13/04/2011 13:13:22
Côte d'Ivoire: Au delà d'un discours, la chasse aux sorcières
L'organisation Amnesty International a dénoncé hier des actes de "représailles" à l'encontre des pro-Gbagbo à Abidjan, apportant des témoignages d'habitants terrorisés et de meurtres dans le pays.
topmedias / nouvelobs
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Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier Ministre de Laurent Gbagbo et président du Front populaire ivoirien (FPI), est prêt à entamer des discussions avec le gouvernement d’Alassane Ouattara. Il compte notamment réclamer la remise en liberté du président Laurent Gbagbo et la fin des représailles contre ses proches.

Les partisans du président ivoirien Laurent Gbagbo craignent pour leur vie depuis l’assassinat du ministre de l’Intérieur Désiré Tagro par les forces d’Alassane Ouattara. C’est le cas du président du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N’Guessan, qui est contraint à la clandestinité.

Dans une interview à la Voix de l’Amérique, Pascal Affi N’Guessan affirme que «le pays est livré aux pilleurs» et que les autorités politiques proches du président Laurent Gbagbo sont actuellement «dans la clandestinité».

« Je suis activement recherché », a indiqué Pascal Affi N’Guessan. Le président du FPI dit sa maison de Bongwano a été incendiée et celle d’Abidjan pillée.

Pascal Affi N’Guessan se dit prêt à entamer des discussions avec le camp d’Alassane Ouattara. Toutes les questions doivent être abordées, « à commencer par la mise en liberté du président Laurent Gbagbo ».

Assassiner des ministres, procéder à l’arrestation du président Laurent Gbagbo en le traitant comme un délinquant, déchirer les vêtement de son épouse Simone Gbagbo, «ce n’est pas jeter les bases d’une gouvernance stable», a fait savoir le président du Front populaire ivoirien.

Respect des droits humains

L'organisation Amnesty International a dénoncé mardi 12 avril des actes de "représailles" à l'encontre des pro-Gbagbo à Abidjan, apportant des témoignages d'habitants terrorisés et de meurtres dans le pays.
Les partisans du président ivoirien Alassane Ouattara "doivent cesser toutes représailles et violences" à l'encontre de ceux du sortant Laurent Gbagbo, a déclaré Amnesty. "Les graves violations des droits de l'Homme perpétrées par Laurent Gbagbo et ses partisans, ainsi que par ceux d'Alassane Ouattara, doivent être recensées et leurs auteurs conduits devant la justice", a déclaré Véronique Aubert, directrice adjointe du Programme Afrique d'Amnesty International, dans un communiqué.

"Les Ivoiriens perçus comme étant des partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo courent le risque de violentes représailles, en dépit de la déclaration du président Outtara qui a appelé lundi à s'abstenir de toute formes de représailles ou de violence", selon le texte.
"Alassane Ouattara doit rétablir la loi et l'ordre en donnant des instructions strictes à toutes ses forces afin qu'elles respectent les droits humains et protègent quiconque contre ces exactions", a dit Véronique Aubert.
Amnesty rapporte des témoignages à Abidjan et dans l'ouest du pays, faisant état d'attaques de civils considérés comme des partisans de Gbagbo par des hommes armés décrits comme des pro-Ouattara.

Descentes dans les quartiers

"Aujourd'hui (mardi), à Abidjan, des hommes armés, dont certains portaient des uniformes, ont fait des descentes des quartiers habités par des partisans avérés ou supposés de Laurent Gbagbo, notamment à Yopougon et à Koumassi", rapporte l'ONG.

Un témoin a raconté à Amnesty International "comment un policier, appartenant à la même ethnie que Laurent Gbagbo, avait été appréhendé ce matin (...) à son domicile et abattu à bout portant sous ses yeux".
"Des dizaines de jeunes gens se cachent actuellement à Abidjan par crainte d'être tués. Dans l'ouest du pays, des personnes soupçonnées d'être des partisans de Gbagbo sont également terrifiées. Beaucoup se trouvent toujours en brousse après que leurs villages aient été brûlés et ces populations doivent être protégées", a dit Véronique Aubert.

Amnesty International demande également "à ce que Laurent Gbagbo, sa famille et ses partisans, qui sont détenus, soient traités conformément aux procédures prévues par la loi".

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