01/04/2011 02:41:37
Paul Biya reconnaît enfin le pouvoir de Tunis
Le chef de l’Etat camerounais a adressé (quoique sur le tard), des félicitations au président de la République par intérim de la Tunisie , suite à la célébration le 20 mars, de la fête nationale.
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“ Monsieur le président par intérim et cher frère, j’ai le plaisir de vous adresser mes vives et chaleureuses félicitations, à l’occasion de la célébration par la République tunisienne de sa fête nationale, le 20 mars 2011. Soyez assuré de la volonté de mon gouvernement de contribuer chaque jour davantage, à la consolidation et à la promotion de nos excellentes relations d’amitié et de coopération ”.  Cet extrait du message présidentiel signé du chef de l’Etat, Paul Biya, publié dans les colonnes du quotidien gouvernemental, Cameroon Tribune édition du 24 mars dernier, a, selon des sources bien introduites, été envoyé le même jour à Tunis, à Fouad Mabazaa, président de la chambre des députés, président de la République par intérim en Tunisie.

Négligence diplomatique ou simple oubli, il y a lieu de remarquer que les chaleureuses félicitations du chef de l’Etat camerounais à son homologue tunisien sont arrivées quatre jours après la célébration de la fête de l’indépendance; mais surtout après la tenue le 23 mars de la 268ème réunion du conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (Ua), assortie d’un communique félicitant l’évolution de la situation en Tunisie après la révolution populaire ayant provoqué le départ du président Zine El Abidine Ali.

“ Le conseil après avoir suivi une communication du commissaire de paix et de sécurité sur l’évolution de la transition en Tunisie, s’est félicité de l’évolution encourageante de la situation ; en particulier, le climat de liberté qui prévaut maintenant dans le pays et les dispositions prises pour promouvoir la démocratie, la bonne gouvernance et l’Etat de droit ” indique le conseil qui se réjouit également des préparatifs en cours en vue de l’élection en Tunisie, d’une assemblée constituante, le 24 juillet prochain. Les félicitations de l’Ua à la Tunisie ont coïncidé avec la publication le même jour dans les colonnes de Le Messager d’un article qui s’étonnait de voir Paul Biya et son gouvernement tarder à reconnaître le pouvoir par intérim issu de la révolution populaire en Tunisie.
 
Restaurer le climat d’affaires

 Des sources proches du sérail, on apprend que Paul Biya a eu du mal à se décider ; partagé par un dilemme : celui de se renier en reconnaissant le pouvoir et le droit à la révolte du peuple d’un côté et de l’autre côté, son désir supposé de s’éterniser au pouvoir entretenu par la radicalisation de ses principes d’ouverture, le musellement et son obsession à réprimer avec beaucoup de brutalité toute tentative de contestation populaire. La reconnaissance quoique tardive du Cameroun au succès provoqué par la révolution populaire et l’adoubement de l’évolution, encourageante de l’extraordinaire libération de la société tunisienne engendrée par la révolution, sont devenus un supplément de motivation qui va dans le sens de l’accélération de la renaissance de la Tunisie.

Depuis quelques jours, les hommes d’affaires, les chancelleries et le pouvoir central par intérim de Tunis s’activent à une campagne de lobbying mondiale. L’offensive de charme consiste à rassurer les partenaires économiques et le monde des affaires, que la Tunisie se porte bien actuellement. Elle a pu retrouver progressivement sa santé sociale, sa visibilité économique, ses performances touristiques, sa stabilité et sa sécurité grâce à la volonté de son peuple qui a fait preuve de patriotisme, de maturité et de cohésion. Les problèmes sont finis, l’heure est au travail. 

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