06/11/2017 17:58:35
Franc CFA : Le Burkinabé Marc Roch Kaboré rejoint les partisans de la rupture

Selon le président Marc Christian Roch Kaboré du Burkina Faso, la mise en place d'une monnaie de la Cedeao supposant l'abandon du tristement célèbre franc CFA ne dépend que des décideurs africains.

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Selon le président Marc Christian Roch Kaboré du Burkina Faso, la mise en place d'une monnaie de la Cedeao supposant l'abandon du tristement célèbre franc CFA ne dépend que des décideurs africains.

Alors que les rangs des chefs d'Etats africains francophones soucieux de rompre avec la monnaie coloniale dénommée Franc CFA se réduisaient au seul président tchadien Idriss Deby Itno, ainsi qu'à son homologue Guinéen Alpha Condé dont le pays ne fait cependant pas partie de la zone CFA, le président burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, vient de joindre sa voix au concert de ceux qui réclament en Afrique l'abandon d'une monnaie qui n'a jamais cessé d'être coloniale, et qui est presque fossoyeuse de développement.


Si le chef de l'Etat burkinabe n'a pas le verbe aussi ferme que son homologue de Conakry qui exigeait quant à lui une rupture quasi définitive du cordon ombilical qui lie l'Afrique en général et l'Afrique francophone en particulier à la (aux) puissance(s) coloniale(s), son propos   au cours d'un entretien qu'il a accordé dimanche à Ouagadougou àdes journalistes de TV5 Monde, RFI et Le Monde, ne se veut pas moins celui d'un homme d'Etat africain animé de la volonté de voir l'Afrique prendre son destin économico-financier en main.

« Nous pouvons changer les règles du jeu. Je peux vous assurer qu'au niveau de la Cedeao, nous avançons. Nous pouvons avoir notre monnaie sans forcément la France. Nous devons travailler sur les aspects techniques. C'est une urgence pour nous, puisque la Cedeao est en train de travailler là-dessus », a souligné l'homme fort de Ouagadougou, pour qui l'argutie de la faiblesse des échanges consécutive à la création des monnaies nationales ou sous régionales ne tient pas debout, celle-ci n'étant pas forcément tributaire de la monnaie utilisée, mais aussi d'autres facteurs tels que le transports ou les infrastructures.

Ayant cours dans 13 pays africains francophones d'Afrique de l'ouest et du centre, ainsi qu'en Guinée Equatoriale (pays hispanophone d'Afrique centrale) et  en Guinée Bissau (pays lusophone d'Afrique occidentale, le Franc CFA  qui est utilisé par une communauté de 155 millions d'âmes est devenu depuis quelques années, l'objet de vives controverses, entre ceux qui affirment que cette monnaie créée par le colonisateur français est un facteur de stabilité, et ceux qui n'y voient qu'un frein au développement des pays aux économies fragiles.


En fait, les Etats africains sont obligés de déposer 50% de leurs réserves de change auprès du Trésor français pour garantir la parité du "CFA" avec l'Euro, monnaie de l'Union Européenne à laquelle il est lié par un système de parité fixe. Pour les économistes panafricanistes et altermondialistes, cela suffit à entamer la souveraineté des économies africaines, et partant des Etats ainsi vassalisés.

Malheureusement, les décideurs africains qui se plaignent sous cape des méfaits de cette monnaie n'ont pas le courage de franchir le pas de la rupture ou de l'autonomie. Même l'Afrique de l'Ouest qui y songe de plus en plus pour en finir avec l'usage de huit monnaies différentes dans sa zone économique, a renvoyé ces derniers mois l'échéance d'une monnaie sous-régionale pour tous ses 15 Etats membres à 2020, à la grande déception des populations.  

Ndam Njoya Nzoméné

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