10/07/2009 17:41:13
PAM : «L'engagement pour l'Afrique est très sérieux»
INTERVIEW - Staffan de Mistura, le numéro deux du Programme alimentaire mondial, estime que la crise frappera durement les pays pauvres dans 12 à 18 mois.
Le Figaro
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L'engagement de la Communauté Internationale en faveur de la sécurité alimentaire est une décision «sage, indispensable et appropriée», commente Staffan De Mistura, «numéro deux» du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Cette agence de l'ONU chargée d'acheminer les secours aux réfugiés et déplacés dans le monde entier assistera 105 millions de personnes cette année pour un budget de 6,4 milliards de dollars dont un quart seulement a été réuni à ce jour.

«La crise, explique-t-il, n'a pas encore fait sentir tous ses effets dans les pays les plus pauvres. Le moment le plus délicat se fera sentir pour eux dans un an à dix-huit mois. Ces pays sont déjà étranglés par la crise financière, le relèvement des prix agricoles qui ont augmenté de 38 % en quatre ans et la perte de pouvoir d'achat dérivant de la contraction des sommes que les travailleurs migrants envoient à leurs familles. Ces pays traversent un moment particulièrement délicat et leurs difficultés ne feront que s'accroître. Il convient de les aider en poursuivant les programmes d'aide alimentaire».

Le montant de vingt milliards de dollars en trois ans annoncé ce matin au G8 de l'Aquila vous parait-il approprié ?

Staffan DE MISTURA - C'est un montant important. Encore faut-il bien utiliser ces ressources pour leur donner la plus grande efficacité possible. On veut passer du concept d'aide alimentaire à celui de soutien et d'investissement dans les cultures vivrières de la multitude de petits producteurs qui constituent l'épine dorsale de l'économie du monde en développement. C'est hautement souhaitable.

Ce n'est pourtant pas la première contribution annoncée par le G8 pour l'Afrique ?

Certes, mais cette fois, cela a tout l'air d'un engagement très sérieux. Grâce en majeure partie à l'impulsion donnée par Barack Obama qui a rallié tous les suffrages. Il est urgent que la communauté internationale se mobilise, le nombre d'affamés ayant déjà dépassé le milliard d'habitants. Transférer de nouvelles technologies à l'agriculture du Tiers Monde, comme encourager les achats de denrées auprès des producteurs locaux sont importants. On peut en attendre un effet boule de neige sur l'agriculture. La stabilisation de la production agricole contribue largement à la stabilité des économies.

L'aide publique au développement (APD) est déjà réduite avec la portion congrue, avec de nombreux pays en retard considérable sur leurs contributions. Un tel effort ne risque-t-il de se faire au détriment de l'aide alimentaire ?

C'est absolument la chose à éviter. Investir dans l'agriculture est une excellente politique, mais il ne faut pas pour autant diminuer les aides d'urgence dont dépendent des centaines de millions d'êtres humains sur la terre».

Richard Heuzé

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