28/04/2011 01:10:46
En route pour le Vatican: Les dossiers qui préoccupent Biya
La reprise effective du service du président de la République ne sera pas de tout repos.
Le Messager
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Le chef de l’Etat a regagné la capitale mercredi 26 avril 2011 en début d’après midi. Sauf changement de dernière minute, il devrat quitter le Cameroun ce vendredi pour une visite officielle au Vatican ; avant des probables séjours en Turquie et en Suisse. Les dossiers sécuritaires, politiques et diplomatiques qui pourraient le préoccuper apparaissent ainsi nombreux. Sur le plan local, Paul Biya fera le point avec son état major particulier sur le grave incident de l’affaire de l’avion de la compagnie Brussels Airlines qui a survolé récemment le palais de l’Unité.

L’affaire jusque-là classée “ secret défense ” par l’entourage direct du chef de l’Etat, au moment où Le Messager menait l’enquête en début de semaine dernière, a été révélée au grand public par nos confères du tri hebdomadaire Dikalo. Le détail qu’il faudrait donner en tout cas est que “ le grave incident ” comme beaucoup des sécurocrates de Paul Biya l’appellent, est intervenu le samedi 16 avril 2011 et non le samedi 22 avril comme annoncé. 

Ce jour là, Paul Biya qui venait de séjourner à Yaoundé avait regagné son village natal Mvomeka’a, où il séjourne quasi permanemment depuis près de trois mois. Alors que le gros avion de marque Boeing de la compagnie Brussels Airlines venait ainsi de survoler, sous un gros orage, les hauteurs du palais de l’Unité,  le branle-bas qui a eu lieu au sein des services de sécurité de la présidence de la République , était à la dimension de la fébrilité qui y règne depuis quelques temps.

Pressions venues en haut lieu

En tout cas Paul Biya avait alors été immédiatement mis au courant. Et avant que l’avion qui avait à son bord près de 300 passagers ne touche le sol camerounais, les responsables de l’Etat major particulier du chef de l’Etat à la présidence de la République , de la direction générale à la recherche extérieure (Dgre), de la direction de la surveillance du territoire (Dst), et de la sécurité militaire (Semil), étaient déjà tous arrivés à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen.

Le Messager qui avait essayé de recouper l’information avait alors reçu des menaces fermes d’un haut responsable des forces de sécurité basé à la présidence de la République , qui avait ainsi déclaré “ qu’il s’agit d’une affaire hautement sensible et classée secret défense, et que suit personnellement le chef de l’Etat. Si  nous voyons une seule ligne à ce propos dans votre journal, vous verrez ce qui va vous arriver. ” Ce qu’on sait par la suite est que le vol de Brussels Airlines qui effectuait la ligne Bruxelles-Yaoundé-Kinshassa-Yaoundé-Bruxelles avait été retardé pendant près de trois heures. Les pilotes ont subi un interrogatoire musclé des forces de sécurité camerounaise. L’incident qualifié de grave avait par la suite connu un dénouement rapide pour les pilotes. Ceux-ci ont pu repartir suite à des pressions venues dit-on en haut  lieu. On imagine donc que, avant de s’envoler pour le Vatican, le chef de l’Etat aura certainement eu le temps de lire les différents bulletins de notes de sécurité à ce propos.

Des soucis majeurs pour le président ?

En fait les soucis de Paul Biya ne s’arrêtent pas à ce niveau. Sur le plan politique, l’homme du 6 novembre 1982, nonobstant les différents “ appels du peuple ” ne semble pas encore pressé de se prononcer. Une attitude qui commencerait, selon des sources bien introduites, à sincèrement inquiéter au sein du sérail politique. A presque six mois de la prochaine élection présidentielle au Cameroun, beaucoup en sont à se poser la question lancinante “ et si le président se présentait pas ? ”

Un politologue du Rdpc joint hier par Le Messager explique : “ Le président Biya n’a jamais dit oui à ses partisans avant que le corps électoral ne soit convoqué. Il s’est toujours montré discret sur sa candidature, en laissant se poursuivre les appels pour qu’il soit candidat. C’est toujours à la dernière minute que son dossier est envoyé. Ce qui veut dire que ceux qui attendent que le président se prononce maintenant, doivent se rafraîchir la mémoire. ”

Et de poursuivre : “C’est vrai face à tout ce que l’Afrique a vécu ces derniers mois, nous pensons à ce qui s’est passé en Tunisie, en Egypte, puis en Libye, mais aussi le dénouement armée de la crise post électorale en Côte d’Ivoire, Nos militants voudraient être rassurés que le président Biya ne va pas se laisser influencer, ou alors subir les pressions de l’extérieure sur sa prétendue longévité au pouvoir. Il y a donc lieu pour le président d’envoyer des signes forts. Mais il faut dire que ces signes sont là. Il n’a qu’à voir la campagne d’intensifications des inscriptions sur les listes électorales que conduit le secrétaire général du comité central. Tout comme on peut apprécier les mesures de facilitations prises par le président Biya pour permettre au plus grands nombres de citoyens de s’inscrire sur les listes électorales. Cela montre bien qu’il n’y a plus doute que le président Biya sera notre candidat au niveau du Rdpc. ”

Sur le plan diplomatique, Biya qui s’est montré très discret dans la crise post électorale en Côte d’Ivoire, tout comme dans la situation de bombardements de la France et des Etats-Unis, puis de l’Otan en Libye, aura fort à faire pour trouver grâce aux yeux de Nicolas Sarkozy ou de Barack Obama, au cas où il venait à évoquer la simple possibilité de sa candidature dans les milieux occidentaux. Il s’agit donc là d’un souci majeur du le président. Peut-être alors que sa rencontre avec Benoît XVI, à l’occasion, de sa visite officielle au Vatican et de la béatification du vénérable Jean Paul  II le 1er mai prochain lui portera beaucoup de conseils ?

Attendons de voir...

Jean François CHANNON  

Jean François CHANNON

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