11/03/2011 02:57:21
Les conteneurs suspects de l'Onu sont arrivés Douala
Sous haute instruction du chef de l’Etat, la cargaison de l’Organisation des Nations unies devrait passer au scanner ce jour.
Le Messager
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Au lotissement du Groupement mobile d’intervention (Gmi) N°2 au quartier Bonanjo à Douala, l’ambiance semble sereine. Seule préoccupation en ce jour du 10 mars 2011, le délégué régional de la Sûreté nationale pour le Littoral, Joachim Mbida Nkili, devise non loin de l’entrée centrale de la bâtisse avec des hommes en civil. L’on apprendra plus tard, de sources policières, qu’il s’agirait du commandant de légion de la gendarmerie de l’Est et de ses proches collaborateurs, ainsi que certains hauts gradés de la police locale. Non loin de là, sur l’esplanade du stade du Gmi N°2, dix-sept camions gros porteurs sont garés.

Pour la plupart estampillés “Un (United nation, Ndlr)”, chacun est porteur  de deux containers. La particularité étant que : les containers, au lieu d’être accessibles aux contrôles de police, de gendarmerie et …de la douane, sont à l’envers, empêchant toutes vérifications. Sur le coup, comme nous l’annoncions dans notre édition du 10 mars dernier, nous apprendrons qu’il s’agit des camions soupçonnés de transport d’armes interpellés dans la ville de Bertoua qui “ont été renvoyés à Douala pour un contrôle approfondi ”.

Dans l’intervalle, un autre gros porteur fait sont entrée dans l’enceinte du Groupement mobile d’intervention : il s’agit d’un camion plateau portant un char lance eau. Une cargaison qui porte à dix huit le nombre de camions interceptés par les forces de défense camerounaises, sous l’initiative d’un officier de police de deuxième grade dont l’identité n’a pas été relevée.

A en croire les chauffeurs “particuliers” que nous avons rencontrés au Gmi du Littoral, il s’agirait d’une transaction classique entre un client et des camionneurs. “Les manifestes qui nous ont été présentés au moment de l’embarquement font état d’une cargaison de matériels logistique.” Reste que même les conducteurs sont dubitatifs sur le mode de chargement initié par leurs clients. En effet, “les conteneurs garés au Gmi de Bonanjo gardent les scellés fermés sur l’intérieur.” Une disposition qui ne permet pas au service de Douane de procéder aux vérifications d’usage régulières.

Selon des sources policières proches du Groupement mobile d’intervention N°2  du Littoral, le transfert de ces cargaisons dans la ville de Douala répond à deux préoccupations. “La hiérarchie laisse entendre que les camions qui sont arrivés doivent d’abord passer au scanner au port de Douala pour qu’on sache ce qu’ils contiennent. Et aussi de respecter le secret diplomatique dont jouissent les Nations unies”.  Une opération qui devrait débuter ce jour.

Toutefois, comme nous le précisions dans l’édition du Messager du 10 mars 2011, des sources sécuritaires proches des forces de l’ordre de l’Est précisent “qu’un homme de nationalité libanaise dont l’identité ne nous a pas été communiquée, se serait présenté nuitamment aux chauffeurs” pour le convaincre de prendre la poudre d’escampette. Une opération qui n’a pas été admise. Toutefois, des sources introduites laisses entendre que ledit Libanais serait un cadre de l’entreprise “Tractafric”. Une entreprise, à priori, spécialisée dans la fourniture du matériel mécanique.

Selon des sources proches des services de sécurité de la région de l’Est, trois autres gros porteurs étaient encore stationnés dans la ville de Bertoua, au moment où nous allions sous presses. Néanmoins, près d’une trentaine de camions gros porteurs avaient pris la destination de Douala. “Ces camions doivent passer la nuit au Secrétariat d’Etat à la défense (Sed, Ndlr) à Yaoundé cette nuit. Et arriver à Douala demain (ce jour, 11 mars 2011, Ndlr).”, confiait alors une source introduite à Yaoundé.

L’affaire, comme nous l’annoncions dans notre édition précédente édition présente des enjeux importants pour le gouvernement camerounais. La préoccupation manifeste du chef de l’Etat aurait conduit, comme l’affirment de nombreuses sources,  à une instruction à l’endroit des forces de sécurité pour que dès ce 11 mars 2011, lumière soit faite sur les présomptions autour de ces containers à problème. Affaire a suivre.

* La titraille est de la rédaction

Jean Francois Channon

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