07/03/2011 06:25:49
Crise au Chantier naval: Chronique d'un conflit à "intérêts" partisans
Au moment où le gouvernement annonce à grand renfort de publicité la matérialisation des projets structurants, le Chantier naval et industriel du Cameroun reste otage des égoïsmes.
Le Messager
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Les attitudes singulières des parties prenantes de la crise au Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic) relancent quelques interrogations sur le rôle joué par les différents acteurs dans le feuilleton que vit cette entreprise depuis plusieurs mois. Comme Le Messager et nombres d’observateurs de la presse nationale et internationale le relevaient déjà, malgré la signature de la convention collective, la tension demeure au sein de cette entreprise.

C’est presqu’une lapalissade, nombre d’employés continuent de réclamer le départ du président du conseil d’administration du Cnic, Louis Claude Nyassa, ainsi que celui du directeur général adjoint, Antoine Bikoro Alo’o. Les raisons sont certes multiples (et parfois de basse échelle)  mais, pour l’essentiel, ces personnels estiment les deux personnes responsables de la déchéance de cette entreprise.
 
C’est que, l’entreprise de technologie maritime a perdu de sa superbe. Il n’est nul besoin de revenir sur la chute de son chiffre d’affaires dont les raisons restent à identifier. A défaut d’être clairement expliquée par les principaux dirigeants de l’entreprise (des responsables dont le mutisme laisse songeur). Surtout, le Chantier naval et industriel du Cameroun perd de sa substance. Dans le tintamarre provoqué par la grogne des personnels de cette entreprise, nombre de cadres ont décidé de quitter le navire. Pour ces cadres techniques et autres spécialistes de l’administration de cette entreprise devenus, par la force des choses, otages malgré eux des batailles souterraines qui ont fini par polluer l’atmosphère au sein de l’entreprise, c’était devenu la seule voie.

Entre autres, des sources citent M. Fokam aujourd’hui directeur général adjoint d’une société concurrente au Chantier naval, Jean Dorier, ex-directeur des opérations, Mama, Lieudop, Belinga, etc., ont tour à tour enlevé le bleu de chauffe pour aller chercher du travail ailleurs. Ces départs ont eu pour conséquence le renforcement des structures concurrentes et l’affaiblissement du Chantier naval et industriel du Cameroun déjà mal en point.

Conjoncture ou incompétence de l’équipe dirigeante ? Le Chantier naval connaît une chute conséquente de son chiffre d’affaires. En trois ans, celui-ci a chuté de 30 milliards/an pour atteindre les profondeurs avec un mièvre 6 milliards de Francs cfa. Un creux de vague qui intervient au moment où les observateurs les plus avisés conviennent de ce que cette entreprise évolue dans un contexte marqué par de fortes opportunités.  C’est dans ce contexte qu’intervient la nomination du nouveau directeur général de cette entreprise. Nommé à la tête du Chantier naval et industriel du Cameroun le 6 septembre 2010, nombre de spécialistes considèrent Moon Kwi-Ho comme l’homme de la situation pour mener à bien la restructuration de cette entreprise qui bat de l’aile. D’autant que le nouveau promu présente des compétences susceptibles de donner une impulsion nouvelle au Cnic et à l’expansion de son offre. Un choix d’autant plus judicieux que la Corée contrôle près de la moitié de la construction navale et de la réparation des navires dans le monde et que les entreprises de Moon Kwi-Ho sont parmi les plus florissantes du pays.

L’un des enjeux les plus suivis de l’heure au Cameroun reste sans doute la matérialisation du yard pétrolier de Limbé. La réalisation de cette infrastructure dont la mise en œuvre fut saluée en son temps par le chef de l’Etat en personne du temps de l’ex-dg Forjindam (photo), permettra, à en croire les experts, à cette entreprise de se doter de moyens lui permettant de satisfaire à la mise sur pied de certains projets structurants annoncés par le gouvernement, mais aussi d’accroître le revenu de son portefeuille. Un enjeu qui semble noyé dans les vagues de la lutte qui oppose les principaux leaders du Cnic. L’objet de la bataille étant l’obtention et le contrôle du budget alloué à la matérialisation de cet investissement d’importance.

Faut-il y voir, comme l’évoquent certains observateurs, la main mise d’une connexion décidée à préserver les intérêts d’un groupuscule d’individus ? Ou alors, la crise permanente que vit le Chantier naval n’est-elle finalement pas la conséquence d’un mode de gestion politique rompu au contrôle des prébendes? Des questions dont les bribes de réponses au quotidien laissent croire que dans la gestion de la crise du Chantier naval dont les commanditaires tirent impunément les ficelles dans l’ombre, seuls comptent les intérêts partisans des parties prenantes.

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