28/02/2011 02:45:52
Cette technologie qui fait paniquer le régime Biya...
Après le ministre de la communication le 22 février dernier, celui des Postes et télécommunications est monté au créneau deux jours plus tard pour déplorer l’impact néfaste des outils modernes de communication qui ont permis à la contestation arabe de s’étendre récemment...
Le Messager
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Après le ministre de la communication le 22 février dernier, celui des Postes et télécommunications est monté au créneau deux jours plus tard pour déplorer l’impact néfaste des outils modernes de communication qui ont permis à la contestation arabe de s’étendre récemment, favorisant rapidement la chute des régimes autocratiques de Tunisie et d’Egypte. Yaoundé en a visiblement pris peur et met des garde-fous.

Le gouvernement représenté par le ministère des postes et télécommunications et la société de téléphonie mobile Orange Cameroun, ont signé, jeudi 24 février dernier à Yaoundé, un accord cadre portant sur le renforcement du partenariat entre les deux structures.

Si la cérémonie a permis au Dg de Orange Cameroun Jean Bardet, de dire sans autres détails que son entreprise, dans le cadre de ce partenariat qu’il dit “ gagnant ”, réitère sa disponibilité “ à étudier et à accompagner les projets communautaires qui seront identifiés par le ministère des Postes et Télécommunications, pour le bienfait et le développement des populations ”, Jean Pierre Biyiti Bi Essam (Photo), le patron dudit ministère, a dans son propos, ouvert une interminable parenthèse. Ceci sur la révolution arabe et notamment sur cette “ Tunisie qui a connu les tristes événements que nous connaissons tous, à cause de la téléphonie mobile ”, a-t-il déclaré en substance.

Pour le Minpostel, la sécurité doit désormais entourer toutes “ les opérations de communication et de Tic (Technologie de l’information et de la communications, Ndlr) ”. Il se félicite de la collaboration des opérateurs de téléphonie mobile ; laquelle collaboration a permis la conduite de l’opération d’identification des abonnés à ce genre de téléphonie. “ Nous avons tous intérêts à ce que notre pays soit en paix et y reste ”, a-t-il lancé au cours de cette cérémonie de jeudi dernier, qui s’est déroulée dans ses services à Yaoundé, en présence de nombreux cadres de ce ministère et de Orange Cameroun. Le ministre des Postes et télécommunications se réjouit de ce que le Congo et la Côte d’Ivoire ont déjà suivi l’exemple camerounais dans cette initiative, en identifiant eux aussi les usagers de la téléphonie mobile. On peut donc le dire aujourd’hui sans risque de se tromper : ce que les Camerounais redoutaient lors du lancement de cette opération d’identification est déjà là. Le régime en place contrôle désormais toutes leurs communications. Difficile de dire ce que cache exactement cet accord cadre passé entre Orange Cameroun et le Minpostel. Mais une chose est claire, avec l’identification de leurs abonnés, les entreprises de communications constituent maintenant un formidable moyen de surveillance des contestataires. Après l’accord avec Orange, à qui le tour ?

Internet également

Le 22 février 2011, veille des marches pacifiques annoncées par des opposants à Douala, pour commémorer les martyrs des émeutes de la faim de février 2008, c’est le ministre de la communication, Issa Tchiroma Bakary, qui a réunis les médias en son département ministériel pour leur rappeler leurs responsabilités en période de crise comme celle que traverse le Cameroun en ce moment. Et celui-ci d’adresser un message spécifique à la presse cybernétique a qui il demande de savoir choisir les informations qu’elle met sur la toile. Il a condamné ces “ agitateurs ” qui, depuis l’étranger, et via Internet, veulent faire “ la révolution par procuration ”“ Eux, tous les jours, ils ont leur bifteck. Alors à partir de là où ils sont, ils invitent les familles camerounaises à jeter leurs enfants dans les rues. Pendant ce temps, eux ils sont au frais entretenu probablement par ceux là qui veulent détruire cette Nation. Eux ils sont au frais, le “ Code ”.  Où est ce qu’il est Bedzigui ? Où est ce qu’il est Nitcheu ? Où est ce qu’il est Mila Assoute ? Ils sont où ? ”, questionnait-il alors en cascade. Ce, avant d’ajouter “ ils veulent donc qu’on envoie nos enfants dans les rues pour être blessés ? Peut-être pour se faire massacrer, pendant qu’eux, leurs familles et leurs enfants sont à l’abri... ça ne passera pas ! ”, parole du Mincom qui pense, s’agissant du printemps arabe, qu’il arrive des années après celui du Cameroun. D’après lui, “ Le Peuple camerounais a fait sa propre révolution. Ce n’est que maintenant que le vent du changement a soufflé dans cette partie du continent africain (le Maghreb, Ndlr) ”. Pourquoi donc paniquer si tous les problèmes des camerounais relèvent du passé ?

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