10/03/2011 01:24:55
Décadence: Comment le gouvernement tue le Chantier naval
Entre l’ambition de faire de l’entreprise un élément déterminant dans la relance de l’économie nationale et les attitudes de certains acteurs de la crise que connaît cette société, le chantier naval se meurt.
Le Messager
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S’achemine-t-on vers une crise plus complexe au Chantier naval et industriel du Cameroun ?  Pour faire face à l’arrêt de travail suscité par les ex-temporaires de cette entreprise le 8 mars dernier, le directeur délégué du Cnic, Moon Kwi-ho, en présence du préfet du département du Wouri, Bernard Okalia Bilaï, a promis le paiement d’une partie des droits réclamés par ces ex-travailleurs saisonniers. Selon certaines sources, la somme engagée par le patron du Cnic serait évaluée à 300 millions de Fcfa près du quart du milliard 343 millions obtenus par l’inspection régionale du travail du Littoral.

Si la somme indiquée pour le paiement de la première tranche des droits sociaux des ex-temporaires du Chantier naval nourrit la polémique et est remise en cause par la direction de l’entreprise, la question demeure dans la capacité et l’opportunité du Chantier naval à solder ces employés. D’autant que la direction de l’entreprise annonce le paiement de la première partie le 11 mars prochain, tandis que la dernière partie sera apurée “à la fin du mois en cours.”

 
L’annonce faite par le directeur général délégué du Chantier naval intervient dans un contexte marqué par des difficultés de trésorerie prônée par les dirigeants de cette entreprise. Mais aussi, au cours de la crise “ à répétition ” que connaît cette entreprise, la promesse faite par le responsable coréen traduit une crise sourde entre l’entreprise camerounaise de maintenance maritime et le ministre camerounais des Finances. A en croire des sources proches de la direction du Chantier naval et industriel du Cameroun, “tout dépend de la volonté du ministre des Finances pour que ce problème soit résolu.” une résolution qui ne semble émouvoir le moins du monde Essimi Menyé.

A en croire des sources proches du ministère des Finances, le paiement des droits sociaux des ex-temporaires du Chantier naval “ne fait pas partie des priorités” du patron de cette institution. Un ajournement présumé qui serait lié au non paiement des employés des ex-employés des ex-entreprises de l’Etat. Des sociétés dont la plupart ont bouclé leur processus de liquidation et n’attendent que le paiement des droits des ex-travailleurs. C’est à ce titre que les employés des ex-Oncpb, Regifercam, et autres Camair restent dubitatifs sur le paiement de leurs droits au moment où les liquidateurs, pour l’essentiel, ont livré leurs rapports.

Les incertitudes autour du climat social au Chantier naval et industriel du Cameroun restent vives du fait de “l’incapacité” dont font montre les dirigeants de cette entreprise, à pallier au règlement des dettes de cette entreprise vis-à-vis de ces anciens prestataires. Une incapacité qui, à en croire des sources proches de la direction, serait liée à la chute des recettes de cette entreprise depuis quelques années, mais aussi “c’est dans les prérogatives du ministère des Finances de régler ce type de problème ”, comme l’affirme sous cape un haut fonctionnaire de cette institution.

Face aux difficultés que connaît cette entreprise, y a-t-il lieu de croire à des lendemains meilleurs ici ? A priori, les attitudes de certains acteurs gouvernementaux ne contribuent t-elles pas à amplifier cette crise dont les impacts les plus perceptibles sont la chute de son chiffre d’affaires et l’émoussement de la dynamique relevé par le Coréen appelé à la rescousse par le gouvernement camerounais en vue de la relance de ce secteur que des observateurs disent déterminant dans la réalisation des projets structurants prônés au sommet de l’Etat ? En outre, le climat de dualité et d’affrontement nourri par le gouvernement ne favorise t-il pas la décadence de cette entreprise ? Pour nombre d’observateurs de la crise que vit le Chantier naval et industriel du Cameroun, le questionnement repose surtout sur la capacité de nuancer l’impact des prébendes politiques sur l’atteinte des objectifs financiers et l’amélioration des performances de l’entreprise. Une adéquation qui semble entretenue pour des raisons inavouées. Au grand dam du Chantier naval du Cameroun, une entreprise qui se meurt la totale indifférence du gouvernement.

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