23/03/2011 03:33:39
Libye: Manifestation contre la coalition à Ngaoundéré
Un certain André Guiyam ,42 ans, s’est jeté dans la rue lundi dernier pour exprimer son indignation contre les assauts occidentaux en libye.
Le Messager
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L’après-midi du 21 mars dernier n’avait rien d’ordinaire pour les commerçants et nombreux piétons du “ carrefour El Hadj Abbo ”, sis au “ petit-marché ” de Ngaoundéré. Les multiples va-et-vient habituels des automobilistes sont spontanément interrompus, le temps d’une manifestation publique hors du commun : sorti de nulle part, un rasta man habillé en petite culotte et aux couleurs du Cameroun (vert-rouge-jaune) a littéralement  occupé la voie publique. “ Je l’ai vu arriver là au carrefour au-delà de 13h, avec sa pancarte et son caleçon anglais. Il n’a pas fait de bruit, mais il est resté debout sur le soleil sans rien dire ”, a confié un commerçant au “ petit-marché ” de Ngaoundéré.  Au moment où nous mettions sous presse, le manifestant, à la mine colérique, brandissait une pancarte assez explicite “ Non à l’impérialisme ; qu’est-ce qu’on appelle insurgés (ndlr : par rapport à la situation libyenne)? Qu’est-ce qu’on appelle forces nouvelles (ndlr : crise ivoirienne) ? Qu’est ce qu’on appelle commandos invisibles (crise ivoirienne) ? ”.

“ C’est une initiative personnelle, c’est ma façon à moi de marquer mon mécontentement contre les Occidentaux”, a martelé André Guiyam qui se dit favorable à la vision panafricaniste du guide libyen Mouammar Kadhafi.  La nouvelle a très rapidement fait le tour de la ville et mobilisé des centaines de curieux. Le regroupement des “ benskineurs ” sur le lieu de la manifestation a pratiquement “ asphyxié ” la circulation au carrefour El Hadj Abbo. Un élément de l’équipe spéciale d’intervention rapide (Esir), vraisemblablement en poste à l’intérieur du “ pétit-marché ” de Ngaoundéré, est intervenu pour dissiper la meute qui s’est spontanément formée autour de l’initiateur. André Guiyam sera finalement embarqué par le flic à bord d’une moto pour le  commissariat central de Ngaoundéré, où il a été entendu sur procès verbal. Le “ rastaman ” a été relaxé une heure après l’interrogatoire. Les enquêteurs ont gardé sa carte d’identité nationale, il est dorénavant placé “ en observation ” dans un délai d’un (1) mois.


André Guiyam

Le manifestant contre l’intervention militaire en Libye menace de se donner la mort si la situation persiste: “ Je vais me pendre si  l’assaut militaire en Libye s’accentue”

Qu’est-ce qui explique votre sortie plutôt inattendue ?

C’est la colère. Cette façon dont l’Occident prend les problèmes et leurs façons de les résoudre au détriment de peuples africains. Actuellement, au nom d’une personne, ils tuent des milliers des personnes, détruisent tout un pays. Ce qu’ils ont fait en Irak, il ne peuvent pas le faire en Afrique. Nous ne fabriquons pas des armes. Qu’est-ce qu’on appelle des insurgés ? Ce sont des bandits armés. Ils utilisent une minorité pour déstabiliser tout un pays ; parce qu’ils veulent exploiter ce pays. C’est ce qu’ils font en Côte-d’Ivoire. Qu’est ce qu’on appelle “ commando invisible ” ? “ Forces nouvelles ” ? Quel parti politique au monde a une armée ? Mais Ouattara a une armée en Côte d’Ivoire. J’ai initié cette marche pour que le monde entier m’entende, pour comprendre que par rapport à ce qu’ils font, il y a des citoyens ailleurs comme moi qui sont touchés. Ça peut arriver chez moi au pays et je vais me retrouver en forêt.

Parlez-nous de votre interpellation au commissariat central de Ngaoundéré ?

Ils m’ont pris au niveau du carrefour et ils m’ont conduit au commissariat central ; ils m’ont entendu sur procès-verbal. Ils m’ont posé des questions pourquoi je manifeste ; je me suis expliqué. Ils m’ont demandé pourquoi j’ai choisi le carrefour “ El Hadj Abbo ”; je leur ai dit : parce que c’est l’entrée du marché et chaque famille a au mois une personne qui va au marché chaque jour. Il fallait que je me fasse entendre. Après le commissariat, on m’a amené chez le préfet.

Jusqu’où comptez-vous aller pour vous faire entendre?

Pour le moment, j’ai arrêté parce qu’il fallait que le monde entier m’entende d’abord ; et il faut qu’ils arrêtent ce qu’ils font en Libye et qu’ils ne soutiennent pas les rebelles en Côte-d’Ivoire. Et puis, je ne vais pas m’immoler comme en Tunisie, si ça continue, je vais me pendre pour que cela s’arrête en Afrique. Je dis que je vais me pendre pour que ça s’arrête. Je vais me pendre si ça continue. Je vais me pendre...

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