07/11/2017 23:29:38
Lutte contre le terrorisme : Affrontement très très… sanguin entre le porte-parole de l'armée camerounaise et un journaliste
Réputé affable vis-à-vis des journalistes qu'il considère comme des partenaires de son travail de communicateur-en chef de l'armée camerounaise, quoique son discours épouse ces derniers temps les thèses répressives et manipulatrices du gouvernement camerounais, le Colonel Didier Badjeck, responsable de la Communication du ministère de la défense du Cameroun est récemment sorti de ses gonds, à la suite d'un commentaire assassin du journaliste camerounais réfugié en France, Boris Bertolt, qui venait de le titiller sur son incapacité réelle à manipuler une arme.  
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Réputé affable envers les journalistes qu'il considère comme des partenaires dans le cadre de son travail de communicateur-en chef de l'armée camerounaise, quoique son discours épouse ces derniers temps les thèses répressives et manipulatrices du gouvernement camerounais, le Colonel Didier Badjeck, responsable de la Communication du ministère de la défense du Cameroun est récemment sorti de ses gonds, à la suite d'un commentaire assassin du journaliste camerounais réfugié en France, Boris Bertolt, qui venait de le titiller sur son incapacité réelle à manipuler une arme.  

La polémique entre l'officier supérieur des armées camerounaises et l'impétueux journaliste connu pour ses critiques acerbes des pratiques du régime en place est partie d'une vidéo postée sur les réseaux sociaux par le Colonel Badjeck en personne, à la suite d'une mission qu'il venait d'effectuer au front de la guerre contre la secte terroriste Boko Haram dans la région de l'Extrême-Nord.

Si dans cette vidéo, le Colonel Badjeck a cru pouvoir se mettre en scène dans une posture de militaire apprenant  en toute humilité à manipuler une arme (nouvelle pour lui), fut-ce auprès des subalternes –les sages n'ont-ils pas coutume de convenir avec le philosophe grec Socrate que « scio me nihil scire », « Je sais que je ne sais rien », ou « je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien » ?-


Le colonel Badjeck manoeuvrant la fameuse
mitrailleuse 12,7 MM M3M/GAU-21

Mais cette démonstration d'"incurie" a semblé pour maints observateurs une plaisanterie de mauvais goût, révélatrice par extrapolation pour certains –très pressés d'aller en besogne-, des faiblesses de l'armée  camerounaise. Le journaliste Boris Bertolt qui est tout à fait dans son rôle d'observateur fait partie de ceux-là qui ont estimé –toujours sur les réseaux sociaux- que « le porte-parole du ministère de la défense ne sait pas tirer à la mitrailleuse ». « Tout un colonel, le colonel Didier Badjeck apprend encore à tirer à la mitrailleuse », remarquera-t-il.

En revanche  d'autres internautes, tout aussi nombreux se faisaient fort de minimiser la chose, comme la rapporté notre confrère Cameroon-info.net : « Ce n'est pas une honte qu'un officier sup de l'armée de l'air et pilote ne sache pas utiliser une arme lourde au sol », ou encore : « Cette mitrailleuse n'est pas comme les autres. C'est une nouvelle mitrailleuse nommé 12,7 MM M3M/GAU-21 de l'entreprise belge FN Herstal. Différente des MAG58 qui n'étaient pas assez puissantes contre des véhicules blindés ou des abris durcis »

Mais de toutes les réactions d'internautes, celle du journaliste a eu le don de mettre en rogne le grand Colonel qui n'a pas hésité à puiser dans un vocabulaire un peu "enfant de la rue" et allant dans tous les sens pour répondre à son impertinent critique comme on peut le lire dans le post ci-dessous.



Suffisant pour donner du grain à moudre à son adversaire qui n'est pas allé chercher plus loin que le fouet se trouvant entre les mains de l'officier pour le flageller, évoquant au passage leurs antécédents relationnels que le Colonel s'est évertué à réfuter sans y avoir été invité. Et cela donnera à peu près ceci :

Boris Bertolt : Colonel Didier Badjeck vous ne savez pas tirer un point c'est tout !!!

COLONEL BADJECK DIDIER: LA HONTE DE L'ARMÉE CAMEROUNAISE.
Ah ! quel honneur de recevoir une réplique du Colonel porte parole du ministère de la Défense. Sauf que vous vous trompez de cible Mr badjeck Didier.

Je commencerai d'abord par vous dire que vous êtes amnésique. Vous dites ne vouloir aucun contact avec moi. Ce n'est pas vous il y a quelques mois qui aviez cherché à me contacter pour que je travaille pour votre compte sur les réseaux sociaux? Je n'en dirai pas plus pour l'instant.

Ce n'est pas moi, MAIS BIEN VOUS, qui avez posté sur les réseaux sociaux pour vous vanter une vidéo vous montrant affalé sur une mitrailleuse 12.7 comme si vous étiez attablé dans un fast food dégustant un hamburger.

Ce n'est pas moi qui vous rappelle à la raison en affirmant avec impolitesse « que vous ne savez pas tirer à la mitrailleuse 12.7 ». C'est votre élément, simple soldat, qui s'adresse à un officier supérieur sous un ton exaspéré de vous voir gâcher tant de balles, dont les coûts grèvent le budget de l'Etat.

Ne vous perdez pas en explications pour justifier vos manquements. Un officier qu'il soit marin, aviateur, parachutiste ou médecin est censé suivre une formation adéquate constituée d'exercice de tir. La mitrailleuse 12.7 ne faisant pas partie des armes nouvellement inventées, la conclusion est toute faite : Vous ne savez pas tirer. Un point c'est tout !!!

J'éviterais de faire des commentaires sur le beau petit billet de menaces et d'insultes que vous avez proféré à mon endroit. Je laisse vos admirateurs déceler eux-mêmes le niveau de langue et le langage employés par un porte parole de l'armée dans un pays sérieux avec autant d'intellectuels. Monsieur le ministre de La Défense Beti Assomo, vous qui êtes très policé et fin, venez vous même lire ce que votre porte parole peut pondre sur les réseaux sociaux? Vous êtes sûr que le type là est sérieux?

En attendant de vous relire cher "tirailleur sénégalais" sachez que ma prochaine salve se fera à la mitrailleuse 14.5. Entre temps je vous conseillerai un peu moins de pain chargé haricot pour avoir de l'équilibre dans une position de tir.

J'attends donc avec impatience votre prochaine réaction mon colonel.

Boris Bertolt


Faut-il en rire ? Ou en pleurer ?

Vivement qu'il n'y ait pas de suite à ce débat-combat, en soi illustratif de la nature des relations exécrables qu'entretiennent les forces armées camerounaises à la solde d'un régime impopulaire et les populations camerounaises déçues du fait que leur armée constitue le principal obstacle à la réalisation de leurs aspirations à la liberté et au bien-être qui passe par l'alternance à la tête de l'Etat.


Des relations qui font oublier très souvent que le chef des armées actuel qui est le véritable fossoyeur du vivre ensemble camerounais passera, mais que le peuple camerounais et son armée resteront et seront condamnés à vivre ou à réapprendre à vivre en symbiose. Comme la langue et les dents dans la bouche !


Ailleurs, là où les armées ne servent pas d'épouvantail au service des dépositaires du pouvoir d'Etat contre le peuple, les militaires sont sacrés, et il ne viendrait à l'esprit d'aucun journaliste de brocarder un militaire qui apprend à tirer, dans la mesure où tout le monde sait que la vie est en elle-même un perpétuel apprentissage.

Au Cameroun, on en est très éloigné, cela n'empêche pas de savoir raison garder. Car demain est à construire. 

Ndam Njoya Nzoméné

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