24/04/2011 16:33:12
Regard critique sur la restructuration des lions indomptables
Les lions indomptables du Cameroun viennent d’être relégués par la fédération internationale du football à la quarante-huitième place du classement mondiale: Ce qui n’avait jamais été vu dans l’histoire du football africain depuis le mondial 1990. Leur faiblesse se fait ressentir au point de baisser leurs crinières même face à aux moustiques...
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Les lions indomptables du Cameroun viennent d’être relégués par la fédération internationale du football à la quarante-huitième place du classement mondiale: Ce qui n’avait jamais été vu dans l’histoire du football africain depuis le mondial 1990. Leur faiblesse se fait ressentir au point de baisser leurs crinières même face à aux moustiques. Ils  ne  font plus reculer une  mouche aujourd’hui. Même si après  une piètre prestation  et un parcours désastreux au mondial sud-africain, ils ont suscité quelque espoir après des victoires contre des équipes qui n’étaient vraisemblablement pas des foudres de guerre, les coéquipiers de Samuel Eto’o  sont aujourd’hui comparable à  l’équipe nationale du Tchad, du Cap vert et bien d’autres nations  au football encore à l’état embryonnaire.  Le cœur  de tous les camerounais tremble désormais lorsque ces deniers affronte même Lesotho.   

Eu égard à cette triste réalité, plusieurs interrogations  reviennent de manière récurrente au bout de nos lèvres : que s’est-il-passé pour  que les valeureux lions, fierté du peuple camerounais soient de nos jours sur une courbe aussi descendante ? Est-ce la fin des certitudes ? Les lions  ont-ils eux-mêmes planté leurs ignames  sur le rocher? Les dirigeants du football camerounais ont-ils installé leur ego-surdimensionné aux conséquences ravageuses au sein des Lions indomptables ? Par ailleurs quelles résolutions devrait-on prendre pour sauver le football camerounais du naufrage ?

Le  recul destructeurs du patriotisme.

Au pays de Roger Mila,  tous les maux qui minent le football et en occurrence les lions indomptables peuvent se résumer en un mot : l’égoïsme. Un égoïsme qui est en cause dans les dernières  et affreuses prestations  des lions indomptables du Cameroun  à la récente coupe du monde de football en Afrique du sud. Pendant que  les uns  dénoncent l’immixtion des problèmes internes au sein des lions indomptables, en particulier les problèmes entre le capitaine Samuel Eto’o et ses coéquipiers , d’autres mettent à nu le laxisme managériale de nos  dirigeants  du  football. Il se  pose dès lors  le problème de la responsabilité des uns et des autres au sein de cette équipe.

Selon une analyse profonde des faits, il convient de noter que ni Idriss Carlos, ni Alexandre Song, ni Achille et encore moins  Samuel Eto’o  n’est responsable  de la déroute des lions indomptables du Cameroun. Les vrais fossoyeurs  de notre équipe nationale sont les dirigeants du football à ne pas confondre avec les dirigeants politiques. Leurs échecs  se traduisent  par leur incapacité à maitriser l’orgueil des footballeurs qui sont financièrement au dessus d’eux. Ils ont parfaitement  ignoré  ou simplement  refusé l’affirmation selon laquelle l’effet  de l’argent dans une région où la population n’a pas encore franchi la première étape de la pyramide de Mallow (besoin nécessaire : boire, manger, dormir) peut facilement ouvrir la porte des abîmes obscures de l’histoire.

Ils ont  tout simplement contribué à la montée de l’égoïsme ; ils n’ont pas voulu copier l’exemple des autres nations africaines devenues grandes en matière de football. Deux cas illustrent bien cette réflexion.  Qui a oublié Nido, l’égyptien dont  l’égo a été stoppé clair et net en direct par le charismatique coach lors de la CAN 2006 ? L’indiscipliné avait  tout simplement été écarté du groupe par les dirigeants au grand bonheur de l’équipe nationale égyptienne qui allait en fin de compte remporter le prestigieux trophée. Le cas  Muntary Souley fauché par l’indiscipline et écarté tout simplement  de l’équipe nationale ou bien encore la polémique qui détruisait  dernièrement   l’équipe nationale ivoirienne au sujet de leur star Didier Drogba devraient servir d’exemples. Mais au Cameroun on prend les choses  toujours autrement : chacun choisit le camp qui lui est favorable et s’y installe. Il  faut que nous arrêtons d’accuser à tort et à travers Samuel Eto’o : il n’est pour rien dans la débâcle actuelle des lions indomptables. Il peut avoir une  erreur communicationnelle mais ce prodige du football camerounais fait de son mieux pour aider notre équipe nationale. Qu’importe s’il se heurte  à des idées divergentes le contrariant dès lors à porter la casquette  de l’ange ou du Démon selon ses adulateurs ou ses détracteurs.

Il n’est en aucun cas le fossoyeur de notre équipe nationale ; la faute incombe à nos dirigeants, aux dirigeants du football qui doivent  dorénavant regarder dans leurs propres copies avant de voir celle des joueurs ; ils doivent aussi créer un code disciplinaire  pour eux-mêmes. Ceci permettra de définir la relation professionnelle qui doit exister entre le footballeur et l’encadreur.

Le refus du respect: un vice préjudiciable  au  professionnalisme d’un encadreur.

On n’a toujours parlé du manque de respect des joueurs vis-à-vis de leurs coéquipiers, des journalistes ; on n’a  jamais mis en évidence leur irrespect  vis-à-vis de l’entraineur. J’ai entendu  a la radio (RTS)  un ancien  entraineur des lions indomptables aujourd’hui DTN  appelé Samuel Eto’o  “papa ETO’O”,  pire encore « PRESIR ». Si de tels propos sont avérés,  quel respect attendre d’un élève placé désormais au dessus de  son maître ? Nous disons non à cette perte inexplicable et incongrue de la dignité, du respect chez les dirigeants du football camerounais. Ils ne doivent pas au nom de quelques avantages matériels octroyés par les footballeurs professionnels remettre en cause leur dignité et l’honneur de la nation.

Des entraineurs a la  motivation conditionnée.

Il paraît que des entraîneurs qui doivent   conduire  notre équipe nationale  ont comme conditions l’application des principes égoïstes  de  certains dirigeants du football, depuis  le changement radical de l’après coupe du monde de football 2010 à l’issue duquel Jacques Songo a pris les rênes des lions indomptables, même si  la bande à Clémente évolue   sous la même longueur d’ondes que la Fécafoot. Force est aussi de constater que les discours de François Oman,  sélectionneur   adjoint ne sont pas différents  des prétentions d’après déroute de Tobi Aroko sidoi,  Directeur General de la FECAFOOT. Ce qui nous ramène  une fois en arrière sous le règne d’OTTO Pister qui avait passé deux années  à la tête des lions indomptables sans avoir vu  son contrat paraphé par la Fécafoot.

Par ailleurs l’élan d’encouragement observé au sein de la sélection  nationale par certains footballeurs à l’instar  de Samuel  Eto’o  suscite tout de même   des questions : Samuel Eto’o a-t-Il  tort ou  raison de motiver  ses coéquipiers avec de l’argent ou des objets de valeur? A première vue, la générosité de Samuel est énorme, même loin des lions indomptables, il offre tellement au peuple  du monde entier. Il se souvient sans  doute de son enfance, de la souffrance endurée durant cette période pour transcender l’avarice, l’égoïsme vis-à-vis de ses proches, de l’humanité. Son humanisme est d’ailleurs salué dans le monde entier. Cependant le même geste a-t-il  la même valeur au sein des lions indomptables?

Le 04 octobre 2005, lorsque Samuel proposait 23000 000 de f CFA à l’ensemble de l’équipe nationale en cas de victoire sur les Eléphants de la Côte d’ivoire,   Gérémi  NJITAP  dans une interview saluait le geste  avant d’ajouter qu’un véritable lion n’a  pas besoin d’un geste matériel de son collègue pour  être motivé. La force  de motivation vient  du peuple et du gouvernement. Ici  nous pensons  aveuglement  qu’il a parfaitement raison. Dernièrement pour saluer la qualification à la CM 2010, le même Eto’o a offert  a chaque lion une montre dont la valeur est estimée à 33000 euros sans oublier les 200000000 de FCFA qu’il a lui même déclaré avoir dépensé pendant la campagne sud-africaine. Toutes ces énormes dépenses sont utilisées aujourd’hui contre lui au plaisir de ses détracteurs, ce qui est véritablement symptomatique du malaise  dans un Etat où il est l’un des dignes représentants  à l’extérieur.

Toutefois cet état de choses  doit amener les acteurs et les spectateurs à une dialectique des idées, Les seules capables de nous sortir de l’ornière pour nous affirmer auprès des nations lumières du football  comme  l’Espagne,  l’Allemagne, l’Egypte, le Ghana et bien d’autres.

Des hypotheses de solutions

L’une des plus fortes résolutions a été déjà corrigée par le gouvernement camerounais ; l’occasion est alors ainsi saisie pour lui dire merci  pour sa politique managériale auprès des lions  indomptables  durant la campagne sud-africaine. Pour une fois, le gouvernement camerounais  a mis à la disposition de Samuel Eto’o et ses coéquipiers des moyens nécessaires, capables de les transformer en véritables dignes représentants du football camerounais. Mais les égos de certains acteurs  de la débâcle sud-africaine ont impacté négativement les attentes d’un peuple en quête de prouesses. Il serait mieux que le gouvernement continu sur cette lancée afin de permettre à cette équipe d’être à l’abri des besoins pour des années à venir. Le même geste devrait être suivi dans d’autres activités de la société afin de propulser la nation toute entière dans le concert des nations développées. En outre, les entraîneurs des lions indomptables devraient recouvrer leur liberté totale  et faire preuve de méritocratie.

Il revient aussi à certains journalistes d’abandonner la mendicité et l’escroquerie communicatives au profit d’un professionnalisme informationnel non biaisé. Il s’agit du respect de la déontologie communicative.
Enfin, un autre salut viendra de la gestion des motivations dans la tanière des lions indomptables. Il serait préférable que les « acteurs » de la motivation agissent plutôt sous  d’autres cieux qu’au sein des Lions indomptables. Car un Lion n’a pas besoin de la crinière de son coéquipier pour rugir. Samuel Eto’o gagnerait en investissant comme  il le fait déjà dans des domaines comme la construction des salles de classe dans les zones les plus reculées de notre Etat, les primes aux étudiants et la construction des centres de santé. Imaginons combien de salles de classe ou de paracétamol pourraient être achetés ou construites avec 200 000 000 de francs CFA dépensés à tort ou à raison pour une piètre prestation. Que le seigneur nous entende ! Que Eto’o revoit ses priorités !

Nous avons encore envie de  croire que l’équipe nationale du Cameroun appartient à tous les camerounais et que sa restructuration et celle des autres secteurs d’activité porteurs d’espoir pour notre peuple devrait être une priorité pour tous.

Richard Gatchoko Youaleu
Ecrivain camerounais, activiste social


Richard Gatchoko Youaleu

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