29/03/2011 03:06:17
Le Cameroun réapparait dans le ciel mondial
Camair-co,  la compagnie aérienne nationale créée par décret présidentiel il y a 5 ans, a enfin percé officiellement le ciel lundi 28 mars 2011, comme annoncé depuis des mois par ses dirigeants. Le vol entre Douala et Yaoundé lui a servi de cadre inaugural, dans une ambiance empreinte d’émotions.
Le Messager
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Le Cameroun repart donc à la conquête de l’univers. C’est à 11H40 minutes, lundi 28 mars 2011, jour fatidique, que le Boeing 767-300, un héritage de la défunte Camair, dont le nom de baptême “ le Dja ” a été gardé, s’immobilise sur le tarmac de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. On peut y lire : vol Q C 038. Mais la passerelle est placée plus loin. Il faut la barre de tractage pour conduire l’aéronef jusque là-bas. Dans les rangs des invités, présents pour certains depuis 8 heures du matin, il y a comme une certaine anxiété, l’envie de voir les passagers sortir.  Pourtant, malgré ce stress, qu’ils dissimulent mal, les visages sont lumineux. La manœuvre jusqu’à la passerelle prend une dizaine de minutes.

Et voilà enfin les premiers clients de Camair-co qui descendent de l’avion. Ils sont 160 au total, et ont tous payé, apprend-on. On peut apercevoir le gouverneur de la région du Littoral, Faï Yengo Francis, en compagnie du directeur général adjoint de la Cameroon Airlaines Corporation, (Camair-co). Juste derrière eux, apparaît une dame vêtue d’un kaba mixé de couleurs de la nouvelle compagnie nationale, de l’Ofrdpc et du drapeau national. Elle, c’est Elisabeth Stucki Yogo Ntonga, dit commandant opérationnel. La mascotte de Camair-co court dans tous les sens, avant de repérer rapidement les militantes du parti au pouvoir, en tenue. C’est l’euphorie totale. Celles-ci lui rendent la pareille par des cris de joie. Les autres invités se mettent dans cette ambiance festive.

Des voyageurs à conquérir

Puis vient le tour des discours. Occasion pour le ministre d’Etat, ministre des Transports, Bello Bouba Maïgari, représentant personnel du Premier ministre, de souligner que ce jour tant attendu est “ à écrire en lettre d’or dans les archives du Cameroun ”. Car pour lui, une étoile est née dans le ciel camerounais, “ à l’instar de celles qui, tous les soirs, illuminent le firmament ”. Et de dire, ému, que “ C’est une étoile appelée à  briller longtemps, très longtemps et d’un grand éclat ”. Ce, avant de formuler le vœu de voir enfin une compagnie nationale solide, rentable et pérenne pour le bien de tous et celui des générations futures. Même si les défis sont nombreux tels que celui de la concurrence avec 30 compagnies aériennes qui desservent le Cameroun selon les statistiques des Aéroports du Cameroun, (Adc), le ministre des Transports pense que  son pays peut compter sur des atouts qui sont tout aussi nombreux. Il parle de l’héritage d’un marché régional sous-exploité, avec plus de 100 millions de voyageurs à conquérir rien qu’en zone Cemac. Il mise également sur la qualité du vivier de compétences nationales, constituées de cadres techniques de haut niveau, d’après lui ; d’hôtesses de l’air bien formées ; de pilotes aguerris etc. 

Grosse déception

Le directeur général de Camair-Co, le Néerlandais Alex Van Elk (photo), nommé par un décret présidentiel du 27 janvier 2010, rassure que tout sera mis en œuvre pour satisfaire la clientèle.  Il sait que l’exigence de son métier est dans la qualité du service. Mais aussi dans les prix qui doivent être abordables. Mme Asuma Ela, à bord de ce vol inaugural avec son époux et ses trois enfants, dit avoir déboursé 39 950 FCfa par ticket de transport. Ce qui pour elle est raisonnable pour la première classe. En classe économie, l’on paie le ticket à 29 000 Fcfa environ, toute taxe comprise.

Cependant, pour Eric Evouna, l’un des invités à cette cérémonie, qui affirme avoir lu dans la presse que ce ticket coûterait 18 000 FCfa, c’est une grosse déception. “ Je pensais pouvoir enfin prendre l’avion. Je ne pourrais plus le faire. A plus de 20 000  FCfa, le prix est fort ”. Les responsables de la compagnie expliquent que c’est le prix hors taxe qui a été initialement communiqué aux médias. Un autre invité, Me Robert Fojou, avocat au barreau du Cameroun, exprime plutôt  son sentiment de fierté.  “ J’ai l’habitude de voyager. Et chaque fois que je suis à Paris et que je vois atterrir des compagnies comme Air Gabon, je me demande si nous en sommes si éloignés. Maintenant que notre compagnie nationale est de retour. Je ne peux qu’en être très content. C’est légitime. Je lui souhaite longue vie. ”

La cérémonie a mobilisé plus d’un millier d’invités lesquels 3 ministres, de nombreux diplomates, des autorités administratives et traditionnelles etc.

Tout le monde paie cash

Après Douala-Yaoundé, hier matin, le Dja (qui a décollé puis, atterri avec une trentaine de minutes de retard) propriété du Cameroun et principal avion de Camair-co pour le moment, a percé le ciel mondial dans la soirée, en direction de Paris, sa seule destination occidentale pour le moment. Le second avion de Camair-co, un Boeing 737-700 fonctionne en mode leasing (location) et effectuera les vols nationaux et régionaux (Tchad dans un premier temps).

A en croire Alex Van Elk, un troisième avion du même calibre, également en leasing,  s’ajoutera à la maigre flotte de Camair-co dès le mois de mai 2011. Et le quatrième, un gros porteur, semblable au Dja arrivera d’ici décembre 2011. Il sera, lui aussi, en  leasing. D’où la décision de Bello Bouba Maïgari à obliger tout le monde à payer le ticket cash, y compris les clients en provenance des administrations camerounaises. Ceci, pour ne pas, comme la défunte Camair, asphyxier Camair-co, dont le principal actionnaire reste l’Etat pour l’instant, en attendant l’ouverture du capital aux privés.

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