09/11/2017 12:52:10
Zimbabwe- Robert Mugabe : "Si vous entendez que des personnes ont été exécutées, sachez que la pensée de Mugabe a triomphé." »

Les funérailles de l'un de ses anciens compagnons de la guerre d'indépendance a servi de prétexte au président Robert Mugabe, pour faire part de son intention de remettre au goût du jour l'application de la peine de mort au Zimbabwe.

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Les funérailles de l'un de ses anciens compagnons de la guerre d'indépendance a servi de prétexte au président Robert Mugabe, pour faire part de son intention de remettre au goût du jour l'application de la peine de mort au Zimbabwe.

Particulièrement remonté contre la forte montée du taux d'homicide dans le pays démontré par un rapport du chef de la police, le père de l'indépendance zimbabwéenne s'est dit en faveur de la restauration de la peine capitale. « Les gens jouent avec la mort et s'entretuent, est-ce ce pourquoi nous avons libéré ce pays ? Nous voulons que ce pays soit une nation prospère où règne la paix, pas une nation où les individus s'entretuent » a fait savoir l'homme fort de Harare.

Ignorant visiblement que la peine de mort faisait déjà partie de l'arsenal juridique réprimant les infractions au Zimbabwe,  le président qui avait pourtant déclaré il y a deux mois, lors de la Journée nationale des héros, que l'État zimbabwéen n'allait pas inculper les auteurs des meurtres de fermiers blancs durant l'année 2000, a déclaré, à la stupéfaction de l'auditoire : « Je pense qu'il faut restaurer la peine de mort ».

Des commentateurs croient savoir que « le propos présidentiel aurait été influencé par le fait que depuis une douzaine d'années, aucune peine capitale n'avait été exécuté dans le pays ».

A ce propos, nos confrères de africapostnews.com révèlent qu'« À cette date, le dernier bourreau a pris sa retraite. On annonçait un nouveau bourreau en 2012 mais ce dernier n'a jamais été mis en place. Néanmoins, il est important de noter que la Constitution de 2013, exempte de la peine de mort : les femmes, les garçons de moins de 18 ans et les hommes de plus de 69 ans. ».

« Le président, âgé de 93 ans a ajouté que son cabinet est divisé sur la question et préfère donc accorder un moratorium sur la question. Ne précisant pas quand exactement le problème sera tranché, il a juste affirmé la chose suivante : "Si vous entendez que des personnes ont été exécutées, sachez que la pensée de Mugabe a triomphé." », a ajouté africapostnews.com.


Il ne fait cependant pas de doute que la pensée de Mugabe finira par triompher, tant il est vrai que son propos d'août dernier cautionnant le meurtre des fermiers blancs par des autochtones avait été perçu comme un permis de tuer.

 « Oui, des personnes sont mortes en résistant. Nous ne poursuivrons jamais en justice ceux qui les ont tués. Pourquoi les arrêterions-nous ? », avait alors affirmé le président presque centenaire.

 
Or si la volonté du président n'était pas de banaliser le meurtre, son propos injustifiable, quoique s'expliquant par le ressentiment demeuré vivace vis-à-vis de l'ancien colonisateur a produit depuis un effet si dévastateur que c'est toute la société zimbabwéenne qui en pâtit aujourd'hui. Comme il peut lui-même le constater.

Natondi K.

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