03/01/2018 16:20:16
R.D. Congo : Selon Mgr Monsengwo, les agissements des forces de répression ne sont ni plus, ni moins que de la barbarie

Un qui est particulièrement rebuté par le massacre dimanche des manifestants congolais  sortis par centaines de milliers pour exiger de Kabila le respect  des termes des accords de la Saint Sylvestre 2016, C'est le Cardinal Laurent Monsengwo, Archevêque de Kinshasa.

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Un qui est particulièrement rebuté par le massacre dimanche des manifestants congolais  sortis par centaines de milliers pour exiger de Kabila le respect  des termes des accords de la Saint Sylvestre 2016, C'est le Cardinal Laurent Monsengwo, Archevêque de Kinshasa.

« Nous ne pouvons que dénoncer, condamner et stigmatiser les agissements de nos prétendus vaillants hommes en uniforme qui traduisent malheureusement, et ni plus ni moins, la barbarie. », a affirmé l'homme d'église dans une déclaration qu'il a faite mardi, non sans constater que « Ce n'est plus un secret pour personne que le climat du pays est caractérisé par un regain de peur et d'énervement, d'incertitude, sinon de panique.»


La réaction du prélat est une illustration parfaite du soutien de l'église catholique aux manifestations anti-Kabila du 31 décembre 2017, qui demandaient à celui qui a pris la R.D. Congo en otage, et se comporte avec ses militaires et policiers comme une force d'occupation vis-à-vis du peuple de ce pays, de déclarer officiellement qu'il  ne sera pas partie prenante à  la prochaine élection présidentielle.

La Conférence Episcopale Nationale Congolaise qui avait été la première à désigner le Général d'opérette Joseph Kabila comme le véritable problème de ce pays, et à lui demander de déclarer qu'il n'est pas candidat à la présidentielle de 2018 a publié lundi un communiqué dans lequel elle affirmait que même sans avoir soutenu officiellement la marche de dimanche, elle ne la désapprouvait pas non plus.


Declaration du Cardinal Laurent

Monsengwo en marge de la marche

du 31 décembre 2017 –

Kinshasa, le 02/01/2018

Chers frères et sœurs,
Ce n'est plus un secret pour personne que le climat du pays en général et de la capitale en particulier est caractérisé par un regain de peur et d'énervement, d'incertitude sinon de panique.

Nous sommes témoins d'incidents malheureux survenus le dimanche 31 décembre 2017 lors de la marche pacifique et non violente organisée par le comité laïc de coordination, dans le but de réclamer l'application réelle de l'Accord politique global et inclusif du Centre Interdiocésain de Kinshasa (Accord de la Saint-Sylvestre), accord violé volontairement. Ceci crée un malaise socio-politique que traverse notre cher et beau pays, la RD Congo (cf. Message de l'Assemblée plénière extraordinaire des Evêques de la Cenco, 24 novembre 2017).

Nous ne pouvons que dénoncer, condamner et stigmatiser les agissements de nos prétendus vaillants hommes en uniforme qui traduisent malheureusement, et ni plus ni moins, la barbarie.

Nous en voulons pour preuves : le fait d'empêcher les fidèles chrétiens d'entrer dans les églises pour participer à la messe suivant l'ordre reçu d'une certaine hiérarchie militaire, le jet de gaz lacrymogène pendant la célébration eucharistique dans les différentes paroisses de Kinshasa, le vol d'argent, d'appareils téléphoniques, la poursuite, la fouille systématique des personnes et de leurs biens dans l'église et dans les rues, l'entrée des militaires dans les cures de quelques paroisses sous prétexte de rechercher les semeurs des troubles, les tueries, les tirs à balles réelles et à bout portant sur des chrétiens tenant en mains bibles, chapelets et crucifix, les arrestations des prêtres et fidèles, etc.

Nous demandons aux uns et aux autres de faire preuve de sagesse et de retenue. Que des mystifications présentées comme informations véridiques et fiables. Il est temps que la vérité l'emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo.

Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables des protéger la population, de garantir la paix, la justice, l'amour du peuple ? Comment ferons-nous confiance à des dirigeants qui bafouent la liberté religieuse du peuple, liberté religieuse qui est le fondement de toutes les libertés (cf. Benoît XVI, Liberté religieuse, chemin vers la paix) ?

Le sait-on, la liberté religieuse est un élément essentiel de l'Etat de droit, on ne peut la nier sans porter atteinte à tous les droits et aux libertés fondamentales. L'instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer des intérêts occultes comme par exemple l'accaparement des ressources, des richesses, le maintien au pouvoir par des méthodes anti-constitutionnelles, peut provoquer et provoque des dommages énormes aux sociétés, en l'occurrence la nôtre.

Nous voulons un Congo des valeurs et non d'anti-valeurs.

Puisse le Seigneur accorder à notre pays une paix durable dans la justice et la vérité, et à nos morts pour la liberté, le salut éternel

Le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya



Il n'en reste pas moins que le régime Kabila qui n'éprouve plus aucune honte et multiplie les violations de la parole donnée, ne pliera pas simplement parce qu'il y a une énorme levée de boucliers des homes politiques, du clergé, et de la Communauté internationale, y compris de l'ONU et de l'Union Africaine. Il a certainement besoin d'entendre un autre langage, autrement, celui de la terreur qu'il utilise en réactions aux aspirations démocratiques du peuple congolais. Jusqu'ici, il a pris pour prétexte  les bandes armés présentés comme d'origine étrangère et empêchant dit-il de mettre sur pied sereinement le processus d'alternance  à la tête de l'Etat, alors qu'elles sont montés et manipulées par lui-même aux fins  de dilatoire.


Ndam Njoya Nzoméné

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