30/12/2017 03:22:07
Le Cameroun de 2017 ressemble étrangement à Haïti de 1986 ! (Prof. Vincent-Sosthène FOUDA)

Les rumeurs vont dans tous les sens, il suffit d'un rien pour qu'on se retrouve embastillé dans l'une des nombreuses prisons surpeuplées du pays. Ici on connaît plus la prison de Kodengui et celle de New Bell, mais il y a Ngoumou, Mbalmayo, Bafia, Tcholiré, le Secrétariat d'État à la Gendarmerie, Yoko etc. Toutes ces prisons à quelques exceptions, construites peu après l'indépendance n'obéissent plus à aucun standard mais ici personne n'a le temps de s'occuper du bien-être des prisonniers alors que les hommes libres peinent à joindre les deux bouts. Le Cameroun autrefois pays d'accueil, de musique, d'écrivains et pourvoyeur de sportifs de talent est le Haïti de 1986 quand y régnait « Baby Doc ».

TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille



Les rumeurs vont dans tous les sens, il suffit d'un rien pour qu'on se retrouve embastillé dans l'une des nombreuses prisons surpeuplées du pays. Ici on connaît plus la prison de Kodengui et celle de New Bell, mais il y a Ngoumou, Mbalmayo, Bafia, Tcholiré, le Secrétariat d'État à la Gendarmerie, Yoko etc. Toutes ces prisons à quelques exceptions, construites peu après l'indépendance n'obéissent plus à aucun standard mais ici personne n'a le temps de s'occuper du bien-être des prisonniers alors que les hommes libres peinent à joindre les deux bouts. Le Cameroun autrefois pays d'accueil, de musique, d'écrivains et pourvoyeur de sportifs de talent est le Haïti de 1986 quand y régnait « Baby Doc ».

«Le Cameroun est vraiment l'enfer sur la terre ». A l'appui de cette affirmation catégorique, nous ne pouvons que penser à ce qu'écrivait Richard West dans un article publié le 29 avril 1966 par le New Statesman que le gouvernement du Dr Duvalier avait « pillé, torturé, assassiné sur une échelle qui dépasse tout ce que l'on avait vu auparavant en Amérique latine ». Le Cameroun n'est pas différent. L'écrivain contestataire Mongo Beti meurt le 8 octobre 2001 après avoir été privé de dialyse à l'hôpital général de Yaoundé ! Les décès comme celui-ci sont légion dans le pays du président Paul Biya. Le 31 mai 2017, c'est la voiture de l'évêque Jean Marie Benoît Bala du diocèse de Bafia, diocèse rural et homme sans histoire qui est retrouvé garée sur le pont de la Sanaga à Ebebda. Le 2 juin le corps sans vie de ce grand nageur est extrait des eaux de la Sanaga, ici personne n'est dupe Jean-Marie Benoît Bala ainsi que l'affirme le président de la Conférence  des Evêques du Cameroun a été brutalement assassiné. Le 12 juin, le ministre d'État ministre de la justice garde des sceaux, passe un coup de fil au procureur Jean-Fils Ntamack :

- Bonjour mon procureur, alors l'évêque toujours dans l'eau ?
- Non excellence, cette fois il est bien chez son dieu !
Ainsi parle-t-on des vies humaines supprimées au Cameroun du Président Paul Biya. Paul Biya parlons-en, est arrivé au pouvoir avec des slogans, rigueur et moralisation ainsi qu'un plan d'industrialisation qui resta dans les archives, tandis que les besoins augmentaient au rythme d'une natalité surabondante dont le taux atteindrait près de 6 %. La mortalité, et surtout la mortalité infantile, est, il est vrai, la plus élevée en Afrique centrale aujourd'hui. En l'absence de toute statistique précise, on l'évalue à 4,2 %. Un taux d'accroissement qui se situe par conséquent entre 2 et 3 % a eu pour effet de doubler en vingt ans la population de ce pays du Golfe de Guinée qui ne fait que s'enfoncer dans la misère. vingt-cinq millions et demi d'habitants vivent sur un territoire qui équivaut à peine au vingtième de la superficie du Québec. La densité est la plus élevée de la sous-région : 150 habitants par kilomètre carré.


Et l'on estime que seul un quart de la superficie cultivable est effectivement exploité. Le sol cultivable est confisqué par 1 % de l'oligarchie qui se procure des titres fonciers par des tours de passe passe pendant ce temps la jeunesse ère dans les rues ou alors réduite en esclavage dans le désert libyen.

Des universitaires adulés sur la place publique appellent à brûler sur un grand bûcher fait de bois et de haine un de leur collègue dont la seule arme est la plume et la pioche titre d'un ouvrage du sociologue Jean Marc Ela mort en exil à Vancouver au Canada le 26 décembre 2008 ; Alain Patrice Nganang ! Quel est ton son crime ? « Outrage à chef de l'Etat » dit-on. Cette épisode Nganang cache moins les maisons incendiées avec leurs occupants dans Nord Ouest où depuis le début de la crise dite anglophone, les écoles, les dispensaires, les postes de gendarmerie et de police flambent comme des torches dans l'indifférence de tous. Le crime est partout présent dans ce Cameroun de 2017 qui s'en va mais reste présent dans l'esprit des camerounais, avec des dizaines de femmes, de filles et enfants éventrés, des hommes arrachés de la chaleur du lit de leurs femmes en pleine nuit nour ne plus donner signe de vie. Doux pays autrefois, ô douce maison de repos expéré où celui qui rentre n'en sort pas. Que de mères n'ont pas pas fini leurs deuils ! Que de fils, de filles pleurent encore leurs disparus ! (…) Liberté d'expression bâillonnée, régime de terreur, dictature de la pensée unique, pillage dans les caisses de l'État, misère, cerveaux contraints à l'exil, terreur institutionnalisée, exécutions sommaires, Assemblée Nationale en feu, image répugnante du pays dans la conscience collective mais peuple debout dans une longue marche vers la quête de la liberté.

 



Par Prof. Vincent-Sosthène FOUDA

Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE