20/04/2011 16:54:12
L'avènement d'un néo-colonialisme libéral légitimé
Depuis toujours fortement attaché à l’indépendance et à la souveraineté de mon pays et de mon peuple, j’ai été interloqué dernièrement par la tournure que prenait la situation politique ivoirienne suite aux élections présidentielles de novembre dernier.
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Depuis toujours fortement attaché à l’indépendance et à la souveraineté de mon pays et de mon peuple, j’ai été interloqué dernièrement par la tournure que prenait la situation politique ivoirienne suite aux élections présidentielles de novembre dernier.

L'ethno-centrisme occidental ou l'avènement d’un néo-colonialisme libéral légitimé par Francois-Xavier Gicquel

Je commencerai tout d’abord par éclaircir mon propos en résummant rapidement la situation. Le 28 novembre 2010 se tient en Côte d’Ivoire le second tour des élections présidentielles sur fond de tensions, quatre jours plus tard, la commission électorale indépendante – indépendante de tout lien avec le pays dans lequel elle vient imposer ses lois, mais non sans rapports avec le système mondialiste – se permet d’annoncer, ou plutot d’imposer son résultat au peuple ivoirien qui a eu l’audace de se croire souverain depuis son indépendance, le 7 aout 1960. En effet, annonçant la victoire du Poulain mondialiste Alassan Ouattara à 54,1%, cet organe des puissances internationales a été rapidement contré par la cour constitutionnelle ivoirienne, qui, malgré les manipulations médiatiques, est, elle, réellement indépendante et garante de l’intégrité nationale et a annoncé la victoire du candidat Gbagbo à 51,45% qui sera investi président le 4 décembre malgré les menaces des Etats-Unis, de l’Angleterre et de la France, entrainant dans leur sillage les Nations Unies.

Afin de démêler le pourquoi et le comment de cette histoire, peut-être est il important d’étudier tout premièrement les ingrédients de cette salade à l’occidentale. 

 Alassane Ouattara : ayant étudié l’économie aux Etats-Unis, il sera appellé en tant qu’économiste auprès du Fonds Monétaire International dont il devient plus tard le directeur général adjoint. C’est sous son ministère en côte d’ivoire que l’opposant au racket international de l’Afrique, Laurent Gbagbo sera arrêté lors d’une manifestation pacifique et condamné à 2 ans de prison avec notamment sa femme et son fils ( il sera gracié plus tard par le président et héro de l’indépendance nationale : Felix Houphouet – Boigny ). Durant son éxil volontaire en France dans les années 1990 – afin de se protéger d’un mouvement de contestation populaire grandissant à son encontre – il se rapprocha notamment de Nicolas Sarkozy par lequel il sera marié à la mairie de Neuilly-sur-Seine avant de revenir en Côte d’Ivoire pour briguer le pouvoir.
 

 La France : possédant la Cote d’Ivoire depuis 1982, elle la verra devenir un Etat autonome au sein de la communauté française en 1958 puis assistera à son indépendance en 1960. Depuis lors, l’ancien colonisateur n’a cessé de tenter de maintenir le pays sous son contrôle économique, politique et militaire, notamment par les réseaux d’influence de la « Françafrique » permettant entre autres un stationnement permanent de militaires français sur le sol ivoirien (accords du 24 avril 1961) et l’accès privilégié pour les multinationales françaises aux ressources naturelles et stratégiques : pétrole, uranium etc... (cf : La Françafrique, le plus long scandale de la République de François-Xavier Verschave).

Certains dérapages visibles comme l’affaire Elf (affaire de corruption à grande échelle : 1986-1992) font éclater au grand jour ces méthodes quasi-mafieuses d’exploitation de ses anciennes colonies par la France. C’est dans ces conditions que les relations diplomatiques entre la France et Laurent Gbagbo ont toujours été tendues dans la mesure où ce dernier souhaitait redonner à la Côte d’Ivoire la dignité diplomatique qu’elle méritait et rendre à son peuple le contrôle effectif de l’économie et de la politique, on comprends dès lors pourquoi un pion élevé au grain par les puissances occidentales et ami avec Nicolas Sarkozy tel que Ouattara obtient les faveurs de la France aujourd’hui.
   

 Les Etats unis et l’Angleterre : même duo infernal qu’en Irak, ayant cette fois-ci une marge de manoeuvre plus importante puisqu’ici nul besoin de chercher des armes de destruction massive, simplement de « corriger » les résultats des élections par le biais d’un pseudo organe indépendant afin de garantir leurs intérêts diplomatiques et économiques. Il convient ici de souligner que déjà en 2002 lors de la rébellion armée ayant fait des centaines de victimes ivoiriennes, les Etats-Unis avaient été pointés du doigt comme principaux agitateurs, notamment par leurs livraisons secrètes d’armes aux rebelles, dans le but inhérent à leur statut de gendarmes du monde, celui de reprendre la main sur l’Afrique de l’Ouest, seule région du globe échappant encore partiellement à leur contrôle diplomatique et financier.
   
Précisions sur le FMI
(dont Mr Ouattara a longtemps tenu les commandes) et sur sa politique favorite d’asservissement économique de l’Afrique : les « ajustements structurels ». La définition du FMI est la suivante : «  ensemble de dispositions dont certaines agissent sur la conjoncture et d’autres sur les structures et qui résultent d’une négociation entre un pays endetté et le fonds monétaire international pour modifier le fonctionnement économique du Pays ». Même si ici, point de traduction n’est nécessaire pour comprendre l’aspect particulièrement malveillant de ce type de plan, il convient de bien expliquer que ces politiques se traduisent par un prêt accordé par le FMI à un pays endetté (97% africains) qui en retour ouvre droit à une tutelle intégrale du système économique du pays bénéficiaire par le FMI, allant même jusqu’à favoriser la sélection de tel ou tel responsable local ou national pour en garantir l’effectivité. Cette tutelle se traduit dans la plupart des cas par une suppression de toute barrière de protection économique, laissant le petit producteur africain (qui n’a générallement pas vu l’once d’un dollar de l’aide, bloquée dans les poches des différents dictateurs) en concurrence directe à l’international avec le grand fermier américain et son allié Monsanto.

Sans prendre parti dans ce conflit ivoirien et qui doit le rester, il convient aujourd’hui que chaque français et chaque citoyen en règle générale ouvre les yeux sur les politiques internationales hypocrites de l’occident soutenu par les grands médias à sa botte et comprenne que la meilleure chance de développement de l’Afrique est le courage et la force de conviction des africains eux mêmes, et que c’est pourquoi aujourd’hui le contrôle politique et économique du continent doit revenir aux mains de ses enfants, lorsqu’ils ne se lancent pas dans des guerres fratricides générallement déclenchées ou du moins provoquées par l’occident !

Pour ne parler que de la France,que ce soit par les politiques d’immigration sarközystes privant le continent noir de tous ses cerveaux et potentiels leaders, ou par les les aides que nous leur accordons gracieusement chaque année mais qui au final ne servent qu’à imposer nos conditions à ces pays qui ne sont plus souverains que sur le papier, il est temps aujourd’hui de dire stop et d’éxiger l’indépendance effective de chaque nation et la restauration des souverainetés nationales !

Francois-Xavier Gicquel

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