24/03/2011 00:52:59
L'institution d'une force internationale contre les régimes sales et illégitimes
Tous les truands installés à la tête des Etats et qui se plaisent à changer les constitutions au gré de l’évolution de leur cancer prostatique, n’auraient jamais osé se livrer à ce jeu qui, à long terme, ressemble à un jeu d’enfants s’amusant avec des allumettes, s’il existait une institution organique prédisposée pour les châtier et contrarier leurs plans...
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Le juste corollaire des exigences nouvelles d’organisation sociale et de gouvernance politique débouchera, à terme, sur la constitution d’une force internationale spécialement chargée de chasser les dictateurs par la force et de tuer dans l’œuf, toute velléité de dérapage, à l’instar des tripatouillages de la loi fondamentale. La situation du monde telle qu’elle se présente aujourd’hui, semble de plus en plus intenable pour les champions de la mauvaise gouvernance. L’organisation mondiale la plus représentative et la plus respectueuse, ne pourra plus se limiter à constater les dégâts et à envoyer des forces pour assurer l’interposition entre des belligérants, ou assurer le maintien de l’ordre après l’orage des guerres civiles suscitées par des régimes sales.

En effet les Ben Ali de Tunisie et tous les autres voyous du genre au sud du Sahara, puisent leur courage dans une évidente résignation complice des autres dirigeants du monde. Or d’un point de vue pratique, le prix à payer pour réparer les préjudices causés par cette pléiade de dictateurs est tellement élevé, qu’il va bientôt apparaître salutaire pour tous et pour chacun sur la scène internationale, que prévenir vaut effectivement mieux que guérir. Les dommages pour le monde dans son ensemble sont en effet colossaux, si l’on envisage une petite évaluation des ravages des régimes dictatoriaux qui ont proliféré et prolifèrent toujours impunément dans le monde. Une force internationale active deviendrait le pendant complémentaire et indissociable de toute avancée transformatrice et prometteuse pour la généralisation du respect des droits de l’Homme, des libertés fondamentales et des principes de la bonne gouvernance.

Tous les truands installés à la tête des Etats et qui se plaisent à changer les constitutions au gré de l’évolution de leur cancer prostatique, n’auraient jamais osé se livrer à ce jeu qui, à long terme, ressemble à un jeu d’enfants s’amusant avec des allumettes, s’il existait une institution organique prédisposée pour les châtier et contrarier leurs plans. Il s’agit d’offrir aux peuples une véritable raison de croire en un monde solidaire et uniforme, en ce qui concerne les fondements et les principes démocratiques, de la bonne gestion, et de la prise en charge effective des aspirations du plus grand nombre.

La nouvelle éthique se mettra ainsi en place, mais alors, en englobant une obligation de rectitude morale pour tous les responsables civils et politiques de tous les pays du monde. Ce qui fait la contestation des normes anciennes et des politiques diplomatiques qui en découlent, c’est le sentiment pour certains citoyens éclairés de la périphérie, d’une logique de sanctions et de rigueur internationale appliquant la discrimination. Or il est constant, et les compromissions de la classe politique française en Tunisie l’ont encore mis en exergue, que le traitement des faits et des événements mondiaux serait largement conditionné par des relations d’intérêt sans aucun rapport avec le respect des grands principes éthiques. Le scandale révélé lors de la mise en œuvre de la résolution de l’Onu pétrole contre nourriture à la suite de la première guerre du Golfe, laquelle fut baptisée, a apporté une preuve irréfutable du jeu trouble des dirigeants occidentaux. L’on se souvient que le vice-président des Etats-Unis, et le secrétaire général de l’Onu, s’étaient retrouvés au centre des controverses, et par ailleurs que de nombreuses sociétés dans lesquelles les dirigeants de premier plan détenaient des actions, étaient les principaux bénéficiaires des milliards de dollars générés par cette résolution.

Dans cette optique, les relations d’intérêt coupables qui ont entraîné le départ de la ministre française des Affaires étrangères, madame Michèle Aliot Marie, ne sont qu’une goûte d’eau dans l’océan des compromissions qui manipulent les relations internationales, au profit des dictateurs et de toutes sortes de réseaux mafieux. Ce n’est un secret pour personne que les dictateurs qui écument les colonies françaises d’Afrique ont, depuis des décennies, alimenté les comptes des dirigeants politiques parisiens. C’est tous les jours que ces prédateurs pour qui la démocratie et les droits de l’homme s’arrêtent aux frontières du contient, sont reçus à divers titres dans les palais insolents des potentats nègres, et pour en repartir avec des mallettes consistantes en devises diverses. L’histoire risque de retenir qu’en 2011, une révolution commencée en Tunisie par le désespoir d’un citoyen ordinaire a changé la face géopolitique du monde, bousculé les évidences, révélé des scandales insoutenables, et mis fin à la cabale pernicieuse de ces hommes puissants de la métropole qui viennent puiser trop facilement l’argent dans les tiroirs des dirigeants illégitimes.

La nouvelle éthique démocratique, interventionniste et radicalement exigeante dans sa substance politique, morale et légale, s’appuiera inévitablement sur la prééminence des valeurs dialectiques contraignantes pour tous les citoyens du monde. La liberté du commerce et des échanges constitue, à n’en pas douter, un handicap important qu’il faudra contrôler et maîtriser. Toutefois, il est certain que des programmations internationales rigoureuses permettront de neutraliser les ambitions malsaines et le discours irresponsable de quelques mercantilistes qui ne jurent que par le gain aveugle.

Ainsi, même en gardant une marge raisonnable de réserve sur les perspectives réelles à long terme, il est devenu possible de prédire une transformation éthique positive du monde. Non seulement les nouveaux acteurs étatiques de la scène internationale seront qualifiées, mais encore, la police des moeurs diplomatiques et marchandes, celle implicitement envisagée par les rédacteurs de la charte de l’Onu, va prémunir le monde contre les dictatures. Aucune puissance ou super puissance ne sera à l’abri. La Chine , Cuba, la Corée du nord, les rois et les reines d’Occident et d’Asie, disparaîtront dans leur forme de gestion actuelle. La liberté et la démocratie auront enfin un sens et une signification universelle, et les citoyens des quatre coins de la planète célèbreront effectivement les mêmes valeurs, sans que l’on entende un Africain clamer une identité et une condition culturelle ou historique particulières.

Shanda Tomne

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