19/09/2018 18:52:06
Paix et sécurité : l'aide de l'UE à l'Afrique a « peu d'effet » selon la Cour des comptes européenne

Dans son rapport spécial intitulé « Aide de l'Union européenne à l'architecture africaine de paix et de sécurité: un recentrage s'impose », la Cour des compte européenne a estimé que l'appui de l'Union européenne à l'architecture africaine de paix et de sécurité a eu peu d'effet. L'instance a ensuite fortement suggéré que cette aide soit recentrée.

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Vue du siège de la Cour des comptes européenne. (Crédits : DR)

Dans son rapport spécial intitulé « Aide de l'Union européenne à l'architecture africaine de paix et de sécurité: un recentrage s'impose », la Cour des compte européenne a estimé que l'appui de l'Union européenne à l'architecture africaine de paix et de sécurité a eu peu d'effet. L'instance a ensuite fortement suggéré que cette aide soit recentrée.

« L'aide financière de l'Union européenne (UE) à l'architecture africaine de paix et de sécurité (AAPS) a eu peu d'effet », c'est ce qu'a indiqué cette semaine la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA) dans un communiqué relayant un rapport spécial de la Cour des comptes européenne (CCE) consacré à cette aide.

Selon les experts de la CCE qui recommandent d'ailleurs que cette aide soit « recentrée », si l'AAPS est restée très dépendante du financement de donateurs, l'aide apportée par l'UE a été centrée sur la participation aux coûts opérationnels de base de cette architecture plutôt que sur des mesures de renforcement des capacités. Ceci a eu pour conséquence de limiter l'AAPS.

« Les parties prenantes et les donateurs attendent beaucoup de l'AAPS», a déclaré Juhan Parts, membre de la CCE responsable du rapport. « Cependant, nous avons constaté que les capacités des composantes de l'AAPS variaient considérablement et qu'elles étaient mises à mal en raison du manque d'engagement politique de plusieurs États membres de l'UA, ainsi que de ciblage des fonds alloués par l'UE. Pour renforcer véritablement la paix et la sécurité en Afrique, il faut des objectifs clairs en matière de développement des capacités », a-t-il poursuivi.

Beaucoup d'insuffisances relevées

L'audit de la CCE a permis de relever plusieurs insuffisances dans l'aide apportée à l'AAPS. D'après les auditeurs qui évaluent à plus de 100 millions d'euros l'aide entre 2014 et 2016, l'UE n'a pas fixé de priorités claires en matière de soutien à l'AAPS et sa stratégie a manqué de vision à long terme. « Au cours de la période sur laquelle l'audit a porté, l'UE n'a pas suffisamment veillé à assurer le passage d'une aide servant à payer les rémunérations à un soutien centré sur le renforcement des capacités », ajoute le texte avant d'ajouter que « l'UE a soutenu les plans établis par l'Union africaine pour devenir financièrement indépendante, l'objectif étant que celle-ci soit en mesure de supporter une part accrue des coûts opérationnels de l'AAPS. Cependant la mise en œuvre de ces plans en était encore à un stade précoce ». Selon, le rapport, la mise en œuvre de l'aide de l'UE a également accusé des retards et a été caractérisée par une utilisation incohérente des instruments de financement ainsi que par un manque d'informations sur les résultats obtenus. « En outre, la conclusion tardive des contrats, les cas de financement rétroactif et le manque d'informations sur les résultats ont constitué autant d'obstacles à la fourniture de l'aide de l'UE », précise le communiqué de la CEA.

Pour remédier à ces insuffisances, les auditeurs de la CCE ont formulé diverses recommandations. « La Commission européenne et le Service européen pour l'action extérieure devraient recentrer l'aide de l'UE afin qu'elle soit davantage axée sur des mesures de renforcement des capacités plutôt que sur le financement des coûts opérationnels, et encourager l'Union africaine à renforcer sa participation dans l'AAPS de manière à ce que celle-ci soit financièrement indépendante », a relayé la CEA dans son communiqué. Le document ajoute que la Commission devrait fondées ses interventions sur les résultats, qu'elle devrait faire en sorte que les retards dans la conclusion des contrats et le nombre de cas de financement rétroactif diminuent mais aussi « que l'utilisation des instruments de financement soit cohérente ».

Sylvain Vidzraku

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