01/03/2011 05:18:22
Cofinest: La police disperse les épargnants coups de gaz lacrymogène
Groupés par centaines devant la direction générale à Akwa, ils s’apprêtaient à marcher sur la région lorsqu’une escouade de forces de l’ordre les a arrosés à coups de gaz lacrymogène.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Lundi 28 février 2011. Nous sommes à l’agence de la Compagnie financière de l’Estuaire à Akwa. Ici, une marée humaine s’y trouve. C’est que des épargnants arrivés en masse très tôt ont pris d’assaut les entrées principales de la micro finance. « Nous sommes là pour revendiquer ce qui nous revient de droit. Tout à l’heure nous entendons marcher sur la région. Si rien n’est fait par rapport à notre situation. Nous ne pouvons plus attendre que des gens viennent nous promettre des choses irréalisables et se moquent de nous » fulmine Jules Tchanga, un épargnant.

Un autre de renchérir : « Nous sommes lundi. Le préfet nous avait donné rendez-vous aujourd’hui. Nous attendons que les paiements commencent. Si tel n’est pas le cas, nous allons passer à la vitesse supérieure parce que trop c’est trop ». Tout à côté, des éléments de la gendarmerie et de la police, armés jusqu’aux dents, épient les épargnants. De temps en temps quelques hommes armés échangent avec des épargnants question de les convaincre de rester calme. « Nous sommes ici pour votre sécurité. Nous n’avons pas pris votre argent. Tout ce que nous voulons c’est que vous ne posiez pas les barricades sur la route. Nous partageons votre inquiétude, mais sachez que nous sommes de tout cœur avec vous et que le ministre des Finances est à Douala et il va se pencher sur votre problème. Il faut attendre. C’est une question de temps », lance un officier de police. « Que faites-vous ici alors qu’on vous attend à Bakassi et sur d’autres fronts ? Au lieu de nous intimider, allez dire aux responsables de la micro finance de nous donner notre argent. Nous en avons besoin », rétorquent des épargnants visiblement sur les dents.

Les esprits s’échauffent. Des invectives fusent de toutes parts. Face à l’entêtement des épargnants à vouloir ériger des barricades sur la voie publique, les forces de l’ordre réagissent. Du gaz lacrymogène largué sur la chaussée et, panique générale. Quelque temps après, retour au calme. Les deux parties reviennent à de meilleurs sentiments, mais l’on va repartir de plus belle avec les discussions. La marche peut enfin commencer. Par centaines, les épargnants brandissant des pancartes aux messages révélateurs convergent, sous forte escorte, vers le restaurant la Chaumière à Bonapriso, lieu de rencontre d’avec le ministre des Finances. Sur les lieux Essimi Menyé rassure : « ceux des épargnants ayant entre 5.000 et 50.000 Fcfa  pourront passer à la caisse dès demain (mardi 1er mars 2011 Ndlr) ». Les voix s’élèvent. « C’est du déjà entendu », entend-on dans la foule.


Focal: Nouvelle désillusion des épargnants de Yaoundé

Hier lundi 28 février 2011, leur tentative de rébellion a été réprimée par les forces de l’ordre. Dans les rangs des épargnants, la tension monte. Une escouade de gendarmes, l’œil averti, surveille les épargnants qui ont essayé de bloquer la voie qui rallie le carrefour hôtel Royal à Sho. Ils sont fatigués d’attendre que s’accomplisse enfin la promesse faite par Essimi Menyé, ministre des Finances, mercredi 23 février, de les faire payer. Une épargnante se serait même couchée en travers de la route empêchant de ce fait les voitures de circuler.

Ils ont été rappelés à l’ordre par les gendarmes. Tentative qui a tout de même le mérite de faire descendre sur le terrain quelques autorités. Parmi elles, le sous-préfet de Yaoundé 1er. Luc Ndongo, après avoir eu un  moment de discussion avec les manifestants, a fait constituer une délégation d’une dizaine de personnes. Avec cette délégation, il s’est rendu aux services du gouverneur pour une concertation avec Roger Moïse Eyene Nlom, gouverneur de la région du Centre. Des sources crédibles affirment que cette rencontre, qui a duré des heures, a finalement accouché d’une souris. « Il n’y a rien eu de concret », nous indique-t-on. Rendant compte de la concertation avec les pouvoirs publics, la délégation des épargnants qui s’est rendue chez le gouverneur affirme qu’un rendez-vous leur a été donné pour demain mercredi. Mais, les autres épargnants qui les soupçonnent d’avoir été corrompus ne l’entendent pas de cette oreille. Ils ont prévu de se retrouver dans la rue, ce jour. Cette fois, promettent-ils, les forces de l’ordre n’auront pas raison d’eux. Wait and see !

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE