06/04/2011 05:03:03
Crise ivoirienne:Motos-taxis dispersés à coup de gaz lacrymogène à Douala(Vidéo)
Ils  clamaient leur soutien à Laurent Gbagbo et au colonel Mouammar Kadhafi lorsqu’ils ont été pris d’asaut par les forces de maintien de l’ordre.
Le Messager
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La crise qui sévit en Côte d’ivoire et en Libye intéresse les Camerounais et particulièrement les motos-taxis. Ils étaient près d’une centaine, dans la journée d’hier 5 avril 2011, à manifester leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une ingérence de la communauté internationale aussi bien en Côte d’Ivoire qu’en Libye, dans les rues de la capitale économique. Ils l’ont fait savoir à travers un tour de ville qui va connaître ses moments chauds devant la chaîne de télévision Canal 2 International à Bonapriso. Sur des pancartes qu’ils brandissaient, on pouvait lire : “ 50 ans non à la réconciliation, Ua, Cdeao, quelle honte ! Libérez l’Afrique, Côte d’Ivoire, Libye, Gbabgo tient le bon bout, nous sommes avec toi. La France doit partir de la Côte d’Ivoire, les Africains en ont marre… Nous sommes fatigués ”.

 

Seulement, ils ne disent pas de quels Africains ils parlent, ceux qui soutiennent Laurent Gbagbo ou ceux qui défendent Kadhafi ou laors ceux qui ont voté pour Alassane Ouattara ou ceux qui combattent Kadhafi ?  A peine ont-ils stationné devant les locaux de la chaîne de télévision qu’ils se sont mis à scander des cris de solidarité en faveur de Laurent Gbagbo et de Mouammar Kadhafi. C’est alors qu’ils se verront  encerclés, quelques minutes après, aussi bien par des chars lance-eau  que par de nombreux véhicules de la police et de la gendarmerie nationales. Sans plus attendre, les forces de l’ordre utilisent des jets d’eau et autres coups de matraque pour les disperser. Conséquences, des manifestants flagellés, de nombreux blessés, des motos broyées et quelques conducteurs interpellés et conduits manu militari  au poste de police.

Pour les manifestants, “ ce qui se passe en Côte d’ivoire nous interpelle tous. Nous ne pouvons pas cautionner que des gens viennent s’ingérer dans les affaires d’un pays  souverain. La France croit qu’on est encore à l’heure de la colonisation. Nous sommes solidaires des Ivoiriens ”, affirme l’un d’eux. Et un autre de poursuivre : “ L’Afrique doit dire non à l’impérialisme français.  La Côte d’Ivoire n’est pas un champ de patate où chacun peut y faire une incursion et dicter sa loi. Il appartient aux Ivoiriens de décider de qui est leur président et non aux puissances étrangères, comme c’est le cas en ce moment dans ces deux pays”.

Parmi les manifestants d’hier à Douala se trouvait un conducteur pas comme les autres. Njé. P c’est son nom. L’upéciste qui affirme être le camarade du président Gbagbo lorsqu’il était au Cameroun,  témoigne son indignation face à ce qu’il considère comme un abus dans un pays de droit. “ Les forces licornes qui sont une force française doivent quitter la Côte d’Ivoire. On ne peut pas comprendre que cette force soit en train de charger les civils. Il est question pour nous de dire notre solidarité à Laurent Gbagbo et à Kadhafi face aux attaques dont ils sont l’objet en ce moment. Nous  appelons à la libération de l’Afrique et à la mobilisation des Africains contre l’hégémonie de la France et   de la communauté internationale  ”.

Justifiant la répression, les forces de maintien de l’ordre s’appuient sur l’interdiction de manifestation publique qui prévaut dans la ville de Douala et sur certaines villes du Cameroun en ce moment.

Aux dernières nouvelles, “le ministre de la Communication a appelé pour interdire la diffusion de ces manifestations à la télé”, confie une source introduite dans une chaîne de télé locale.

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