21/04/2011 01:46:53
Ni John Fru Ndi, Elecam et la la crise ivoirienne
Le chairman revient sur les sujets évoqués, au terme de sa rencontre avec l’ambassadeur des Etats-Unis, autant qu’il réagit à l’amendement apporté sur Elecam et la crise ivoirienne...
Le Messager
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Le chairman du Sdf revient sur les sujets évoqués, au terme de sa rencontre avec l’ambassadeur des Etats-Unis, autant qu’il réagit à l’amendement apporté sur Elecam et la crise ivoirienne...
 
“ La communauté internationale pratique la politique de deux poids deux mesures ”

Vous avez reçu l’ambassadeur des Etats-Unis au siège de votre parti la semaine dernière, peut-on avoir une idée des sujets que vous avez abordés avec votre hôte ?

L’ambassadeur était en tournée dans le Nord-Ouest pour visiter leurs projets et l’un de ces projets est un programme d’alimentation dans une école dans le département du Bui. Et il est rentré très satisfait. Il a dit qu’il ne pouvait pas regagner Yaoundé sans faire un détour ici (bureau national du Sdf à Bamenda, ndlr) pour me voir et comprendre ce que nous pensons des élections et comment nous nous préparons pour ces échéances.

Je lui ai dit que la position du Sdf, mieux le malentendu, porte sur le problème Elecam. Et si nous nous opposons à ce sujet et que M. Biya pense que nous avons raison pour augmenter le nombre de personnes au conseil électoral,  je lui (à l’ambassadeur ndlr) ai dit que les six nouveaux membres doivent provenir du Sdf. Parce que tous les autres partis avaient indiqué qu’ils sont satisfaits avec la composition d’Elecam. Bello Bouba (qui fait partie de la majorité présidentielle) a dit à ses militants de l’Undp de s’inscrire sur les listes électorales et de se préparer à voter le moment venu ;  Adamou Ndam Njoya a déjà dit à ses militants qu’il acceptait Elecam dans sa forme actuelle et qu’ils doivent s’inscrire sur les listes électorales.

Et si le Sdf a lutté seul sur le terrain pour contraindre le gouvernement de M. Biya a augmenter de six personnes le nombre des membres du conseil d’Elecam, automatiquement et logiquement ces six places doivent revenir au Sdf. J’ai dit à l’ambassadeur que nous attendons ces six places. Et si cela est fait, j’aurais quelque chose à présenter à la population sur le terrain, à savoir que nous avons obtenu gain de cause pour notre combat. Je leur dirai que nos gens sont dans le système et que cette population aille s’inscrire afin que nous luttions de l’intérieur. Nous disons que les inscriptions se font de manière floue et désordonnée. Des gens s’inscrivent, mais ne connaissent pas leur bureau de vote, des gens ont entre cinq à dix reçus d’inscription. Avec toutes ces irrégularités, je me trouve handicapé pour appeler les Camerounais à aller se faire inscrire.

Bien plus, j’ai dit à l’ambassadeur que si les Camerounais boycottent les inscriptions, ce n’est pas moi qui le leur ai demandé. Ils boycottent à partir des expériences du passé où quelqu’un s’inscrit dans un bureau de vote et son nom se retrouve dans un autre. Avec tout ceci, nous avons dit que nous voulons quelque chose de bien organisé parce que des pays plus petits que le Cameroun comme la Guinée Conakry , le Bénin, etc., ont organisé des élections libres, justes et transparentes avec des inscriptions biométriques. Ainsi je ne vois pas pourquoi le Cameroun ne veut pas accéder à cette mode. J’ai dit à l’ambassadeur qu’avec le vent du changement qui souffle en Afrique du nord, dans le monde arabe et en Côte d’ivoire, nous voulons que le Cameroun soit sauvé. Il m’a dit que de leur côté, leur gouvernement continuera à s’évertuer pour des élections libres, justes et transparentes au Cameroun.

Un autre amendement fait par le parlement a porté sur la publication des tendances. Cette prérogative a été retirée à Elecam au profit du conseil constitutionnel. Que vous inspire cet état de chose ?

Le conseil constitutionnel va proclamer les résultats à partir des procès verbaux reçus d’Elecam au sein duquel seront nos représentants. Et si nous y avons nos représentants, nous aurons des informations qui nous permettrons d’introduire notre recours en annulation ou de contestation des résultats du conseil constitutionnel. Vous n’ ignorez pas que nous n’y avons pas de représentants et ils veulent que nous acceptions ce que le Rdpc a mis en place pour dire qu’ils sont des personnes neutres. Je pense que si l’opportunité était donnée au Sdf, nous essayerons d’apporter autant que possible des personnes neutres.

Quand est-ce que le Sdf demandera-t-il officiellement aux militants de s’inscrire pour les élections?  

 Ecoutez, le Sdf n’a jamais dit au Camerounais de boycotter ou non les inscriptions sur les listes électorales. Les Camerounais, comme je l’ai dit, ont boycotté d’eux-mêmes. Et en tant que leader, tu ne peux pas forcer les gens à s’inscrire ; tu dois chercher à savoir pourquoi ils ne le font pas. Leur argument, c’est que les résultats de la plupart des élections organisées au Cameroun sont connus avant la date du scrutin.

Ils me l’ont dit lors de la reprise du scrutin à Douala Ve en 2007 et nous avons combattu cela avec la dernière énergie pour réduire la fraude. Tout ce que nous voulons, c’est que le gouvernement de M. Biya mette sur pied un mécanisme qui va réduire la fraude et rendre les élections crédibles au Cameroun.
 
Chairman, le pouvoir de Laurent Gbagbo est tombé depuis quelques jours. Quelle est votre réaction sur cette capture de l’ancien président de Côte d’Ivoire que vous souteniez?

Je suis très touché par la situation en Côte d’Ivoire. Mais je dirais que la communauté internationale qui a toujours prôné la non ingérence dans les affaires internes des pays et leur souveraineté est aujourd’hui en train de s’ingérer dans les affaires intérieures des Etats en Afrique du nord, en Côte d’Ivoire, etc. La question que je pose est de savoir où est cette souveraineté ?

Pourquoi pratique-t-elle cette souveraineté seulement au Cameroun où en 1992 nous avons remporté les élections et que le régime a combattu des gens, tué d’autres et elle (la communauté internationale ndlr) nous avait invoqué  la souveraineté du Cameroun pour ne pas aider les Camerounais à faire valoir leurs votes? Aujourd’hui, elle ne pense plus à cette souveraineté. Je veux comprendre pourquoi la communauté internationale pratique la politique de deux poids deux mesures. Mettons sur pied des lois qui vont nous gouverner de façon équitable.

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