28/02/2011 01:51:32
Cofinest: Des épargnants menacent de marcher sur Douala
Ils veulent rencontrer le gouverneur Fai Yengo Francis pour, disent-ils, lui remettre une pétition. Ils l’ont fait savoir vendredi 25 février 2011.
Le Messager
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Les épargnants de la compagnie financière de l’Estuaire veulent passer à la vitesse supérieure. S’estimant chosifiés par le ministre des Finances qui avait annoncé que des petits épargnants (ceux qui ont entre 5000 et 50.000 fcfa) pouvaient passer à la caisse pour toucher leur argent dès jeudi 25 février 2011, ils annoncent une marche qui aura lieu ce jour à Douala. Au même moment où ceux de Yaoundé menacent de descendre, eux aussi, dans la rue. A travers cette marche, « Nous voulons interpeller l’Etat qui doit intervenir pour que nous ayons notre argent. Si nous n’avons pas notre argent, nous allons passer à la vitesse supérieure parce que nous pensons que l’Etat a sa part de responsabilité dans cette situation déplorable » annonce Eric Herman Sah Ngouno, président des épargnants mécontents de la Cofinest. Il poursuit : « cette marche partira de Cofinest Akwa pour la région à Bonanjo. Nous entendons rencontrer le gouverneur pour lui remettre une pétition. Celle-ci aura les grandes articulations du plan que nous mettrons sur pied pour revendiquer notre argent ».

Pour nombre d’épargnants mécontents, clients de la micro finance depuis des années (dix ans pour certains et 15  pour d’autres), il est de plus en plus difficile de vivre.  « Nous n’arrivons plus à nourrir nos enfants. D’autres ont été renvoyés de leurs établissements respectifs pour des raisons de scolarité non payées. Nos bailleurs sont à nos trousses et ne comprennent pas qu’on leur dit que notre argent a été bloqué. La vie  est invivable. Nous ne demandons que notre argent » disent-ils. La vie pour  Eric Ngouno,   l’est encore un peu plus. Sous-traitant à une entreprise de la place, et clients de la micro finance depuis plus d’une douzaine d’années, ce chef d’entreprise est en colère. Il a maille à partir avec ses quelques 86 employés  qui ne le lâchent plus depuis quelques jours.  Il a même fallu de peu pour qu’il soit lynché par ces ouvriers qui n’ont cure de la fermeture de Cofinest. « Depuis lundi les employés me crient qprès et revendiquent leur salaire. J’ai beau leur expliquer qu’ils seront payés dans les jours qui suivent ils ne l’entendent pas de cette oreille. J’avais plus de 10 millions de fcfa dans la micro finance. Nous sommes asphyxiés » soupire-t-il.

Et d’ajouter : « nous avons loué plusieurs engins pour effectuer les travaux sur le terrain. Cette location qui  coûte les yeux de la tête nous donne des insomnies. Il faut payer et nous n’avons pas d’argent. Plus grave, la société pour laquelle nous sous-traitons  est à nos trousses. Nous ne savons plus  quoi faire ».

Entre les promesses du préfet du Wouri qui devrait en principe rencontrer les épargnants ce jour et celles non tenues du ministre des Finances,  Essimi Menyé, les épargnants de la compagnie financière de l’Estuaire ne savent plus à quel saint se vouer. En attendant   la marche du jour,  force est de relever qu’une dame, la trentaine dépassée, a élu domicile depuis la semaine dernière  à l’agence Cofinest Akwa. Sur un matelas de fortune, elle dort à la belle étoile, au risque de toutes les imtempérés et autres agressions. « J’ai eu des problèmes avec mon bailleur qui n’a pas voulu m’accorder un moratoire. Il m’a jeté dans la rue. Ne sachant où aller je me suis installée ici », nous a-t-elle confié. 

Blaise-Pascal Dassiť

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