26/04/2011 03:59:19
Côte d'Ivoire: L'archevêque de Yaoundé dénonce le ponce pilatisme de l'occident
L’archevêque métropolitain de Yaoundé a appelé les Camerounais au cours de son homélie hier(dimanche 24 avril) à la vigilance. Comment disperser les oiseaux de mauvais augure qui planent sur le Cameroun en cette année électorale ?
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L’archevêque métropolitain de Yaoundé a appelé les Camerounais au cours de son homélie hier(dimanche 24 avril) à la vigilance. Comment disperser les oiseaux de mauvais augure qui planent sur le Cameroun en cette année électorale ? La question taraude manifestement les esprits dans le sérail à moins de 6 mois de l’élection présidentielle. Hier à l’occasion de la fête de Pâques, à la Cathédrale Notre Dame des victoires de Yaoundé, l’archevêque Victor Tonye Bakot s’est appliqué, dans son homélie, à exorciser les démons qui rôderaient autour de notre pays dans la perspective du scrutin présidentiel prévu en octobre prochain.

Victor Tonye Bakot a commencé par constater que le monde entier vit une période de crises en ce moment, marquée notamment par l’intervention militaire en Lybie, la catastrophe naturelle au Japon, les révolutions au Maghreb et la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Pour l’archevêque métropolitain, tous ces évènements, notamment la crise ivoirienne, interpellent le Cameroun, qui connaîtra une élection présidentielle cette année.
Ainsi, le prélat invite les Camerounais a regardé les scènes de violence relayées en boucle par les chaînes de télévision satellitaires avec lucidité. A ne pas en faire un « phénomène de mode », qui entrainerait à se poser la question « à qui le tour?». En revanche, indique l’archevêque, ces évènements doivent inciter les Camerounais, jeunes et adultes, à s’interroger sur le Cameroun que les uns et les autres veulent laisser à la postérité.
Au-delà, Victor Tonye Bakot a soutenu hier qu’ «il est temps pour les Africains de prendre leur destin en main. L’Afrique ne doit plus être dirigée de l’extérieur». A l’en croire, il est regrettable que l’occident impose à l’Afrique des «modèles importés» de démocratie, et puis qu’après, quand ça brûle, il s’empresse d’organiser des charters pour assurer le retour de ses ressortissants au bercail. «Tel a été le comportement de Ponce-pilate», tranche l’officiant. Et de rappeler à ses ouailles qui est Ponce Pilate.

Démocratie

D'après les Saintes écritures, en effet, présenté comme un Galiléen et un rebelle dangereux, Jésus avait été conduit devant Pilate par les responsables religieux juifs pour qu'il le juge et le condamne.

L'ayant interrogé, Ponce Pilate ne voit aucun motif de condamnation. Croyant sans doute avoir trouvé le moyen d'épargner Jésus, il propose à la foule de libérer un prisonnier à l'occasion de la Pâque, comme le voulait la coutume. Mais, contrairement à ce qu'il attendait, la foule crie «Libérez Barabbas», du nom d'un autre prévenu, présenté par les Évangiles comme un émeutier et un meurtrier, dont Pilate instruisait le procès au même moment.

Et Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais plutôt qu’il s'élevait un tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, disant : «Je suis innocent du sang de ce juste ; vous, vous y aviserez». Une posture qui, selon Mgr Bakot, rappelle le comportement des Occidents dans les différents foyers de crise actuels en Afrique.
Pour l’homme de Dieu, la voie de salut pour le Cameroun passe par une nouvelle « orientation civique ». Les dirigeants, recommande-t-il, doivent accompagner les jeunes dans la culture de la paix, la promotion des droits de l’homme, le dialogue, la négociation, le rejet de la violence et la protection de la vie. Car, en fin de compte, la vie ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la démocratie.

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