27/03/2011 06:20:38
La forfaiture du "Messie" et ses conséquences
... Eu égard à la forfaiture du président sortant Monsieur Thomas Yayi Boni,  la dégradation de la situation au Bénin risque d'être la récidive du cas en Côte d'Ivoire; aussi m'a-t-il paru urgent d'y attirer l'attention de quelques journaux français, en communiquant, d'autre part, ma prise de position...
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Africain d'origine béninoise, résident en France depuis 1949, écrivain et chercheur, mes interventions dans les problèmes franco-africains jamais acceptées par la presse française sont néanmoins diffusées via Internet et mon site: www.obhelyquenum.com

Eu égard à la forfaiture du président sortant Monsieur Thomas Yayi Boni,  la dégradation de la situation au Bénin risque d'être la récidive du cas en Côte d'Ivoire; aussi m'a-t-il paru urgent d'y attirer l'attention de quelques journaux français, en communiquant, d'autre part, ma prise de position à deux ou trois publications béninoises ainsi qu'à certains blogs de Béninois.

Cordialement,

Olympe Bhêly-Quenum


"Le pays sera à feu et à sang", avait déclaré le président Thomas Yayi Boni. Une appréciation de Monsieur Claude Guéant, quand il était Secrétaire général de l’Elysée : « la France a beaucoup de respect pour la façon dont le chef de l´Etat conduit le Bénin».

Commentaires de Léonce HOUNGBADJI, journaliste béninois qui s’est fait l’écho de ces propos commentait : « C´est dire que la France adhère totalement à la gouvernance politique, économique et sociale du président de la République, le Dr Boni Yayi . »

Dans les préparatifs de la forfaiture que sera l’élection présidentielle du 13 mars 2011, le président Thomas Boni Yayi avait fait une commande d’armements dont la liste ci-dessous a été révélée par : Lettre du Continent n°604 du 27 janvier 2011

« [...], Thomas BoniYayi s’entoure de toutes les précautions sécuritaires pour gérer la période électorale. Alors que le premier tour de la présidentielle est prévu le 27 février, le présîdent béninois a, selon nos sources, convoqué le 14 décembre 2010, à 11 heures, une quarantaine d’hommes d’ affaires libanais parmi les plus influents du pays pour parler maintien de l’ordre. Arrivés au palais de La Marina, les ‘convives’ ont été gentiment priés de contribuer financièrement à l’achat, pour le compte de l’Etat, d’équipements de protection divers et variés afin de renforcer les forces de police et de gendarmerie. Montant de la facture: plus de 3 milliards F CFA!

 Sur la liste, que La Lettre du Continent a pu se procurer, tout y passe. La présidence souhaite acquérir du matériel roulant pour plus de 2 milliards F CFA. Cela va des « véhicules de transport de troupes grillagés », aux « 4x4 bâchés pour patrouille », en passant par des « motos-cross », des « motos ordinaires pour filature » et des « vélos tout terrain »’.Des « équipement de plongée lagunaire » sont également prévus.

« Comme matériel de protection, l’Etat béninois veut acheter 500 casques, 200 casques pare-balles à visière, 2000 matraques, 2 000 paires de menottes, 18 porte-voix, 18 herses, 500 boucliers, 90 bombes aérosols, 20 boucliers portatifs pare-balles, 200 gilets pare-balles avec plaque céramique et 20 lunettes binoculaires de vision nocturne.

Enfin, le troisième volet de cette liste d’emplettes concerne le matériel de transmission. Il porte sur 200 talkies-walkies, 200 kits oreillettes, 100 postes radio, 200 bipeurs et 20 ordinateurs portables. Précision : sur la même liste, il est indiqué sous forme de post-scriptum que les montants des véhicules de transport de troupes grillagés sont sans doute « sous-évalués » La facture pourrait donc être nettement supérieure. Les hommes d’affaires ainsi sollicités n’ont rien reçu en échanqe. Ni promesse de dégrèvement fiscal, ni allègements d’impôts. Mais leur contribution devrait les mettre à l‘abri de tout tracas avec les autorités. II ne reste plus qu’à la ministre française des affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, de proposer le « savoir-faire » de Paris en matière de maintien de l’ordre pour apprendre aux forces de sécurité béninoises à utiliser tous ces équipements !

Rapidement venu du Nigeria, ès-qualités président en exercice de la CEDEAO, Monsieur Goodluck Ebele Jonathan, président de la République fédérale du Nigeria, fit une déclaration inouïe que fustigera ainsi Nicéphore Dieudonné Soglo, ex-président de la République du Bénin :
« Dans le cadre des relations de bon voisinage entre les Etats qui partagent des frontières communes comme le Nigéria et le Bénin, il est normal que des échanges et des visites de hauts niveaux se tiennent régulièrement. C’est d’ailleurs un bon signe de l’excellence des relations séculaires, historiques, culturelles, sociales et économiques qu’ont su tisser au cours de leur histoire commune les peuples du Nigéria et du Bénin ainsi que leurs dirigeants.»

J’ai voulu bien croire que la brève visite qu’a effectuée au Bénin le vendredi 18 Mars 2011, le Chef de l’Etat de la République Fédérale du Nigéria, son Excellence Monsieur Goodluck Jonathan s’inscrivait dans ce cadre, si ce n’était l’expression on ne peut plus étonnante de sa déclaration qui a fortement surpris l’opinion nationale ainsi que la classe politique.
 
Je cite :
« Je félicite les populations du Bénin pour l’élection présidentielle qui s’est tenue sans violence et voudrais inviter les candidats et les électeurs à accepter les résultats des élections afin d’éviter la violence et la guerre. Le Nigéria ne va pas accepter la violence, la guerre à sa porte. »

En cette période très sensible où le peuple béninois éprouve d’énormes difficultés, avant, pendant et après, l’élection présidentielle du 13 Mars 2011, cette injonction aux acteurs politiques et aux électeurs à savoir le peuple béninois est inacceptable.

Le Bénin est certes un petit pays, mais c’est un grand peuple très fier de son histoire et de son indépendance.
Si le Chef de l’Etat nigérian lors de sa visite du 18 Mars 2011 avait cherché à écouter les différents acteurs de la classe politique béninoise, à commencer par les anciens Chefs d’Etat, et à prodiguer des conseils aux uns et aux autres pour éviter une crise latente, sa mission aurait été hautement appréciée par tout le peuple béninois. Il aurait non seulement agi en ami et en voisin mais il aurait certainement accompli une œuvre fort utile et préventive en sa qualité de leader régional, Président en exercice de la CEDEAO.

Il est regrettable que cette injonction ait été faite en présence du Chef de l’Etat du Bénin garant de sa dignité et de son intégrité. Le Bénin est membre de la CEDEAO, de l’UA de l’ONU et d’autres organisations internationales.
En tant qu’ancien Président de la CEDEAO ayant contribué en son temps au règlement de la guerre fratricide au Libéria, j’aurais tant souhaité que son Excellence Monsieur Goodluck Jonathan n‘ait pas eu à prendre parti dans la situation politique que connait le Bénin.

C’est tout comme si, non content d’user de l’influence que leur confèrent les poids démographiques et économiques de leurs pays, le Président français, le Premier Ministre britannique ou la Chancelière d’Allemagne, intervenaient dans la vie interne de la Hollande, du Royaume de Belgique et du grand Duché de Luxembourg.
Imagine-t-on qu’à l’intérieur des Etats Unis d’Amérique, le gouvernement de l’Etat fédéré de New York donne des injonctions au Massachussetts, à l’Etat fédéré du Connecticut ou celui de la Californie à ceux du NEVADA ou de l’ARIZONA, ou bien celui de TEXAS à ceux de la Louisiane ou de l’ARKANSAS. L’Union européenne et la Fédération américaine n’y survivraient pas.

Notre rêve, c’est que, le plus tôt possible, la CEDEAO devienne une Fédération comme le Brésil qu’elle surpasse par sa population et soit un acteur majeur de la vie politique, économique, internationale.

Malgré publication des constats et révélations de fraudes, de bourrages d’urnes, de la liste de bureaux de vote fictifs, etc. les engins de guerre commandés ainsi que beaucoup d’autres seront opérationnels en réprimant, parfois dans le sang, toute manifestation contre la forfaiture qu’est la proclamation de la singulière réélection du « Messie » des thuriféraires en quête de récompenses.Cas rarissime au Bénin depuis l’indépendance du DAHOMEY, des femmes se mobilisent et disent :

NON A L’IMPOSITION DE YAYI BONI COMME PRESIDENT PAR GNONLONFOUN JOSEPH ET DOSSOU ROBERT.

« Les femmes du Bénin viennent de se réveiller avec la confirmation par Robert DOSSOU, président de la cour des miracles, du coup d’état électoral de Joseph GNONLONFOUN, président de la CENA. Les femmes du Bénin savent que Boni YAYI vient ainsi d’être confirmé à la tête de notre Etat dans un acte d’imposture.
En effet, Les élections présidentielles actuelles ont été émaillées du début jusqu’à la fin par fraude: une LEPI à marche forcée, cafouillage indescriptible dans la distribution des cartes, manipulation en parallèle par le président sortant de bulletins et de cachets, etc. C’est pour valider tout cela tel quel que le président de la CENA a perpétré son coup d’Etat électoral que la Cour Constitutionnelle de Robert DOSSOU n’a eu qu’à confirmer.

La fraude était donc le seul recours de Boni YAYI quand on sait les nombreux crimes et scandales économiques qui ont jalonné son premier règne. Les femmes se souviennent encore de leur époux et fils enlevé Pierre Urbain DANGNIVO, depuis le 17 août 2010. Elles continuent de souffrir le martyre de l’escroquerie nationale planifiée par cet homme et ses acolytes contre tout le peuple en général et elles en particulier; escroquerie nationale connue sous le nom de ICC services et consorts. Elles se souviennent encore des autres scandales (CEN-SAD, machines agricoles, avion présidentiel).

Malgré tout ce passif social, économique et politique, imposer à nouveau ce tyran à la tête de notre pays, c’est mépriser totalement les sacrifices que notre peuple a consentis pour arracher les semi-libertés dont nous jouissons aujourd’hui. C’est inadmissible tout court.

Nous avons le devoir historique à l’instar des femmes de Tunisie et d’Egypte de dire: YAYI dégage! DOSSOU, dégage! GNONLONFOUN, dégage. Vous êtes des détourneurs de la souveraineté populaire. Que Boni YAYI sache que les intimidations du Président du Nigéria GOODLUCK Jonathan, sont vaines et ne peuvent lui épargner la colère populaire. Et ce, d’autant que ces intimidations proférées sans la moindre réserve en sa présence établit un acte notoire d’apatridie qui a consisté en l’invitation par lui du président d’un pays voisin pour venir piétiner avec sa bénédiction notre souveraineté nationale.

Nous devons nous ceindre les hanches pour participer à tous les combats qui libèrent nos peuples des griffes de ces imposteurs.

C’est pourquoi, le MFLLP invite toutes les femmes indignées à la Bourse du travail le mardi 22 mars 2011 à 8 heures précises pour crier leur ras-le-bol contre le trio imposteur GNONLONFOUN - DOSSOU - YAYI.

Vive la lutte émancipatrice des femmes du Bénin !

Fait à Cotonou, le 21 mars 2011

Pour le BEN/MFLPP
LA PRESIDENTE : Mathurine SOSSOUKPE »


Certains se taisent ou hurlent dans le creux de leurs mains, ou bien, ils invoquent la PAIX mais n’osent pas agir à visage découvert contre la recrudescence de la corruption, la forfaiture et l’assassinat de la Démocratie. Homme à ne jamais baisser la garde quand insulté, humilié , mon pays est finalement en danger, je soutiens la riposte des femmes du Bénin après un message aux Béninois du monde entier :

« [...] Je salue aujourd’hui les femmes de notre pays de s'indigner vivement contre le déni de démocratie et la mainmise de Monsieur Thomas Boni Yayi sur le Bénin; je les soutiens, les invite à ameuter par milliers les Béninoises en les encourageant à descendre dans toutes les rues du pays, à marcher sur le Palais de la Marina : aucun policier, aucun gendarme, aucun soldat n'osera tirer sur vous! Faites comme nos grands-mères qui savaient JÈ MÀ(1)  quand la situation l'exigeait. »

Bien que largement octogénaire et que certains m’aient écrit : « Doyen, laissez la clientèle de la politique du ventre continuer sa besogne de lâche et de traître...», voici mon message aux Béninois du monde entier, après m’être encore référé aux propos du très regretté Cardinal Bernardin Gantin que plus d’un répète maintenant :

AVIS DU CARDINAL GANTIN

« To o do gbi gbà wè » (2) ; il y eut un petit silence et il ajouta d’une voix très fatiguée :
« To o gbà (3) … Olympe, je te connais, je sais que tu ne baisseras jamais les bras. »
J'ai beaucoup pensé à lui en concevant cette pétition que je vous envoie; c'est en souvenir de nos conversations qu'après avoir relu quelques-unes de ses lettres, cartes postales envoyées lors de ses voyages à travers le monde,  j'ai décidé de ne pas baisser la garde.
Amitiés d'Olympe.

P.S Un appel du Bénin m'a informé en ces termes: «  cher daakpè Olympe Gbhêly-Quenum, si vous ne le saviez pas, je vous précise que une des Amazones les plus haut gradées est de votre famille Quenum... »

Eh bien, je conjure cette magnifique Armée de femmes: mes sœurs, mes filles, pour l'Amour de notre cher pays, le Béninois largement octogénaire que je suis vous invite à la DÉSOBÉISSANCE CIVILE !
SANS OBJET CONTONDANT rejoignez l'insurrection des Femmes de notre pays qui disent NON À LA DICTATURE! NON À LA MORT DE LA DÉMOCRATIE! NON AU DÉNI DES DROITS DE L'HOMME!

Si l’ONU, UA, UE ne veulent pas au Bénin la récidive du cas en Côte d’Ivoire, il faut que, sans l’ingérence d’aucune personnalité, fût-elle sous influence, quels que soient sa nationalité et ses liens avec le Bénin, ONU, UA, UE aient le courage de condamner la forfaiture du président sortant Thomas Boni Yayi ; ainsi, il y aura l’annulation du premier tour de cette comédie de la honte , ou un deuxième tour, comme le peuple béninois en aura décidé .

(1) Tomber en rage : manifestation populaire où, quand tout allait mal, une horde de femmes déguisées, bariolées de caolin et de sokpákpέ (écorce pilée de sotin=bois rouge).

(2) Le pays est en train de se casser.
(3) Le pays est brisé


Olympe BHÊLY-QUENUM


Olympe Bhêly-Quenum

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