28/04/2011 01:00:54
Attaque d'Ecobank:un capitaine et quatre éléments du Bir introuvables
Des sources proches de l’enquête annoncent par ailleurs le transfert des militaires détenus à Douala pour Yaoundé.
Le Messager
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De nouvelles révélations viennent enrichir le feuilleton de l’attaque à main armée d’une agence Ecobank dans la ville de Douala dans la nuit du 18 au 19 mars 2011. Des sources concordantes et proches du Génie militaire et de certains corps d’armée affirment que les militaires jusque-là enfermés dans les cellules de cette unité ont été transférés à Yaoundé où “ils sont détenus au tribunal militaire et à la direction de la sécurité présidentielle.” Selon ces sources, le transfert de ces militaires dans la capitale politique serait une exigence du chef de l’Etat “qui veut en avoir le cœur net” après les nouvelles informations que livre cette affaire.

Nos sources indiquent à cet effet que des éléments du bataillon d’intervention rapide (Bir) visés par l’enquête seraient en fuite. “Il s’agit d’un capitaine et de quatre éléments du Bir qui sont introuvables depuis quelques jours.” Un militaire en service dans cette unité précise qu’il s’agit “de personnes proches de la gestion de la logistique.” L’implication présumée de ces fuyards vient de ce que “les armes manquant au décompte ont finalement été retrouvées. Tandis que, contrairement à la première inspection qui avait signalée l’absence de certaines armes de grands calibres dans le magasin, l’inspection effectuée quelque temps après le braquage de Bonabéri laisse plutôt apparaître l’absence de nombreuses munitions”.

A en croire des sources proches du Génie militaire à Douala, il est difficile de dire avec exactitude le contenu des échanges entre les militaires interpellés et interrogés par les personnels de la direction de la sécurité présidentielle (Dsp) et ceux de la sécurité militaire (Sémil). Toutefois, un officier proche de ce corps laisse entendre que les aveux faits par certains détenus semblent confirmer l’implication des éléments des forces de défense nationale et celle de certains personnels du bataillon d’intervention rapide dans le braquage de Bonabéri. Plus hardi, un officier proche de la sécurité militaire croit savoir que “la thèse des assaillants venus du Nigeria ou d’un pays voisin s’effrite au fil des jours.”

Les nouveaux rebondissements observés dans l’affaire du braquage de Bonabéri interviennent quelques temps après les sorties de plusieurs autorités politiques, administratives et militaires. Des personnalités dont l’objet serait de donner des gages de transparence dans la gestion de l’enquête sur le braquage spectaculaire de Douala ainsi que des assurances sur la disponibilité des forces armées à faire face au grand banditisme.

Seule ambiguïté dans ce concert d’affirmations, comme nous le soulignions déjà dans nos éditions précédentes, les éléments de réponse apportés aux préoccupations de l’opinion nationale sur ce scandale semblent dissonants au regard des affirmations faites par les différentes sources. Cette situation est à l’origine de la psychose que connaît actuellement la hiérarchie militaire et administrative nationale. Comme nombre de Camerounais, la représentation nationale du peuple réclame toujours la présentation des corps des assaillants qui, selon le ministre de la Défense et les autorités militaires, ont été abattus au large du Wouri, “quelques heures après le braquage” de Douala pendant lequel les braqueurs de Bonabéri ont tenu la ville en joue durant de nombreuses heures.

Autant les observateurs clignent de l’œil pour voir le butin “saisi” lors de la prise de l’embarcation comme annoncé à grand renfort de publicité par les officiels au lendemain de l’attaque à main armée de l’agence Ecobank de Bonabéri, autant l’exploitation des “transférés” à Yaoundé se pose comme une nécessité pour déterminer leur responsabilité dans cette embuscade qui a coûté en vies humaines et fait perdre à cette banque des millions Fcfa.

Joseph OLINGA

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