05/04/2011 01:44:19
Biya veut donner plus de pouvoirs aux agents de renseignements
Le président de la République se prépare à prendre des ordonnances accordant plus de manœuvres aux agents de renseignements.  Le parlement lui en a donné le feu vert lundi 04 avril 2011.
Le Messager
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C’est quasiment,  seuls contre tous que les députés du Social democratic front (Sdf) se sont battus. Leurs camarades de l’opposition n’ont pas levé le petit doigt. Ceux du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) ne l’ont fait que pour adouber Marafa Hamidou Yaya venu défendre les projets de loi  no 882 et 883 déposés sur la table des députés le jeudi 31 mars 2011. Ces deux textes autorisent le président de la République à prendre respectivement  “des ordonnances sur la sécurisation des activités de renseignement au Cameroun” et “ sur l’utilisation des technologies de renseignements au Cameroun ”.

Suffisant pour susciter le tollé général dans le camp du Sdf. Pour le président du groupe parlementaire de ce parti, ces projets de loi sont inopportuns d’autant plus que rien ne menace l’activité des agents de renseignements au Cameroun. Il y voit la volonté du gouvernement du Rdpc à prendre des mesures restrictives sur les libertés individuelles avant l’élection présidentielle. Soupçonnant même le régime de Yaoundé de vouloir anticiper sur les soulèvements populaires enregistrés en Afrique du Nord, il dira que si cette loi n’a pas été initiée au plus fort du conflit avec le Nigéria, il y a des raisons de les trouver malsaines, réactionnaires au mauvais vent qui souffle actuellement en Afrique. Son collègue Joseph Mbah Ndam enfonce le clou estimant que ces deux lois viennent ouvrir la porte à des ordonnances comparables à celles de 1962, prises par le président Ahidjo.

Ces ordonnances consacraient la suppression du grand banditisme. Ce sont elles, affirme-t-il, qui ont malheureusement jeté dans le langage populaire les expressions telles “ élément dangereux à suivre de très près” poussant des citoyens en prison sans un vrai procès. C’est subséquemment à cela que le Cener, la prison de Tcholliré, de Yoko ou encore la Bmm ont été créés.  Et le vice-président de la Chambre de  conclure comme son camarade de parti en affirmant que le président voudrait peut être museler l’opinion avant la présidentielle. Ce, d’autant plus que le gouvernement n’a pas accédé à la demande des députés aussi bien en commission qu’en plénière de ramener la période de vigueur des ordonnances prises de 6 à 3 mois.

Mesures d’urgence

En visitant les deux lois adoptées par la représentation nationale, on peut comprendre les appréhensions exprimées par le Sdf. Car, à travers ces textes, le chef de l’Etat pourrait prendre des mesures d’urgence et d’exception par rapport aux libertés individuelles et collectives. Il pourrait également décider par ordonnance de la violation des emails  notamment comme le prévoit la loi  883 permettant au président de la République de prendre des ordonnances sur l’utilisation des technologies dans les renseignements généraux.

Mais tout ceci est battu en brèche par Marafa Hamidou Yaya soutenu par les députés de son parti. S’il affirme que l’esprit de ces textes de loi est simplement de donner un statut plus digne aux agents de renseignements et aux personnes qui travaillent dans la chaîne des renseignements sans être pour autant des agents de l’Etat, il conteste que ces lois soient adoptées en prélude à l’élection présidentielle. Mais bien pour anticiper sur des attaques commando perpétrées sur le sol camerounais par exemple.

Les illustrations les plus récentes étant celles de l’agence Ecobank de Bonabéri à Douala et les enlèvements survenus dans la presqu’île de Bakassi. Ces explications n’ont pas suffi à convaincre quelques députés de la nation qui boudaient encore plusieurs heures après l’adoption des textes lois. En cause, confessent ces élus du peuple,  on peut s’attendre que comme Ahidjo, Paul Biya prenne à temps et à contretemps des ordonnances visant la restriction de certains droits civiques. Pis encore, que le président ordonne l’espionnage ou la fouille d’un député malgré l’immunité parlementaire. “ Préparons-nous à un Etat d’exception voilée pour contrer les contestations populaires ”, se plaignent- ils

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