02/03/2011 01:05:56
Contre manifs: Des élèves marchent Sangmélima pour soutenir Paul Biya
En réplique aux manifestations anti-Biya du 23 février 2011 à Douala, ils ont abandonné les salles de classe hier, encouragés par leurs chefs d’établissements, pour marcher aux côtés d’autres jeunes de cette ville.
Le Messager
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De sources très crédibles, ils étaient près de 2000, les jeunes qui se sont retrouvés à la sous-préfecture de Sangmélima hier, 1er mars 2011, pour une marche de soutien au président de la République, Paul Biya. Une marche qui les amenés de ce point jusqu’au stade municipal de la ville. En tête pour conduire cette manifestation publique très encouragée par les autorités locales, le préfet du Dja et Lobo en personne, Jean Bienvenu Abanda ; et tout le gratin du Rdpc et administratif de la localité.

D’après nos sources, cette marche a été conjointement initiée par l’homme d’affaires Evariste Abessolo, natif de Sangmélima. Il l’a fait sous la houlette de l’Association camerounaise pour le soutien à la démocratie camerounaise, Asdeca ; une jeune organisation dont il est président et qu’il aurait récemment créée pour les besoins de la cause. Ladite marche a eu pour co-organisateur le Conseil national de la jeunesse. Objectif de la démarche, dire “ Non à la déstabilisation ! Non à la destruction ! ”, ainsi qu’on pouvait le lire sur les T-shirt qu’arboraient ces jeunes, parmi lesquels de nombreux élèves du second cycle, recrutés dans la demi douzaine de collèges, lycées et Cetic que compte Sangmélima, apprend-on.

Abonnés absents

Durant toute la journée d’hier, ces élèves étaient donc aux abonnés- absents dans leurs différentes salles de classe, encouragés dans cet acte d’indiscipline par les chefs d’établissements qui leur auraient dit la veille, qu’ils sont dispensés des cours ce jour de marche. Manière subtile de les y convier, même si, joint au téléphone, l’un des leaders associatifs, organisateurs de la marche, soutient que “ aucun élève n’a été contraint à la marche. Ceux qui l’ont fait, ont volontairement adhéré à notre mouvement ”, confie Henri Sévérin Assembé, Secrétaire général du Conseil national de la jeunesse, joint au téléphone hier par Le Messager, alors qu’il se trouvait encore sur le site de la manifestation.

Il ajoute “ notre stratégie a consisté à travailler dans les quartiers avec les jeunes, membres de notre association. Il peut se trouver que parmi eux, il y ait des personnes qui ont des attaches dans les établissements scolaires de la ville ; et qui réussissent par là à coopter des élèves pour notre marche. Cela ne nous engage en rien ”, lance-t-il, en affirmant que la liberté d’association reconnaît à tout Camerounais, élève ou pas, le droit d’adhésion à tout mouvement de son choix. Un parent qui a requis l’anonymat, s’offusque cependant de ce que les enseignants étaient invisibles hier, dans les classes du second cycle impliquées dans la marche. “ C’était donc impossible pour un élève qui ne veut pas aller à la marche, d’aller prendre tranquillement ses cours au lycée ”, déplore-t-il.

 Après Sangmélima, le cap est mis sur Ebolowa ce mercredi 2 mars 2011, où le même type de manifestations pro- Biya est organisé avec des acteurs quasi semblables. Henri Sévérin Assembé affirme que ce déploiement rentre dans le cadre d’une campagne qui se déroulera sur toute l’étendue du territoire national. Buéa abritera sa part de marche le 16 mars prochain selon le chronogramme qui nous a été communiqué par les organisateurs. M. Assembé déclare que la marche d’hier constituait la 3ème étape d’une “ caravane nationale de mobilisation de la jeunesse pour la consolidation de la paix et le soutien au président de la république ”. Ladite campagne, fait-il observer, a été lancée le 10 février 2011 au boulevard du 20 mai à Yaoundé.

Pas se laisser surprendre

Si toutes ces manifestations se déroulent sereinement, avec la participation et la bénédiction des autorités, on se souvient que celles tout aussi pacifiques, organisées (par des leaders d’opinion se recrutant dans plusieurs sphères de la vie sociopolitique du pays) à Douala le 23 février dernier ont été fortement réprimées. Plusieurs leaders de l'opposition camerounaise ont ainsi affirmé avoir été victimes de violences policières ce jour-là, alors qu’ils venaient à peine d’entamer ces manifestations interdites quelques jours plus tôt. "Les gendarmes se sont acharnés sur moi avec une violence inouie", affirmait Jean Michel Nintcheu, député et responsable à Douala du Social democratic front (Sdf), principal parti d'opposition, qui avait appelé à un meeting à Akwa, au centre de la capitale économique. Des jeunes s’apprêtant à prendre part à cette marche ont également été dispersés à coup de gaz lacrymogènes. Des militaires en treillis ont depuis lors envahis les principales villes camerounaises, dormant parfois à la belle étoile ou dans leur camion aux couleurs de l’armée, question de ne pas se laisser surprendre par cette opposition décidée à pousser le président Paul Biya à capituler face aux revendications de la rue.

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