12/04/2011 02:49:53
Et si la France vient d'écrire la fin de ses turpitudes en Afrique...
Le principe de base de la Conscience noire est le rejet par l’homme noir du système de valeurs qui veut faire de lui un étranger dans son propre pays et qui détruit jusqu’à sa dignité humaine » Stephen Bantu Biko.
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«Le principe de base de la Conscience noire est le rejet par l’homme noir du système de valeurs qui veut faire de lui un étranger dans son propre pays et qui détruit jusqu’à sa dignité humaine » Stephen Bantu Biko.

Comme, nous le rappelerons sans cesse et même si certains esprits pour lesquels l'intégrité, la dignité, mais surtout la lutte pour la liberté ne signifient rien et trouvent dans notre propos de l'exagération. A ces derniers, nous répondons comme l'a si bien fait Albert Memmi dans l'ouvrage de James Baldwin qui mettait en évidence, les mêmes atrocités subies par les noirs aux Etats-unis, «The Fire Next Time »,et démontrait parallèlement leur détermination pour la conquête de la liberté,  “On dit toujours que quelqu’un exagère quand il décrit une injustice à des gens qui ne veulent pas en entendre parler“.

Nous rappelions donc le principe de base de son exitence, de sa survie dans l'échiquier mondial comme puissance, est la négation de leurs droits par la France, à tous celles et ceux qui ont accidentellement eu le malheur d'appartenir à un continent pourvu de richesses naturelles et dont le tort et l'extrême crime est de chercher d'en disposer selon les principes qu'ils auraient édictés en fonction de leurs convictions.

Malheureusement, et une fois de plus, ces paroles pleines de sens de celui qui a perdu sa vie à l'âge de 31 ans et qui faisait déjà preuve d'une très grande lucidité, d'un sens profond d'intégrité,ne trouveront pas encore écho favorable dans notre continent, dans sa partie francophone. Du moins pas pour le moment.

La jubilation de certains africains suite à l'agression criminelle et odieuse de la France en Côte d'Ivoire prouve une fois de plus que, ce n'est pas tant les exactions politiques des dirigeants africains le premier danger qui guette notre continent, mais bel et bien, la réligieuse soumission de cette catégorie aux normes occidentales, une adhésion béate à ses principes à géométrie variable. Oui ! Le problème du continent, c'est la mentalité de l'africain....à l'image de ce que disait une fois de plus Stephen Bantu Biko "L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est la mentalité de l'opprimé ".

La félonie et la poltronnerie de l'Union Africaine en passant par celles de nombreux africains sont en effet les ingrédients qui aident l'hitlérisme napoléonien de l'actuel occupant de l'Elysée Nicolas Sarkozy à croire qu'il ré-écrira une autre page de la colonisation avec pour idée motrice : l'humanitaire et la protection de ces pauvres africains, incapables de tout.

On doit être triste pour l'individu et le traitement d'humiliation qui sera le sien et celui de sa famille dans les prochains jours.Le syndrome de Bagdad passera surement par là et pourquoi l'ignominie s'arrêterait-elle en si bon chemin ? De Alain Juppé qui a appelé à l'assassinat par le biais d'une rhétorique politicienne pour masquer, en passant par les socialistes, ces amis des noirs de France, jusqu'au nouveau Napoléon de l'Elysée, ils ont dû à leur tour avoir leur «Yes !!! We got him »....Cette exclamation victorieuse des assassins nobles agissant sous le couvert des institutions. Comme en France on ne fait pas les choses comme les autres, et qu'il y a toujours un nègre de prêt à avaliser ; pourquoi ne pas honorer un vieux nègre à la quête de la médaille pour faire l'annonce ?

Albert Memmi “Lorsqu’un opprimé a entrevu la possibilité d’être libre et qu’il accepte d’en payer le prix, il est vain d’espérer encore la paix pour longtemps”.

Sans le vouloir, et signe des temps peut-être, la France vient par son entetêment, avec l'adhésion massif et unanime de toute sa classe politique à part quelques voix comme celle du leader du Front National, à l'hitlérisme napoléonien de son président, d'écrire la nouvelle partition qui rythmera ses relations avec ce qu'elle croit encore être son terrain de jeu. Plus rien ne sera plus comme avant....Sa politique d' hémiplégie du continent par ses mafieuses et macabres actions est entrain de prendre le chemin de la fin. Les sirènes du début de la fin d'une époque viennent de retentir.

Dès ce jour, la Côte d'Ivoire est devenue le symbole des résistances africaines contre les dictatures françaises en Afrique ; et loin de susciter la peur, cette agression barbare et colonialiste renforce plutôt la détermination de la jeunesse africaine, une fois de plus abusée, désabusée et violée dans sa chair et sa dignité,à mettre définitivement hors d'état de nuire les nombreuses tentacules que la France déploie sur le continent et l'empêcher ainsi à demeurer cet obstacle à leurs aspirations. Cette jeunesse qui a compris que l'épaisseur entre France et Crasse est minime voire inexistante...

Mamadou Koulibaly, parlant de cette jeunesse et de sa détermination à combattre cette France colonialiste, soulignait:(... ). Mais la France doit également avoir à l’esprit qu’avec la prise de conscience du peuple de Côte d’Ivoire, et sa maturité politique de 2005, débarrassée des complexes du colonisé des années 60, aucune démarche de passage en force, même par voie diplomatique, ne peut constituer une solution durable à la complexe situation qui est le résultat de la volonté de Paris de mettre au pas la Côte d’Ivoire.

La jeunesse de Côte d’Ivoire est à l’image de celle du Togo, du Bénin, du Mali, du Burkina, du Sénégal, du Gabon, du Cameroun, du Congo et de tous les pays colonisés en Afrique par la France. Les aspirations de ces jeunes sont les mêmes, et le grondement est identique d’un bout à l’autre de l’Afrique. Jouer à la sourde oreille, ou vivre dans la chimère de la certitude de pouvoir tout contrôler comme dans les années 60, est pour la France et pour nos dirigeants africains actuels, un risque considérable dont les conséquences sont aujourd’hui difficiles à mesurer.

Laurent Gbagbo est la première page de ce livre qui permettra l'écriture de la détermination de cette jeunesse à mettre fin à une politique assassine qui n'a que trop duré. Non pas qu'il soit le parangon des vertus, comme il n'est pas non plus le mal que l'on a souhaité vendre à la planète pour assouvir les basses besognes d'une nation en perte de vitesse ; mais parce qu'il a permis de mettre à nu, les manigances scabreuses, la politique d'extermination engagée par la France depuis belle lurette en Afrique,mais qu'elle prenait la peine de masquer, de vernir par des concepts vides de substance pour endormir les derniers sceptiques et autres incrédules.
 
En cela, l'Afrique peut vous dire merci à vous monsieur Nicolas Sarkozy. Merci de lui avoir permis de voir que tu es toi France, une nation roublarde, que tu es toi Europe, une civilisation qui ruse avec les principes donc une civilisation moribonde. Même les plus sceptiques savent aujourd'hui que tu es une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite ton fonctionnement donc une civilisation décadente. Que ta mission civilisatrice d'hier et aujourd'hui humanitaire et protectrice ne répose que sur les tas de cadavres qui jonchent ton chemin, à l'image de ceux des ivoiriens que tu viens encore d'ajouter à ton sombre palmarès et dont tu es si fiere.

L'Afrique a entrepris la possibilité d'être libre, par tous les moyens ;elle vient de perdre une bataille, mais la guerre sera gagnée. Car la jeunesse africaine vous combattra, c'est une question de sa survie existentielle et non une question d'intérêt.

Jean-Jacques Dikongué

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