12/07/2009 15:17:28
Funérailles Srebrenica pour commémorer le massacre de 1995
Des dizaines de milliers de musulmans de Bosnie ont prié pour les 8.000 morts de Srebrenica samedi, au 14e anniversaire de ce massacre de la guerre de Bosnie, le pire qu'ait connu l'Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Les dépouilles de 534 victimes récemment découvertes dans des charniers ont été inhumées.
AP
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Des milliers de proches ont assisté à l'enterrement des restes près des 3.297 tombes d'autres victimes au mémorial de Srebrenica-Potocari, en Bosnie-Orientale.

La foule et les dignitaires présents ont prié pour les 8.100 hommes et garçons musulmans qui furent tués en quelques jours par les forces bosno-serbes dans cette enclave censée être protégée par les soldats des Nations unies.

Chaque année, de nouveaux corps sont retrouvés dans des charniers et des victimes sont identifiées grâce aux analyses génétiques d'ADN. Parmi les 534 victimes enterrées samedi, 44 étaient des adolescents et quatre n'avaient que 14 ans quand ils ont été tués.

Un rescapé, Kadrija Muminagic, est venu d'Allemagne samedi pour enterrer son neveu Saïdin âgé de 14 ans quand il a été exécuté avec son père quelque part près de Srebrenica. Le frère aîné de Saïdin, Sulejman, âgé de 16 ans, était mort la semaine précédant la chute de Srebrenica, tué par un obus près de chez lui. De la famille, seule la mère a survécu, mais elle est "morte de chagrin" trois ans plus tard, explique Kadrija qui a échappé au massacre en se cachant dans la forêt.

Assiégée par les forces bosno-serbes pendant la guerre de Bosnie de 1992-95, Srebrenica avait été déclaré enclave de sécurité pour les civils par l'ONU et de nombreux Bosniaques s'y étaient donc réfugiés. Mais en juillet 1995, les Casques bleus néerlandais n'ont pu empêcher les forces serbes sous le commandement du général Ratko Mladic d'envahir l'enclave. La population fut rassemblée et les hommes et garçons emmenés pour être exécutés.

Environ 15.000 hommes tentèrent de se réfugier dans les montagnes pour gagner la ville de Tuzla où ils auraient été à l'abri, mais ils furent traqués et ceux qui furent pris furent tués. Parmi eux figuraient un homme âgé, Ramo Osmanovic, et son fils, Nermin, 16 ans, dont les restes ont été enterrés samedi. La mère, Saliha Osmanovic, 55 ans, qui assistait à la cérémonie, a dit avoir vu son fils la semaine précédente à la prière du vendredi à la mosquée. "Elle a des hallucinations depuis 14 ans", confie son frère Fadil.

La Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye, aux Pays-Bas, a qualifié de génocide le massacre de Srebrenica. L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, attend le début de son procès au Tribunal pénal international des Nations unies pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye mais il se dit innocent pour Srebrenica. Son alter-ego militaire, Ratko Mladic, également inculpé pour génocide, se trouve toujours en fuite, probablement en Serbie selon les spécialistes.

Le président serbe Boris Tadic a assuré samedi que son pays faisait tout son possible pour capturer Mladic et le livrer au TPIY pour que les responsables des crimes de la guerre de Bosnie soient châtiés. Toutes les victimes innocentes, a-t-il ajouté, doivent être respectées "afin de créer un avenir meilleur pour les Balkans, libéré du passé de guerre".

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE