04/03/2018 19:28:52
Cameroun: Un journaliste séquestré et torturé des heures durant au domicile de Mebe Ngo'o, ministre limogé le 02 mars

Journaliste au quotidien camerounais Le Jour, Caristan Isseri a été séquestré et torturé pendant plusieurs heures au domicile du ministre Edgard Alain Mebe Ngo'o.

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Journaliste au quotidien camerounais Le Jour, Caristan Isseri a été séquestré et torturé pendant plusieurs heures au domicile du ministre Edgard Alain Mebe Ngo'o.

L'incident a eu lieu samedi 03 février, alors que le journaliste s'était rendu au domicile du désormais ancien ministre des Transports  pour un reportage, suite au réaménagement du 02 mars qui a éjecté ce dernier du gouvernement.

Un débarquement "inélégant" qui a rendu Edgard Alain Mebe Ngo'o inconsolable, quoique selon certaines mauvaises langues, il n'avait accepté ce portefeuille ministériel "au rabais" qu'à contre-cœur, lui qui avait été le tout-puisant ministre délégué à la présidence chargé de la Défense.

A en croire nos confrères de a ctucameroun.com, le journaliste qui voulait recueillir les impressions de l'ex-membre du gouvernement suite à sa non reconduction  a été plutôt séquestré et copieusement malmené pendant des heures avant d'être remis en liberté.

Il est à rappeler que c'est sous le magistère de Mebe Ngo'o au ministère des Transports qu'un grave accident ferroviaire ayant fait des centaines de morts selon les témoins et les survivants, un peu plus de 80 morts selon le ministre camerounais de la Communication Issa Tchiroma, a eu lieu à Eséka en octobre 2016.  

Le ministre des Transports dont l'implication dans des dossiers louches -du temps où il était en charge de la Défense nationale- alimente régulièrement l'actualité camerounaise, voire internaltionale, fut à l'époque pointé du doigt, comme l'autorité ayant instruit à la compagnie ferroviaire, Camrail d'ajouter des rames au train 152 à destination de Douala, dans le but de faire face à la demande des usagers qui ne pouvaient pas rejoindre Douala, à cause de l'effondrement la veille, d'une buse sur l'axe Yaoundé-Douala.

Compte tenue de la mauvaise gestion de cette catastrophe, ainsi que des antécédants problématiques liés à la gestion du ministère de la Défense au sujet de laquelle il aurait maille à partir avec la justice française, sans oublier les nombreuses difficultés de la compagnie aérienne publique, Camair-co, et les dernières dénonciations portant sur la mauvaise gestion des Aéroports du Cameroun, son limogeage du gouvernement paraissait la chose la plus logique qu'eut pu faire le président Biya.

Mais cela lui est manifestement resté en travers de la gorge, d'où le traitement réservé au journaliste qui, en se présentant chez lui pour receueillir son sentiment, a semblé parler de la corde dans la maison du pendu ou remuer le couteau dans une plaie vive.

Il suffisait pourtant que le ministre se comporte comme les chrétiens en disant avec un zeste d'humilité pieuse : "C'est le président qui donne, c'est lui qui reprend. Tout ce qu'il fait est bon pour ses enfants".

Aux dernières nouvelles, le journaliste (photo ci-dessus) qu'il a pris pour son souffre-douleur de choix serait interné dans un hôpital où il reçoit des soins suite au mauvais traitement ex-ministériel reçu.

Voici la rédaction de son patron Haman Mana, directeur de publication du journal Le Jour, pris sur sa page Facebook:


ET REVOLTE !!!

Caristan Isseri est un jeune journaliste qui a rejoint la rédaction du Jour il y a deux ans, à sa sortie de l' Esstic. Il exerce avec beaucoup de professionalisme et nous lui reconnaissons une belle marge de progression.
Après le réaménagement du gouvernement vendredi dernier, pour ne pas faire le plan-plan de l'ambiance chez les promus, nous avons décidé d'aller voir aussi chez les déchus.
Caristan est chargé d'aller voir du côté de chez Mebe Ngo'o, ancien ministre des Transports. Le jeune garde à qui il s'est présenté devant la résidence l' invitera à l'intérieur de la résidence. C'est alors que commencera son calvaire auprès de la garde prétorienne : pendant six heures, mon jeune confrère subira : coups et humiliation... déshabillé, enfermé dans la cage aux chiens, aspergé d'eau et j'en passe.
Afin que pareille barbarie n'arrive plus, Le Jour luttera.

Ndam Njoya Nzoméné

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