19/03/2011 14:45:20
Bénin/présidentielle: l'opposition conteste la réélection de Boni Yayi
Boni Yayi est sûr de sa victoire et Adrien Houngbedji attend le second tour
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La confusion règne au Bénin. Les partisans du président sortant Boni Yayi tout comme ceux de son grand rival Adrien Houngbedji revendiquent la victoire au premier tour du scrutin présidentiel de dimanche dernier au Bénin, faisant craindre un nouveau différend électoral en Afrique de l'Ouest. Boni Yayi, 58 ans, affrontait 14 autres candidats, dont son principal opposant Adrien Houngbdeji, 69 ans, qu'il avait battu au second tour en 2006. Dans l'attente, les deux camps rivaux ont diffusé leurs propres chiffres, chacun affirmant être en tête du scrutin. Le camp du président sortant, Boni Yayi est sûr de sa victoire dès le premier tour. Le porte-parole du candidat, Marcel de Souza, a déclaré que Yayi arrivait en tête avec « plus de 55 % des voix », après un calcul basé sur 80 % des suffrages exprimés. De son côté, l’opposition emmenée par le candidat Adrien Houngbédji, dénonce des fraudes et s’apprête à contester les résultats, en cas de victoire de Boni Yayi dès le premier tour. Candidat à la présidentielle pour la quatrième fois, Adrien Houngbédji revendique être en tête avec 40 % des suffrages.

Plusieurs centaines de militants de l’Union fait la Nation (UN) ont réclamé le rejet des votes d’une région du nord pour violation des dispositions légales et entamé depuis mercredi 16 mars un sit-in devant la Commission électorale à Cotonou. Des camions sont arrivés de la région du Borgou (nord) transportant des cantines contenant les résultats du vote vers la Commission électorale nationale autonome (Cena). Ces cantines, selon l'opposition, devraient être sous scellés mais ne l’ont pas été. Selon la loi électorale, toute les cantines contenant les procès verbaux de dépouillement doivent être gardées sous scellés, lors du transfert des lieux de dépouillement à la Cena qui, seule, est habilitée à les ouvrir en présence de tous ses membres. Très ferme, la Cena s’est empressée de contredire les propos du camp de Houngbédji. Ces vives tensions interviennent dans un climat déjà très mouvementé. Le vote avait été reporté à deux reprises pour permettre la finalisation de la liste électorale, nouvellement informatisée, et comptant 3,5 millions d’inscrits.

                                  L'opposant Adrien Houngbédji à Cotonou le 11 mars 2011

L’opposition dénonçait l’omission de 700 000 électeurs non inscrits, et un nombre conséquent de cartes non distribuées. Les deux jours précédant l’élection, une opération de repêchage avait permis de récupérer 80 000 électeurs. Et le scrutin lui-même a été marqué par de nombreux dysfonctionnements, même si les observateurs internationaux ont exprimé leur satisfaction globale sur le déroulement du vote.

Bien que la Cour constitutionnelle n’ait encore aucun chiffre à son niveau et que la CENA déclare donner les tendances bientôt, certains organes de presse ont annoncé dans leurs parutions, la probabilité d’un KO de Boni Yayi qui l’aurait emporté dès le premier tour sur ses adversaires. Cette tendance relayée par dame rumeur dans des radios et chaînes de télévision a fait sortir de son gong, Me Adrien Houngbédji, candidat unique de l’opposition et principal challenger du président sortant. Me Houngbédji dénonce une manœuvre d’intoxication du camp adverse qui, par voie de tracts et de presse, prétend qu’il n’y aurait pas un deuxième tour d’élection présidentielle.

Journal du Cameroun

*Titre AFP

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