08/04/2011 00:56:42
Dossier exclusif: Pillage huis clos des ressources camerounaises
Les populations locales hurlent de détresse. Le Messager est allé sur les lieux. Décryptage : Paul Biya et le front de l’Est
Le Messager
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Les populations locales hurlent de détresse. Le Messager est allé sur les lieux. Décryptage : Paul Biya et le front de l’Est

Paul Biya et le front de l’Est

 Au rang des griefs que les cadres et ressortissants de la région du “ Soleil levant ” portent contre le régime du Renouveau, on peut citer : des postes de responsabilité peu juteux, une vaine attente d’une université d’Etat, le manque d’infrastructures routières, sanitaires, scolaires et sociales ; le mauvais partage  des retombées générées par l’exploitation des ressources naturelles dont, celle anarchique, du bois, le découpage électoral contestable...

A ces nombreuses frustrations, s’ajoutent depuis quelques temps, des craintes et la méfiance concernant l’exploitation des minerais : or, fer, cobalt, nickel et demain, le diamant. Des voix s’élèvent sur le terrain pour se demander si le chef de l’Etat n’a pas définitivement décidé de maintenir les “ singes ” de l’Est à leurs arbres, loin de la civilisation.  Entre espoirs et désillusions, colères et lassitudes, les populations de la région de l’Est ont cru que leurs pleurs viennent d’être entendus avec la découverte il y a quelques mois, par la société : “ Cameroon and Korea Mining Incorporation ” (entreprise qui exploite déjà l’or dans la région), du plus grand gisement de diamant du monde, dans le site de Mobilong, département de la Boumba et Ngoko. On parle de 766 millions de carats. Mais les populations de la “ cité du diamant ” ont à peine ouvert l’œil que le Renouveau qui les nourrit des tartufferies et des promesses non tenues, vient par l’estampille de son chef, le président de la République Paul Biya, de signer le 16 décembre 2010, le décret n° 2010/374 portant institution d’un permis d’exploitation minière valable pour diamant et substances connexes dénommé “ Mobilong ”. Le texte confère l’exclusivité de l’exploitation minière au seul profit de la société : “ Cameroon and Korea Mining Incorporation ”, ci-après désignée la société C&K Mining, Bp 550, Bertoua. Le permis d’exploitation “ Mobilong ” a une période de validité de 25 (vingt-cinq) ans renouvelable d’au moins dix ans chacune.

Surplace à Yokadouma, Mboye 1 et 2 et à Mobilong, les populations qui jusqu’ici attendaient le Renouveau “ au tournant ”, veulent voir clair sur cette “ affaire ” là. Plus que l’impression d’un ras-le-bol, la situation qui s’annonce volcanique laisse croire qu’on a allumé les braises de la contestation. Blessées, les populations entendent en finir avec la duperie latente du régime et des “ intermédiaires ” de Paul Biya, pour négocier désormais l’articulation de la région de l’Est dans l’ensemble national. Profitant des festivités marquant la célébration des 26 ans du Rdpc, les populations de la région de l’Est et principalement celles de Yokadouma, ont remis sur la table leurs revendications ; en exigeant de connaître le sort qui leur sera réservé et, quelle sera leur part de retombées provenant de l’exploitation du gisement de diamant.

Devant les contours flous, la controverse, les incertitudes et l’illisibilité de l’opération en terme du cahier des charges, elles ont décidé de mettre un terme aux stigmates des injustices restées à ce jour ineffaçables, du fait de la déforestation sauvage. Des stratégies en vue d’une fronde sont en préparation d’autant plus qu’il y a quelques semaines l’Etat du Cameroun a délivré le permis d’exploitation à l’entreprise coréenne. On annonce pour le mois de juillet 2011, le démarrage de l’exploitation. Cette “ provocation ” de trop accentue l’ire des populations riveraines désormais déterminées à sortir radicalement de la muette détresse jusqu’ici entretenue, pour prendre leur destin en mains. Bravant les affres de la route, la pénibilité du voyage et les diverses autres intempéries, Le Messager a fait le voyage sur la route de l’Est, à la découverte de la “ cité du diamant ”. Au détour d’une ambiance lourde et chaude où baignent scepticisme, nostalgie et mélancolie, Le Messager ouvre le débat sur la kyrielle de revendications des communautés riveraines du nouvel “ El dorado ” de Yokadouma ; mais aussi sur ce que sur le terrain on qualifie d’escroquerie et de scandale du siècle. Lisez plutôt.


Bertoua-Batouri-Yokadouma. Voyage au bout d’un enfer de 290 Km

Le tronçon routier reliant les trois villes chefs-lieux de trois des quatre départements de l’Est n’a jamais été traversé par la moindre couche de bitume. Ce qui en rajoute au calvaire des voyageurs.

C’est sous un temps froid et sec d’un début de matinée que, malgré les multiples tentatives de découragement, nous décidons de quitter la ville de Bertoua, chef-lieu du département du Lom et Djerem, pour affronter le trajet qui mène à Yokadouma. Bien avant, il faut la veille, acheter un ticket et réserver sa place à “ Alliance Voyages ”, l’unique agence qui pour l’instant, au regard de l’état de désagrégation et de décrépitude de la route, accepte de faire le parcours du combattant.

 A ceux qui font le voyage pour la première fois, on conseille de s’armer de courage, pour gérer le voyage avec pénitence. Inutile de penser à un voyage de luxe, à bord d’une belle automobile. Un seul type de voiture  de marque Saviem fait le trajet. C’est peine perdue que de disserter sur l’état de la voiture, amortie et méconnaissable par le fabriquant, à cause des crevasses, la poussière et l’impraticabilité de la route. Inutile aussi d’être pressé. Les cars Saviem ont des pièces raccordées avec des frondes, des caoutchoucs ou des fils de fer parfois attaqués par la rouille, prêts à lâcher à tout moment. Dans bien des cas, lorsque l’incident arrive, ce sont les passagers qui sont exposés en plein milieu de la forêt, à la merci des agresseurs (coupeurs de route ou repris de justice).

Le voyage dure entre 10 à 12 heures. Serrés comme de véritables bêtes de somme, les passagers s’entrecroisent les pieds comme s’ils allaient en rangs serrés vers l’abattoir.  Il est 8 heures 30 minutes lorsque le chauffeur qu’on appelle populairement “ Alla hadji ” (c’est une appellation consacrée à tous les chauffeurs qui font ce tronçon, simplement parce qu’ils sont pour la majorité ressortissant du Septentrion), démarre la voiture en trombe.

Le sol qui se déroule interminablement dans la vieille Saviem, déverse avec beaucoup de colère sa poussière sur les occupants du véhicule. Malgré la pénibilité du voyage et l’épaisse nappe de poussière qui enveloppe petit à petit les passagers, quelques uns, s’essayent dans l’humour tout en maudissant le régime du Renouveau. “ Nous allons arriver en miettes, couverts de poussière comme de petits fantômes ”, argue Abouno.  Son exposé sur le contraste entre les richesses que génèrent le département et le niveau de pauvreté et d’enclavement des populations des trois départements est pathétique. “ Lorsque nous cherchons à savoir ce qui est des taxes et autres impôts que l’on paye, on nous dit que les mairies de l’Est, quoique étant des zones productrices de ces richesses, ne reçoivent que des miettes ; du fait que l’essentiel des sociétés forestières et autres sont basées à Douala et n’ont que des représentations à l’Est ” , lance-t-il en direction des autres passagers. Après un arrêt à Batouri où, les mécaniciens vont jeter un coup d’œil sur la santé de la voiture, le chauffeur met le cap sur Ndélélé.  

L’escale obligatoire de Gari-Gombo

Le long du voyage, plus on grignote des km, plus la visibilité devient une gageure. Les multiples secousses causées par les crevasses qu’on appelle ici, “ la tôle ondulée ”, donnent l’impression qu’on fait du surplace. “ Nous avons la chance parce que c’est la saison sèche. Le seul risque est qu’à l’arrivée, nous serons comme des “ junjus ” ou des petits fantômes, parce que couverts de poussière jusqu’aux C. C’est plus grave en période des pluies, car les flaques d’eau et les nappes de boue rendent la circulation impossible ”, lance  le chauffeur en riant.

Le plus grand et “ inévitable ” danger est le croisement avec les grumiers et autres gros porteurs. Et de poursuivre en faisant état de la vie dure et du calvaire qu’ils endurent, lorsque les grumiers s’embourbent ça et là, et laissant tomber leurs grumes et autres charges, sur la chaussée. “ Des fois le voyage dure plusieurs jours et autant de nuits ”, lance-t-il. Faisant entorse à la loi interdisant le transport de bois en grumes, les transporteurs versent dans la corruption ; l’argument avancé étant que ledit bois vient de la Rca ou du Congo. Non seulement l’entretien de la route n’est pas régulier, mais l’intense trafic des gros porteurs, précipite la dégradation.

A chaque passage, en plus de la bonne quantité de poussière que le gros engin vous fait avaler, le risque d’accident s’intensifie. Une fois à Gari-Gombo, le chauffeur et quelques passagers font une petite escale pour la prière de 18 heures 30 minutes  A une vingtaine de km de Yokadouma, coup de théâtre, les phares viennent de lâcher. Une fois de plus, il faut faire preuve de beaucoup de patience ; en pleine forêt, dans le bosquet, le chauffeur, à l’aide d’une lampe torche, réussit comme par miracle à joindre les fils électriques disposés pêle-mêle. Après soixante minutes de rafistolage, le voyage reprend. Il est 22 heures 30 minutes, lorsque le car Saviem entre en gare dans une ville de Yokadouma, entièrement enterrée dans la poussière.

Ouf ! On est encore vivant. La pénibilité de la route, à elle seule, explique pourquoi, les populations du département de la Boumba et Ngoko, une fois sorties de Yokadouma, s’abandonnent à “ l’exil ” ; les plus courageux se contentant de faire des “ apparitions ” saisonnières.

Découverte. Mobilong : au cœur de la cité du diamant

Le niveau d’enclavement et la difficulté d’accès donnent au site du gisement de diamant l’allure d’une belle omelette dans un plat sale.

Il est 9 heures 30 minutes au centre ville de Yokadouma, dans ce qui tient lieu de gare routière. Le sommeil a été particulièrement léger ; il faut être sur pied assez tôt, à 5 heures du matin, pour négocier la place dans “ l’unique ” véhicule délabré qui fait le trajet de Yokadouma à Mboye II. Après deux heures d’attente, l’un des “ chargeurs ” de la voiture annonce que le voyage ne se fera pas ; le véhicule qui est dans un piteux état, n’a pas pu sortir du garage. Conseil est donné à ceux qui veulent impérativement se déplacer pour Mboye II, d’accepter le supplice d’un voyage en moto. Dans ce cas, il s’agit de se taper 90 km de route, soit 180 km à bord d’une moto, en aller et retour.

Le voyage qui va durer toute une journée, vous coûte la rondelette somme de 10.000 Fcfa. Il n’est pas exclu que l’approvisionnement en carburant soit également à la charge du client surtout si celui-ci présente un visage d’étranger. Faute de mieux, l’idée d’aller à la découverte de la cité du diamant à bord d’une moto est adoptée. Selon qu’on est en voiture ou en moto,  l’escale à Mboye II est obligatoire. Le reste du trajet (près de 45km), pour Mobilong,  la “ cité du diamant ” se fait à l’aide d’une mototaxi.

Sur la route du diamant, il faut s’armer une fois de plus de courage et de bravoure pour affronter les secousses sur une terre nue instable. A l’instar du tronçon Bertoua-Yokadouma, la route qui mène au diamant est extrêmement dégradée ; les nids de poule et crevasses augmentent les difficultés d’accès.

Pendant l’interminable parcours, on découvre sous le vent de la poussière d’immenses plantations de cacao qui s’étalent majestueusement des deux côtés de la route. Des fois il vous arrive d’aspirer le parfum de la forêt vierge sur une dizaine de km. Les paysans qui rentrent des champs s’arrêtent et d’un air entendu vous lancent un salut sympathique.

Pieds nus, bravant les morsures de la terre surchauffée, quelques rares écoliers sortant des classes poussent des cris hystériques. Lorsque la nuit vous surprend, l’effroyable pénombre qui enveloppe la cité dévoile à quel point la lampe à pétrole conserve encore tout son prestige. La rencontre avec les communautés riveraines du nouvel “ El Dorado ” de Yokadouma est saisissante et édifiante.

Dialogue de sourds

Le gisement de diamant est dans une zone comprise entre Yokadouma et la Rca (à deux km de la frontière avec la République centrafricaine). Les villages riverains où la prospection est passée sont  Mang, Massendo, Mpaoh, Mboye I et II... En allant dans la forêt du Sud – Est, vers Libongo. Les premières mesures de la préfectorale ont été celles de sécuriser le site ; l’un des soucis étant d’éviter toute interférence. D’accès difficile, le préfet a demandé à la société coréenne d’ouvrir les routes pour faciliter les interventions de tout ordre. On peut y percevoir les vastes dégâts causés par une grande déforestation. Sur un périmètre de 30km, les habitations sont inexistantes ; les campements de pygmées quant à eux ont été détruits. Pendant la phase d’exploration, un quiproquo a failli créer une vive altercation, s’agissant de la construction des camps des ouvriers. Les populations veulent que cela soit fait à Mboye II, pour permettre le développement du bled, alors que la société coréenne tient à les construire sur le site diamantifère.

A quatre mois du démarrage de l’exploitation, le site n’est pas encore viabilisé ; seuls les restes de l’exploration sont encore perceptibles. On parle même de la reprise des études d’impacts spécifiques au cas où la question de la construction des camps des ouvriers est tranchée en faveur de Mboye II. En attendant, seule une poignée de gardiens habitent les huttes construites sur le site. Le préfet a tiré la sonnette d’alarme et demandé qu’un état des lieux soit fait chaque mois par le délégué départemental. Il tient à ce que tout le monde soit quotidiennement informé sur tout ce qui se passe sur le site.

Entre controverse et duperie. Questions autour du décret présidentiel

Il est accordé un permis d’exploitation valable pour diamant et substances connexes dénommé “ Mobilong ” au profit de “ Cameroon and Korea Mining Incorporation ”, ci-après désignée la société C& K Mining, Bp 550, Bertoua . Cet extrait de texte présidentiel, comporte aux yeux d’aucun une incongruité qui dévoile le caractère détestable de la gestion de ce dossier. On aurait dit que ceux qui ont préparé et soumis ce texte à la signature du chef de l’Etat Paul Biya, ont éludé (volontairement ?), la localisation du site du gisement du diamant. De la première à la dernière phrase du décret présidentiel, nulle part, il n’est mentionné la situation géographique en dehors de celle du site lui-même

Pourquoi a-t-on fait dans l’esquive en ne citant ni la région de l’Est, moins encore le département de la Boumba et Ngoko ? non plus l’arrondissement de Yokadouma, la dernière unité administrative du Cameroun, lieu où se trouve le gisement ? Ceux qui ont préparé le décret, en restant muet sur la situation géographique du gisement de diamant au Mobilong qui  selon les révélations des experts miniers, a réussi à déclasser celui de la Russie , pour devenir le plus grand gisement de diamant du monde, sentaient-ils déjà venir les revendications des populations riveraines ? Il est difficile de croire à un simple oubli.

Les informations concernant la société exploratrice à laquelle est accordée le permis d’exploitation révèlent la même la boîte postale. Curieusement. Suffisant pour les populations de tirer la fronde de la contestation, tant est que pour elles la supercherie et l’imprécision arrangent ceux qui veulent fuir le débat sur le niveau d’enclavement et le retard de l’Est en matière de développement.

L’autre absurdité procède du caractère aérien et imprécis du décret présidentiel, sur la non spécification de ce que les populations riveraines sont en droit d’attendre en terme de retombées. Il manque de visibilité à ce niveau ; qu’il soit au ministère de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique où nous sommes passés ou encore chez les exploitants coréens, c’est motus et bouche cousue. Nos requêtes sont restées sans réponse.

Et pourtant, dans le registre des attentes, figure celle qui demande la prise en compte des doléances des populations riveraines, d’une région de l’Est Cameroun qui reste fortement marginalisée, en dépit des richesses minières et forestières qu’elle génère sans en jouir pleinement. Le décret présidentiel souligne de manière laconique, que : “ Durant la validité du permis d’exploitation, la société C& K Mining Inc., doit mettre à la disposition des populations riveraines des infrastructures sociales, sportives, éducatives et sanitaires pour favoriser leur épanouissement ”. Il s’agit ici d’une supplémentaire autre imprécision qui fâche les populations de l’Est en général, celles du département de la Boumba et Ngoko en particulier. Les cris de détresse et d’indignation qu’on observe, montrent  à quel point les populations veulent voir les choses “ bouger ” avant que ne commence l’exploitation. Face à un régime du Renouveau implacable et raide comme la justice, les voix et réticence des populations seront-elles entendues ? Après une déforestation sauvage et des mensonges qui leur restent en travers de la gorge, le moment n’est-il pas venu d’effacer les stigmates des injustices engendrées ?


D’une injustice à une autre. Pillage à huis-clos des ressources à l’Est

Avec près de 109.000km2, pour une population estimée à moins d’un million d’habitants, la région de l’Est du Cameroun, est la plus vaste. Quelle que soit la ville où on atterrit, les plus grandes revendications tournent autour de la route devant relier les quatre départements, la création d’une université d’Etat...  “ Nous demandons les infrastructures routières. C’est pratiquement la principale revendication qui est sur nos lèvres. Comment une région productrice d’autant de richesses peut accumuler autant d’injustices. Le fruit de notre labeur profite à tout le monde mais pas à nous. Nos élites pour la majorité, se battent pour elles-mêmes et pour les postes ” , accuse Gaston Atouba. L’Officier de police à la retraite, soutient que les calculs politiques du régime du Renouveau ont fini par briser tous les espoirs de développement. Le débat, porte aussi sur la création de nouveaux départements à Garoua-Boulaï Betaré-Oya. Avec ses 14 arrondissements, le Haut-Nyong par exemple parce que vaste et très étendu, revendique son éclatement en deux départements. Une thèse qui est soutenue par le maire Mongui Sosso Mba de Dimako, nouvellement promu au poste de président de la Chambre d’agriculture, des pêches de l’élevage et des forêts Chagri. 

Mais la plus grosse revendication sur le plan de la création des unités administratives est portée par Nkantio Léon. Le maire de Yokadouma suggère l’éclatement de la région de l’Est en deux, dont la région de l’Extrême-Sud-Est.  “ L’Est n’a que quatre départements ; comment expliquer que la région qui est déjà lésée sur le plan de la représentation politique, continue à payer le lourd tribut de la marginalisation ” , se plaint un chef de village. Pour lui, plus les années passent, plus les injustices dans les quatre départements s’accentuent. La région est pourtant gâtée par la nature : d’immenses ressources forestières et fauniques ; un sous-sol doté de plusieurs trésors et richesses minières ; une terre fertile, favorable à l’agriculture...

A l’Est, on pense que le pouvoir- Rdpc, a essoré les quatre départements de toutes les rentes forestières et de celles tirées de la commercialisation du cacao. Malgré cette position difficile et en dépit de telles souffrances, l’ironie du sort est telle que, la région reste finalement trop docile. “ Toutes nos revendications ont été diluées. On a oublié le grand projet de construction de la route Bertoua, Batouri, Yakadouma, jusqu’en Rca. Cette route somnole dans une misère aiguë. On attend les Coréens à Mobilong ” , s’indigne une dame enceinte, très perturbée.

La mort dans l’âme

Que la région de l’Est soit de par ses richesses forestières, agricoles et minières, un grand centre d’intérêt du régime du Renouveau, nul ne peut le contester. Mais que cette région ait bénéficié de quelque avantage, cela est une vue de l’esprit. En discutant avec cette population affable, il se dégage et on le ressent, la grande douleur et la somme des cuisantes injustices que vivent depuis des décennies, des personnes qui donnent tout à leur pays, mais en retour, ne reçoivent rien. Et pourtant, l’avenir du Cameroun, croit-on le dire, est dans le secteur minier.

La  région de l’Est regorge de plusieurs potentiels miniers. Une lecture panoramique des différentes ressources et richesses minières  qu’on y retrouve dans son sol et sous-sol, donne des frémissements. Commençons par  l’or dont les grands bassins sont : les localités de Bétaré-Oya, Bidiba, Colomine, Kika, Bekie, Keté et Batouri... Il y a le diamant dans la localité de Béke, du côté de Batouri, et Biki dans l’arrondissement de Yokadouma. Le grand et plus important gisement de diamant se trouve dans la localité de Mobilong à Yokadouma. La Russie qui contrôlait le leadership, vient d’être détrônée par le Cameroun qui arrive maintenant en tête avec les 766 millions de carats qui vont être exploités dans la cité du diamant à Mobilong. La région de l’Est est également féconde de par la présence du cobalt et de nickel à Nkanmouna (Lomié). Il faut préciser qu’il y a plusieurs gisements de iickel, cobalt et manganèse à Lomié. Mais pour l’instant, il n y a que sur le site de Nkanmouna, que l’exploitation est en phase de démarrage. A ces richesses minières, il faut intégrer le fer de Mballam ; un important gisement dont l’exploitation pourrait aller jusqu’à 100 ans, selon l’avis des experts miniers.


“ Bidjouki ” et “ Mvong-Von ”.  L’alliance comme pression sur les pouvoirs publics

Communauté de personnes venues de l’Angola, le peuple Bidjouki est installé sur quatre pays : Angola, Congo, République centrafricaine et le Cameroun. C’est un peuple travailleur qui vit dans cette partie de la forêt. Au Cameroun, il s’étale sur près de 90 km le long de la ville de Yokadouma jusqu’à la première ville centrafricaine, Mboyé II. Quand on dépasse Mboye II, on est au poste frontalier de Nyantin à 3 km de la Rca. Il est fait d’hommes et de femmes timides et pacifiques qui ont pendant longtemps subi diverses tribulations et railleries des “ Mvong-Von ”, l’autre peuple de Yokadouma.

Ces derniers les ont toujours traités de  peuple allogène, du fait de leur provenance de la Rca ou du Congo voisins. Ironie du sort, ce sont sur les terres des “ Bidjouki ”  que sont bâties les principales institutions et structures de la ville de Yokadouma : l’hôpital de district, les lycées classique et technique, l’évêché catholique et le Ces bilingue. Ce sont également les mêmes terres des “ Bidjouki ”  qui vont abriter le site de la “ cité du diamant ”. Depuis la découverte du gisement de diamant, des rapprochements sont en train d’être opérés, pour une éventuelle réconciliation entre ces deux peuples qui se sont faits une “ guerre ” vaine. “ Pour mieux porter nos doléances, pour des raisons de lobbying, si nous voulons par une forte pression obtenir de résultats positifs à nos doléances, il est souhaitable que nous fassions la paix des braves ”, explique un chef traditionnel “ Mvong- Von ”.

Le peuple Bidjouki qui vit depuis des siècles dans la cité du diamant craint que les déceptions et la non prise en compte des doléances des populations de l’Est pendant la période faste de l’exploitation forestière peuvent être réactivées. Leur indignation s’explique davantage par l’oubli et l’indifférence dont ils se disent victimes. Toutes ces craintes et frayeurs perdre le sommeil aux autorités préfectorales et aux fonctionnaires en service à la délégation départementale de la Boumba et Ngoko.

“ Nous voulons dans le secteur minier, éviter les erreurs et la manière de gérer les retombées telles que constatées dans le secteur forestier. Nous voulons dans le secteur minier, créer, bâtir des relations de confiance entre les différents acteurs (partenaires, populations et l’Etat) concernés par le secteur minier. C’est pour cela que pour le cas de gisement de diamant de Mobilong, la société “ Cameroon and Korea Mining Incorporation ” est astreinte à mettre à la disposition des populations riveraines des infrastructures sociales, sportives, éducatives et sanitaires. Vous comprenez qu’on a pensé aux populations. Il faut qu’elles soient simplement patientes, car beaucoup d’espoirs pointent à l’horizon et le meilleur est à venir. Rien ne sera plus comme avant avec le secteur forestier ” , avoue le délégué départemental de l’industrie, des mines et du développement technologique de la Boumba et Ngoko.
 
Suspicion et dénonciation du contrat d’exploitation

Calmer les ardeurs des deux peuples s’annonce comme un impératif pressant. Il faut beaucoup de vigilance, avant le début de l’exploitation du diamant. Tout le monde a la critique acerbe par rapport à la périodicité du contrat entre l’Etat du Cameroun  et la société “ Cameroon and Korea Mining Incorporation ”. La vérité sur les déclarations des Coréens laisse songeur, d’autant que c’est la même société qui a conduit les activités d’exploration. “ Un contrat d’une durée de 25 ans renouvelable ne serait-ce qu’une fois, ouvre la porte à une surexploitation et inquiète sur la sincérité des études qui peuvent laisser croire que les quantités déclarées auraient été exagérées dans le but de faire croire au long terme ou simplement par duperie. Dans l’un ou l’autre cas, la société qui est seule à maîtriser la nature du site peut se contenter d’une exploitation rapide en dix ou quinze ans, un gisement dont la durée d’exploitation est prévue pour au moins 50 ans, révèle un expert sur les questions minières.

Cette révélation en rajoute aux craintes des deux ethnies riveraines. Sur les visages, se lit le ressentiment des personnes n’acceptant plus d’être timorées, ni malléables. “ Mobilong est le dernier village camerounais frontalier avec la première ville centrafricaine. Il est fort possible que, dans le contexte où le flou artistique demeure et qu’un cahier des charges n’est pas été élaboré, les mêmes profiteurs du régime du Renouveau vont trouver leur compte. Bien plus, à l’avenir, la Société coréenne qui exploite notre diamant pourrait facilement passer par la République centrafricaine d’où l’accès semble plus aisé ”, conclut Assambo. 


Du supplice à l’indignation. Colères et misères des populations de la Boumba et Ngoko

Plus que l’impression d’un ras-le-bol, à travers les complaintes des populations, se lit le ressentiment et la détermination à créer une rupture avec la “ docilité ” d’antan.
 
Le département de la Boumba et Ngoko, pour ceux qui ne le connaissent pas, est une unité administrative située aux confins du Sud-est de notre pays, plus vaste que le Rwanda, et pourvue d’innombrables richesses :  cacao ; café ; tabac ; bois ; or ; diamant ; fer, etc...Depuis l’époque de la colonisation allemande, ces richesses ont fait l’objet d’exploitation intensive, sans retombées bénéfiques pour les populations qui continuent de croupir dans une misère indescriptible, vivant, comme le dit l’adage, “ au bord de l’eau en se lavant les mains avec les crachats ”. Ce qui, aux yeux de tous, constitue une grave injustice. A titre d’illustration, lorsque l’exploitation du bois s’intensifie dans les années 60, il ne vient pas à l’idée des pouvoirs publics d’y construire une route, ou d’y étendre le projet du chemin de fer en gestation, afin de permettre l’évacuation du bois et des autres produits. Le bois était alors exporté par voix fluviale à partir de Moloundou, via le port de Pointe-Noire au Congo, et les taxes douanières municipales reversées au profit de la Commune   devenue Communauté Urbaine de Douala. Jusqu’à ce jour, personne n’a songé réparer ce préjudice financier subi par les municipalités de la Boumba et Ngoko.

Le trajet entre Abong-Mbang et Lomié fait constater que le tronçon routier est dans un piteux état. Le voyage de Bertoua à Yokadouma est un calvaire, si ce n’est l’enfer sur terre. S’agissant du tronçon routier qui va de Yokadouma vers la cité du diamant à Mobilong, c’est à peine s’il existe de route. Il est également difficile voire, impossible de rallier Abong-Mbang à partir de Yokadouama en passant par Lomié. Et pourtant, à ce niveau, si la route était praticable, le voyage serait très allégé, moins long et lassant aussi. Il est à souligner que tous ces axes routiers sont des routes nationales qui doivent être construites par l’Etat camerounais.

“ Il est certes vrai que ces infrastructures routières peuvent être construites à partir des ressources générées par l’exploitation minière. Mais il faut dire que les ressources minières en question n’existent pas encore. Le Cameroun étant en train de devenir un pays minier, ça devrait aller ”, tente d’expliquer un cadre en service à la préfecture de Yokadouma. Et de poursuivre que tous les grands projets d’exploitation minière, viennent d’achever la phase d’exploration (au cours de laquelle, on ne pouvait pas valablement faire des investissements d’envergure). “ Maintenant qu’on s’achemine vers le démarrage proprement dit des exploitations minières, nous pensons que c’est le moment de demander à ces entreprises de s’investir dans les œuvres sociales, infrastructurelles autant que dans la construction des routes. Il revient aux Camerounais d’être patients parce que c’est dans la phase d’exploitation qu’on pourra parler du partage des bénéfices. Une partie des retombées irait aux œuvres sociales, une autre irait au Trésor public en terme de taxes qui permettront à l’Etat de construire les routes ” , conclut Assangono André.


Inquiétudes à la préfectorale

 “ On n’a rien profité du bois. Le gisement de diamant est un don du ciel. Nous n’allons nous faire duper par les provisions de riz, de sucre et des têtes de maquereaux. Nous n’allons plus accepter qu’aux précédentes injustices et autres frustrations s’en ajoutent d’autres ” s’indigne Louis Honoré Ekalom. Ce ras-le-bol est la goûtte d’eau qui déborde le vase. Jusqu’ici, les populations du département de la Bouba et Ngoko, qui estiment avoir été lésées, avouent avoir payé le lourd tribut des mauvais arbitrages des autorités administratives, judiciaires et des forces de l’ordre. “ On a été victimes de toutes sortes de mauvais arbitrage. Nous avons subi une certaine déshumanisation, des humiliations, le mépris et le déshonneur. Les sociétés forestières nous ont laissés un amère souvenir. Toutes les crises et autres revendications étaient tuées dans l’œuf ou tranchées en notre défaveur. Inutile de procéder au décompte des emprisonnements et des licenciements abusifs dont nous avons été des victimes. Tout s’est passé comme ci Yokadouma était devenue une localité où, chacun s’engraissait en jouant le bourreau des populations. Le fait que nous avons été pacifiques et paisibles a donné l’impression que nous sommes analphabètes. Cette fois-ci, on les attend de pieds fermes ”, explique Assombo. 

Du coté des autorités, on prend la menace au sérieux. Le préfet du département a fait une descente sur les lieux le 23 décembre 2010. “ Les attentes des populations sont énormes ; en plus du bitumage de la route, il y a des doléances sur : les emplois,  la construction des infrastructures, les hôpitaux, les écoles... Tout se passe comme si tous les espoirs de cette communauté étaient portés sur l’exploitation de ce gisement ” , explique Prospère Yetnang Lahandi, délégué départemental de l’Industrie, des mines et du développement technologique. Pour éviter l’irréparable, la délégation et les autorités préfectorales envisagent la mise sur pied d’un bureau socio-économique ; une sorte de carrefour, devant permettre aux populations d’être informées sur ce qui se passe. “ Le bureau va également s’occuper de recenser des demandes de recrutement et les doléances des populations. On va leur dire comment on gére l’affaire de peur de les voir bloquer le passage des engins. A la phase de l’exploration, ils ont voulu exprimé leur mécontentement, mais on a dû parlementer. Nous sommes prêts et attendons de pieds fermes l’entreprise coréenne. Nous allons peser de tout notre poids pour que le cahier de charges et toutes les dispositions, surtout celles allant dans le sens du respect des attentes des populations, soient respectées ” conclut Prospère Yetnang Lahandi. 

Roger Sombaye Koatadiba:  “ Il s’agit d’un problème de stabilité et de la sécurité de l’Etat ”

 Administrateur civil, en service au ministère des Finances, ressortissant du département de la Boumba et Ngoko.

 
Quelle réaction vous suggère la découverte du plus grand gisement mondial de diamant à Mobilong et comment appréciez-vous que l’Etat du Cameroun ait concédé le permis d’exploitation à une société coréenne ?

La signature il y a quelques temps par le président de la République du décret octroyant une licence d’exploitation minière à la société coréenne C & K mining Inc., marque incontestablement l’amorce de la phase concrète de l’exploitation du gisement de diamant découvert à Mobilong, qui, il faut le rappeler, a été classé par les experts en la matière première réserve mondiale. C’est une très bonne nouvelle qui me comble de satisfaction, en tant que fils de la Boumba et Ngoko, et qui devrait naturellement faire plaisir à tous les autres Camerounais.

Ce projet diamantifère constitue en fait une sorte de revanche sur l’histoire que la nature offre à cette localité. Pendant de nombreuses années, sous le régime du président Ahidjo, la Boumba et Ngoko à été mise au banc de l’histoire, marginalisée, voire honnie, au prétexte d’avoir abrité la rébellion upciste conduite là-bas par Ossendé Afana assassiné en 1965. La répression y a été impitoyable, comme l’a témoigné Rabier Anani Bindji dans son émission “ Témoin de l’histoire ”, réalisée en 2008, dans laquelle il soutenait qu’ailleurs, à l’Ouest et en pays bassa sous le maquis, l’Etat a réprimé et tué avec les armes et a procédé à des compensations, alors que dans la Boumba et Ngoko, les populations sont soumises continuellement à une répression et à une mort insidieuse par la misère, la marginalisation, l’exploitation ; l’intimidation et le mépris.

L’on oublie cependant de dire que la rébellion n’a pas été implantée dans cette région par ses ressortissants. Les combattants nationalistes s’y sont aventurés à cause de son inaccessibilité liée à l’enclavement, qui rendaient les opérations militaires du gouvernement de Yaoundé très difficiles à organiser. Donc, l’enclavement est une menace sécuritaire pour le pays, et les expériences du pays bassa, de la Boumba et Ngoko hier, de Bakassi aujourd’hui, le démontrent à suffisance.

 
Pourquoi cette référence à l’histoire quand on sait qu’en ce moment à Yokadouma, vos compatriotes sont sur le pied de guerre, déterminés à en finir avec le régime en place si davantage les mêmes injustices sur le partage des retombées venaient à se répéter ?

Ces données de l’histoire devraient édifier les uns et les autres, mais surtout les amener à en tirer des leçons, notamment les pouvoirs publics, ainsi que les opérateurs économiques attirés par les richesses dont regorge la région de l’Est. La première leçon est que, envisager l’exploitation du diamant de Mobilong dans les conditions actuelles, dans les buissons sous les arbres, sans route moderne reliant Bertoua à Moloundou en passant par Yokadouma, en évacuant les ressources exploitées par hélicoptère, c’est ajouter de l’injustice à l’injustice. Les populations ne méritent pas cela, et ne le supporteront pas.

C’est très délicat, car cette localité, en crise sociopolitique ouverte depuis les années 90, est comme une marmite en ébullition, prête à exploser. Au plan des retombées sociales du projet minier, il conviendrait d’associer étroitement les populations à la base, dans les villages, à l’élaboration des cahiers des charges du projet, et faire participer leurs représentants au sein des structures de suivi et de contrôle de l’exécution desdits cahiers des charges. La deuxième leçon à tirer, est qu’il est inconcevable d’exploiter les richesses d’un pays et laisser les populations des zones d’exploitation dans la misère absolue comme c’est le cas actuellement à l’Est. Certes, dans le secteur forestier et faunique, l’Etat a opportunément institué des taxes et redevances au profit des communes et des populations riveraines.

Cependant, le même Etat n’a pris aucune disposition pour s’assurer que ces ressources parviennent à leurs bénéficiaires et qu’elles contribuent effectivement à l’amélioration de leurs conditions de vie. On a plutôt vu les fonctionnaires de l’Etat et les maires qu’ils ont chaque fois cooptés, s’enrichir par la prévarication et la corruption, dilapider lesdites ressources concédées au détriment des paysans, sans moyen de recours. C’est tout aussi injuste. La troisième leçon, pas des moindres, est que l’exploitation du diamant tout comme d’autres minerais précieux attirent dans les zones concernées des brigands et trafiquants de tout bord. Or, la Boumba et Ngoko, ouverte sur une longue frontière de plus de 1000 km avec le Congo et la Centrafrique , des pays voisins du Cameroun régulièrement en proie à des conflits violents, abrite depuis des années des gangsters braqueurs d’avions ; braconniers ; trafiquants d’armes, qui y évoluent aisément dans l’immense et dense forêt équatoriale où les forces de sécurité ont de la peine à traquer.

Comment éviter le clash entre les différentes parties ?

Le démarrage de l’exploitation du diamant sans dispositifs de sécurité appropriés va certainement replonger cette localité dans l’insécurité connue durant les années 60, et qui a freiné son émergence. Au-delà de la Boumba et Ngoko, c’est d’un problème de la stabilité et la sécurité de l’Etat dont il s’agit, qui me préoccupe en tant qu’élite, et mériterait des dispositions préventives adéquates, afin de préserver la paix sociale. En définitive, la région de l’Est en général et surtout le département de la Boumba et Ngoko constituent une chance, un atout majeur pour le développement de notre pays. Ses richesses agricoles, pastorales, fauniques ; du sol et du sous-sol, en quantité importante, exploitées rationnellement et dans un esprit patriotique et de solidarité nationale, devraient contribuer de façon décisive au développement rapide de notre pays, pour le bien être de toutes ses populations. Ce qui ramène à mon esprit ce que m’a dit Richard Savard, un géologue de la compagnie minière américaine Santa Fé que j’ai fait venir au Cameroun en 1994 pour évaluer le potentiel des gisements d’or de l’Est. Je le cite, “ Roger, comment le Cameroun peut-il être un pays pauvre alors que tes parents font pis pis sur l’or ? ” C’est ce paradoxe que le projet de Mobilong doit résoudre.

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