25/03/2011 19:47:25
Canada: le gouvernement conservateur renversé pour outrage au Parlement
Les partis de l'opposition à Ottawa ont fait tomber le gouvernement conservateur minoritaire, en votant vendredi pour une motion de censure déposée plus tôt dans la journée par le Parti libéral du Canada et accusant le gouvernement d'outrage au Parlement.
Radio-Canada
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Photo: La Presse Canadienne /Sean Kilpatrick
Le PM Harper franchit les portes de la Chambre des communes, mercredi, après s'être adressé à la presse.

Les partis de l'opposition à Ottawa ont fait tomber le gouvernement conservateur minoritaire, en votant vendredi pour une motion de censure déposée plus tôt dans la journée par le Parti libéral du Canada et accusant le gouvernement d'outrage au Parlement.

Les députés ont voté en faveur de la motion de censure à 156 voix contre 145.

Les députés libéraux, bloquistes et néo-démocrates ont donc renversé le gouvernement en raison de son refus de fournir les coûts de plusieurs projets de loi, notamment en matière de justice, et non sur un vote lié au budget.

L'adoption de cette motion censure a mis un terme aux activités du 40e Parlement canadien.

C'est la première fois de l'histoire canadienne qu'un gouvernement est trouvé coupable d'outrage au Parlement et qu'il est renversé sur une motion portant sur cette question.

La motion de censure du PLC

« Que la Chambre est d'accord avec la décision du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre que le gouvernement est reconnu coupable d'outrage au Parlement, ce qui est sans précédent dans l'histoire parlementaire canadienne, et en conséquence, la Chambre ne fait plus confiance au gouvernement. »
Le gouvernement est donc tombé en raison de son refus de fournir les coûts de plusieurs projets de loi, notamment en matière de justice, et non sur un vote lié au budget.

Engagés dans une dernière escarmouche parlementaire, dont l'issue ne faisait aucun doute vendredi matin, les députés de tous les partis ont tenté de s'assurer de l'avantage du terrain en prévision de la prochaine manche : l'élection générale.

«Un gouvernement qui ne respecte pas la démocratie ne mérite pas de rester en place.»  — Le chef libéral Michael Ignatieff

Le conservateur John Baird a affirmé pour sa part que c'est l'opposition qui faisait outrage au Parlement, en énumérant tous les projets de loi que la motion de censure allait effacer.

Le premier ministre Harper, qui a ainsi perdu la confiance de la Chambre, n'aura d'autre choix que de se rendre à Rideau Hall pour remettre sa démission au gouverneur général David Johnston. Les élections seront officiellement déclenchées après cette visite, qui n'aura probablement lieu que samedi.

Le calme avant la tempête

Les députés qui se sont présentés en Chambre, vendredi matin, ont par ailleurs passé une partie de la journée à féliciter des députés dont la carrière se termine, dont le président du Conseil du Trésor, Stockwell Day, le ministre des Transports, Chuck Strahl, et le député bloquiste Serge Ménard.

Selon le Globe and Mail, M. Ignatieff et le chef néodémocrate, Jack Layton, lanceront leur campagne à Ottawa samedi. Le premier s'en irait ensuite à Montréal, le second, à Edmonton.

Le quotidien torontois avance que M. Harper lancera probablement sa campagne dans la capitale fédérale avant de se rendre à Québec, dimanche.

La campagne électorale qui se mettra en branle sous peu sera la quatrième en sept ans. La dernière a eu lieu en octobre 2008

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