14/04/2011 02:25:12
Le pouvoir: Affaire de vie ou de mort
Le Messager n’a jamais eu de cesse de dire qu’en Afrique, les détenteurs du pouvoir politique ne le perçoivent pas comme un mandat de service public, mais seulement comme la possibilité, voire l’ultime opportunité de jouir de ses prérogatives constitutionnelles, y compris le droit de vie ou de mort sur les citoyens supposés en faire partie, pour s’amasser une fortune personnelle ou résoudre définitivement leur problème alimentaire.
Le Messager
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Le Messager n’a jamais eu de cesse de dire qu’en Afrique, les détenteurs du pouvoir politique ne le perçoivent pas comme un mandat de service public, mais seulement comme la possibilité, voire l’ultime opportunité de jouir de ses prérogatives constitutionnelles, y compris le droit de vie ou de mort sur les citoyens supposés en faire partie, pour s’amasser une fortune personnelle ou résoudre définitivement leur problème alimentaire. Aussi sommes-nous fort aise de faire nôtre, ce constat d’un  intellectuel africain comme il en faudrait une pléthore dans notre pays, et qui dit ceci : “ Ce n’est que lorsque le pouvoir politique devient un instrument d’amélioration des conditions de vie du pays et de ses habitants, que celui qui perd une élection présidentielle n’en fait pas la fin du monde, car il sait que celui qui la gagne vient juste de remporter une bataille politique, et (qu’il lui reste à) travailler pour le bien-être de tout le pays ”

Le problème, c’est que, parvenu à ce stade par quelque moyen que ce soit, l’argent, les honneurs et privilèges sont si faciles à acquérir qu’on perd tout sens de la mesure, et on commence à se demander pourquoi faut- il encore se mettre à la peine au bout de 4, 5 ou 7 ans si on peut trouver l’astuce ou la force pour s’y maintenir. La légalité de la position, davantage que la légitimité de la mission, devient la justification ultime d’un “ pouvoir ” qui, à force d’être absolu, conduit son détenteur de la paranoïa à la folie pure, en passant par la schizophrénie.

On en oublie que le pouvoir qu’on détient vient du peuple. Et si quelque circonstance historique, genre élection par exemple, s’avère susceptible de rappeler au détenteur cette vérité qui fonde la démocratie, alors, tous les moyens paranormaux, mystico-religieux, satanistes, assortis de corruption et de désinformation massives, seront bons pour lui conférer aux yeux du peuple, une puissance si incontournable qu’on ne peut que le reconduire pour être tranquille. Alors, comme  si bien dit par notre correspondant dans le texte ci-contre,  durer au pouvoir et réprimer tous ceux qui veulent y accéder devient le programme politique le plus partagé par les présidents africains .Lesquels, au demeurant, ont fini par constituer un syndicat appelé “ Union africaine ”, pouvant au mieux fermer les yeux, et au pire soutenir tout massacre de leurs peuples par n’importe lequel de leurs membres.

Ainsi se justifie le soutien de certains chefs d’Etats africains à un de leurs pairs qui veut décimer pour défendre son pouvoir quarantenaire, ses propres populations qualifiées de “ rats et microbes ” au prétexte fallacieux que la communauté internationale, notamment euro-américaine, ne fait pas la guerre pour protéger les populations massacrées, mais pour “ faire main basse sur les ressources africaines ” Des ressources que pourtant ces puissances coloniales exploitent impunément depuis 400 ans, et dont nos Chefs qui sont leurs mandataires, en 50 ans d’indépendance, n’ont même pas réussi à nous en faire d’usufruitiers capables de manger à leur faim. Des ressources que  “ les rats et microbes ” doivent se transformer en “ bouclier humain ” pour en protéger l’unique bénéficiaire : leur chef d’Etat et leur dieu.

Bien qu’au vu et au su de tous, les événements de Tunisie, d’Egypte et de Libye, sans se ressembler dans leur déroulement, soient l’expression du message que les peuples africains sont fatigués de la longévité au pouvoir de leurs chefs, il se trouve encore des universitaires et “ intellectuels ” camerounais, en avril 2011, pour solliciter que M. Biya (photo), après 30 ans de pouvoir absolu, brigue encore un mandat de 7ans. La vérité, c’est qu’aucun d’entre eux ne se sent capable  de prendre les rênes du pays pour conduire cette révolution contre l’occident à laquelle ils invitent la jeunesse par des tracts anonymes. Ce sont des “ révolutionnaires du verbe ” qui espèrent que M. Biya leur trouvera quelques prébendes continues, ou les fera oligarques de son pouvoir sans fin, afin que chacun d’eux “ bouffe ” jusqu’à cirer la peau tendue de son nombril.

Dans les conditions où “ perdre une élection présidentielle devient automatiquement une question de mort pour les perdants et synonyme de vie pour les gagnants ”, il faut être fou pour trouver anormal que des Agrégés et Docteurs en facilité, dont certains se disent des “ créatures de Paul Biya ” choisissent un camp qui, à leurs yeux, ou selon leur voeu, sera le gagnant.

Jean Baptiste Sipa

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