Cependant lui ne cesse de leur annoncer l’apparition du bout de tunnel.
Comme le dit si bien notre ministre de communication, les camerounais sont épris de paix. Ils l’ont dans leur poitrine. Cet affirmation je la confirme est vrai car à force de voir ‘’biratiser’’ des jeunes gens innocentes dont le seul crime est d‘avoir réclamés un peu de pain, de l’eau potable ou encore un emploi pour subvenir aux besoins de leur familles on se conforme vite aux désira ta du prince avec l’espoir qu’un adepte du ‘’toumba’’ pourrait y surgir.

De toutes les façons je sais que depuis de 20ans notre pays est très admiré par le la BAD, Le FMI, la Banque Mondiale et autre. C’est d’ailleurs pour cela qu’aujourd’hui, contrairement aux années 1982 et 1984, les caisses de l’Etats croupissent sous le poids de la dette. 

Notre président a su trouvé la formule pour ne pas fâcher nos vaillants généraux. C’est d’ailleurs pour cela qu’aucun d’eux n’est jamais allé en retraite, bien que atteint par la limitation de l’âge.
Comme un couvercle sur une marmite de bouillon, notre brave président contrôle de toutes ses forces, la poussée calorifique que produit la chaleur dans laquelle baignent ses concitoyens.
Au vu de ce petit bilan d’activité je me permets de croire que notre Président a donné tout ce qu’il avait à donner. Il ne faut surtout pas remettre en cause ce qui devait être fait mais n’a pas été malheureusement car, étant donné que cela une œuvre humaine, elle ne saurait être parfaite. D’ailleurs le précédent président n’avait pas tout fait. Surement qu’une autre expérience serait utile pour le peuple camerounais afin que notre brave président prenne une retraite bien méritée dans l’un de ses palais suisses que nous a présenté Nintcheu, le caillou dans la chaussure.

La tâche première du prochain Président sera de débarrasser le Cameroun des vipères comme notre très célèbre opposant d’hier, devenu Ministre, porte-parole.

Maurice TCHASSO
Washington

Maurice TCHASSO

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